‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 102 sur 186 · CHAPITRE LXXXIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIIL

Du respect dans les églises.

I. Ma maison est une maison de prière, n’en faites pas uneretraite de voleurs, disait Jésus-Christ aux duifs. Nos églises sont bien plus saintes que le temple des Juifs, elles sont cependant plus indignement profanées. On n’en fait pas seulement une retraite de voleurs, mais une retraite d’impies, de voluptueux, de sacriléges , par les discours qu’on y tient, par les postures qu’on y prend, par les vanités qu’on ; affecte, par les regards qu’on yjette, par les pensées et les désirs dont on se souille, par les rendez-vous qu’on y donne , par les sacremens qu’on y profane.

On entre avec respect dans la maison des grands, qui sont peut-être de grands pécheurs, et on n’a point de honte d'entrer sans respect dans la maison de Dieu. Les anges y tremblent : J’aivu, dit saint Chrysostôme, ces esprits célestes , pendant les saints mystères, se prosterner. devant Jésus - Christ et l'adorer; pendant que l’on voit des libertins, de jeunes étourdis, des filles effrontées, rire, sourire, se dissiper comme sur une place publique.

En présence des rois de la terre, on garde le silence, on n’ose y faire paraître la moindre légèreté : et l’on voit dans les églises, en présence du Roi du ciel, des

ens. pleinsde fierté, fléchir à peine les genoux pendant fe Sacrifice , n’y assister que pour se faire remarquer , pour. mépriser le peuple et insulter à Dieu !

Où allez-vous, dit un jour saint Ambroise à une dame superbement parce ?... Je vais à l'église, répondit-elle… On dirait bien plutôt, répliqua le saint pasteur, que vous allez àla comédie ou à la danse : allez, rétirez - vous, femme vaine et pécheresse ; venez dans le lieu saint pour y pleurer vos crimes, non pour insulter à Jésus-Christ et scandaliser.

On n’oserait mener un chien dans le cabinet d’un seigueur: et l’on voit dans la maison de Dieu ces vils ani-

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maux distraire Ja piété des assistans, troubler lesioffices divins, sans que l’on ose rien dire. On-estimeun-domestique qui empêche qu'on ne fasse des indécences dans Ja maison de son maître, et l’on blâme souvent un ministre de Dieu, un pasteur qui s'oppose aux irrévérences qu'on commet en présence de Jésus-Christ.

Un père se croit offensé si l’on insulte à sontenfant ; et ce père voit son enfant à l’éolise insulter atJésus-Christ par sés badineries, et ne dit rien. Unmaître veut que ses écoliers le respectent; et il voit de petits’impies sans respect devant Jésus-Christ, et ne les chätie point: Un grand veut être honoré de ses subordonnés:*et lui-même, par ses airs fastueux, déshonore Jésus-Christ en leur rs , etsouffre , sans y mettre ordre , qu'ils le dés-

onorent aussi par leurs irrévérences. &

IT. Quoi ! les païens tremblent devant leurs faux dieux, et les chrétiens sont sans respect devant le"Pout-Puissant! Est-il possible qu’on ait moins de retenue dans la maison du vrai Dieu, qe les païens w’en/ont dans Je temple d’une idole ; et qu’on ait moins dé respect pour le Très-Haut, que les infidèles n’en ont pour desstatues ? Dans quel endroit Dieu sera-t-il à couvert démos insultes, s’il est outragé dans sa propre maison?"

GS mon Dieu ! de telles profanations seront-elles toujours impunies ? Je m'étonne , dit saint Chrysostôme, que la foutre n'écrase pas ces témérmires. Quel compte n’en rendront pas à Dieu ceux qui ont l'autorité, et qui n’empêchent pas de tels abus ! Si nousn’avons pas assez de pouvoir pour les empêcher , ayons" du moins assez de zèle et de foi pour Les déplorer.

Tâchons de dédommager notre Sauveur de ces outrâges : gémissons sur l’aveuglement de tant de chrctiens qui lui font injure dans le temps méme qu'il se sacrifie peur eux. Imitons la Sainte Vierge et Disciple du Sauveur, qui lui RER A DEN a lecrucifiait, et lui tènaient compagnie pendant qu'il etait abandonné de tous. ph 7, : pl

RÉSOLUTIONS. ri

1. Quand j'entrerai dans une église, jé me rappellerai qu'elle est la maison de Dieu. Fu } 2, Je n’y parlerai que dans la nécessité et brièvement.

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