CHAPITRE CXIX
La Religion chrétienne est la vraie Religion , elle est sainte et parfaite.
L. Si je vous disais que , parmi les religions qui sont au monde , il y en a une qui enseigne des mystères qui sont incompréhensibles , mais que ceux qui les croient ont les plus nobles idées des grandeurs de Dieu ; que, dans cette religion, il y a un sacrifice le plus auguste et le plus digne de la souveraine Majesté de Dieu ; qu’il y a des cérémonies si saintes, qu’elles *élèvent à Dieu l'esprit de ceux qui les respectent et qui s'en"instruisent;
Que-la conduite de ceux qui suivent Jes'maximes de cette religion est admirable, que leur éhärité les uns
DE LA RELIGION. 323 pourles autres est sans bornes. Hs n’ont qu'un cœur et guuneame, et se font même un plaisir de réndÿe ser-
vice à qui leur fi de ou de mal. Parmi eux, at u bien ne semblent en avoir que pour dre en Jibéralités et en aumônes. Dans tout ce
ils ne cherchent ni l'estime du monde, ni , Les princes qui font exercer cette religion dans leurs états, n’ont point de sujets plus fidèles, de magistrats pl ègres, d'officiers plus dignes de leur coufiance, de soldats plus zélés que ceux qui la pratiquent. . Tous ceux qui la suivent vivent dans une si grande ian( vie, qu'ils ne permettent pas même à it de s’occuper de choses inutiles, ni de pensées dangereuses. Le sexe y est dans une telle retenue, qu'il se fait respecter de ceux-là mêmes qui font le moins de cas des règles de la modestie et de la pudeur. Leur soin principal, c'est de rendre à Dieu leurs hommages, de tout faire pour sa gloire, de penser souvent à lui, de se confier en sa bonté pour toutes choses. Leurs plus doux entretiens sont de parler souvent de ses deurs.et de célébrer ses louanges. Ils ont un si and amour pour lui, qu’ils aimeraient mieux souffrir [A e de rien faire qui lui déplaise ; qu’ils sont même disposés à donner leur vie pour leurs frères. Ils vivent sans affectation, sans déguisement, sans ambition. Soumis à Dieu, ils sont contens de tout ce qui leur arrive. Ils ne sont ni farouches ni génans ; ils sont complaisans, spirituels, et savent se récréer par des divertissemens innocens. ; ‘lis ont eu, depuis l'établissement de leur religion, les plus grands génies et les plus savans hommes pour lesinstruire. Que, s’il arrive parmi eux quelque difficulté sur leur doctrine , aussitôt que celui qui a reçu de Dieu l'autorité de décider a parlé, ils se soumettent. Que penseriez-vous d’une telle religion ? En vérité, direz-vous, voilà qui est divin ; une telle religion ne peut venir que du Ciel. Et voilà, vous répliquerais-je, quelle est la Religion chrétienne; voilà ce que font ous les chrétiens , lorsqu'ils én suivent les maximes. IL. La Religion chrétienne est non-seulement sainte …
mais elle fait encore des saints. Tous les es des philosophes du paganisme , ni la loi de Mahomet , n’ont jamais pu former un homme parfait. Ce qu’ils n'ont de faire dans un seul homme pendant tant de siècles, la Religion chrétienne l’a fait en peu de temps dans des millions d'hommes. ri
S'il s’est trouvé dans l’antiquité quelque citoyen qui ait sacrifié ses biens et sa vie pour sa patrie ou pour le culte de ses faux dieux, on le regardait comme un prodige, quoiqu'il eût d’ailleurs de grands vices. La Religion chrétienne a opéré bien d’autres prodiges. A peine est-elle annoncée, que des chrétiens sans nombre souffrent la mort pour défendre le culte du vrai Dieu;
u’une foule d’autres , même de grands seigneurs, abanonnent tout pour se consacrer à la pratique de toutes les vertus. pe À ejDhag
On ne peut douter que la chasteté ne soit üne’ vertu des plus admirables et des plus difficiles : vertu tellement inconnue chez les païens, que, dans ‘touté l’étendue de l'empire romain , il n’y avait que six vestales dévouées au service du temple, honorées de grands priviléges, respectées comme des princesses : mais parce qu’il fallait faire vœu de virginité pour un temps, à peine en trouvait - on qui voulussent s'engager dans cet emploi honorable ; de sorte que l’empereur uguste,. craignant de laisser anéantir ce petit nombre de vierges, !” fut obligé d’accorder de nouveaux priviléges à celles” qui voudraient s’y: engager.
Or, ce que toute la puissance romaine put à peine faire dans un si grand nombre , la Religion chrétienne l’a fait avec autant de promptitude que de succès. Ne voit-on ve aussitôt après la publication de l'Evangile, une foule de vierges des deux sexes, dans toutes les pro vinces de l’univers, consacrer à Dieu leur chasteté ? On ne les y engageait point par des promesses ni par des priviléges ; loin de là, on les en dissuadait par les memaces et par les supplices. Un grand nombre même, refusant les plus riches alliances , aimaient mieux souffrir la mort que de manquer de fidélité à Dieu. Aujourd’hui n’y a-t-il pas encore des millions de personnes qui observent inviolablement cette admirable vertu ?
Qu'on reconnaisse à ces traits que la Religion chrétienne est divine .et au-dessus de la puissance des hommes. Elle est sainte ; elle seule peutfiëre les hommes saints et les rendre parfaits ; elle est donc la seule qui soit « de Dieu ; elle est donc la seule véritable. | …Ce serait faire injure à la sainteté de cette Religion , que de lui imputer les désordres dans lesquels vivent.
ieurs chrétiens. Elle n’en est pas moins l'ouvrage de Dieu. Toujours sainte, elle réprouve et condamne tout. désordre. Malheur à ceux qui la déshonorent, et qui, professant une R eligion sainte, ne vivent pas saintement!
- Ce serait encore mal raisonner , que de mépriser cette Religion pour les imperfections de ceux qui la rêchent. Les prédicateurs ne sont pas plus les maîtres: es vérités qu’ils annoncent, que les géomètres ne sont les maîtres des principes de géométrie qu’ils enseignent. Les vérités du christianisme , par quelque bouche ‘qu’elles passent , sont toujours vérités, toujours pures, toujours saintes ; comme l’eau est toujours aussi pure: en passant par un canal de plomb, qu’en passant par: un canal d’or.
RÉSOLUTIONS
x. L’incompréhensibilité des mystères de la Religion ne m’éton-era pas plus que l’incompréhensibilité des mystères que je suis forcé de reconnaître dans la nature ! Dieu doit être plus incompré-
“hensible dans son essence que dans ses œuvres extérieures. 2. Je m'humilierai de ce que je suissi peu saint dans une Religion si sainte en elle-même , et si capable de sanctifier ceux qui la professent, ‘
Omon Dieu ! faites-moi la grâce d’être désormais exact à remplir tous les devoirs que m’impose la Religion de Jésus-Christ.
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