CHAPITRE CXXXI. e De l'Espérance et de la Confiance en Dieu
Nous serions criminels , si nous manquions d’espérer en la bonté de Dieu. Nous devons en attendre les biens dela nature pour vivre en ce monde, les biens de la grâce pour nous sanctifier , et les biens de la gloire pour être heureux en l’autre. David la éprouvé, et il nous assure que celui qui espère au Seigneur, est cornmne investi de sa miséricorde ; que Dieu est attentif sur lui, qu'il n'en détourne jamais ses regards, qu’il veille à ses besoins.
Pourquoi donc a-t-on si peu de confiance en lui? C’est qu'onne connaît pas Dieu. La plupartle regardent comme un maître dur, dont on n’ose approcher; comme un Dieu inexorable, insensible à nos prières, sans compassion pour les misérables. O hommes ! vu est-ce NE vous a inspiré de si étranges idées de votre Dieu ? Quelle
“injure ne lui faites-vous pas ! Quel tort ne faites-vous pas à vous-mêmes ; en vous défiant de ce bon père, qui -a plus de désir de vous secourirsque vous-n’en avez! Vous ne connaissez ni sa puissance , mi sa fidélité , ni sa miséricorde, ni les mérites de Jésus-Christ son Fils, ni le crédit des saints qui s'intéressent pour vous : cinq motifs qui doivent relever votre confiance. L
1. La puissance de Dieu. Doutez-vous que celui qui, d’une parole, a tiré du néant l’univers, et qui ne laisse pas la fourmi sans subsistance ne puisse vous délivrer de vos afilictions et pourvoir à vos besoins ? Pourquoi vous décourager ? Dieu a pitié de lous,parce qu'il est tout-puissant.
2. La fidélité de Dieu. Y a promis à sa créature tous les secours nécessaires. Il est si fidèle à sa parole, qu’il accorde toujours plus qu’il n’a promis. Si nous h'éprouvons pas l'effet de ses promesses, c’est notre peu de confiance qui lui lie les mains. Ayons une vive espérance , et soyons assurés que rien né nous manquera. "
3. Sa bonté et sa misérteorde. I\ nous aîme plus que nous ne nous aimons nous-mêmes. Jamais nous ne comprendrons la tendresse que Dieu a pour ses créatures ; il a soin dé toutes, et il veut tellement le salut de tous les hommes, qu'il n’en est aucun, fût-il idolâtre,
à qui il ne donne des grâces éloignées ou prochaines, our connaître la vérité et faire son salut: Ë l'homme Foffense ; il ne laisse pas de le nourrir et d’en pretidre soin. Bien plus, il ne laisse pas d’avoir sur lui des pensées de paix : il le cherche, il l'attend. Si le pécheur revient, il l’embrasse, il oublie ses fautes et lui pardonne.
4: Nous ne méritons pas cette attention de la part d'un Dieu, mais Jesus-Christ son Fils l’a méritée pour nous par sa dignité. Avec quelle confiance devons-nous donc tout attendre de Dieu , lorsque nous considérons que Jésus-Christestnotre médiateur auprès deson Père ! Ce Père saint peut-il refuser quelque chose à ce Fils adorable, et peut-il ne pas nous aimer, en nous voyant couverts du sang de son Fils ?