CHAPITRE CXLVII
De la sanctification des dimanches et des fêtes,
I. Tous les jours appartiennent au Seigneur , et par conséquent il n’en est aucun que nous ne devions rapporter à sa gloire ; maïs Dieu s’est réservé specialement un jour dans chaque semaine , qu’il veut que nous consacrions d’une manière plus particulière à son service. Les autres jours nous devons travailler pour le Seigneur; mais ce jour-là nous devons nous reposer dans le Seigneur. Souvenez - vous de sanctifier le jour du Sabbat , c’est-à-dire du repos du Seigneur.
Dieu fit ce commandement aux hommes , aussitôt après la création de l’univers. En donnant sa loi aux Israélites, par le ministère de Moïse, il ne fit que le renouveler ; et c’est pour cette raison qu’il ne l’annonça
as comme un précepte nouveau tif établissait pour à remière fois, mais comme un renouvellement d’un précepte ancien , connu et observé de tout temps, comme il paraît par ces paroles : Souvenez-vous , ele.
L'Eglise sanctifie maintenant le dénanche, c'est-àdire le jour du Seigneur , au lieu du samedi, qui était prescrit autrefois ; parce que le dimanche est le jour auquel Jésus-Christ, après les travaux etles souffrances de sa vie mortelle, est entré, par sa résurrection, dans un repos éternel; c’est aussi un dimanche que l'Eglise chrétienne a été formée par la descente du Saint-Esprit. La preuve que, dans ce changement , l'Eglise n’a fait que se conformer à l'intention et à l’ordre de Jésus- Christ, &’est que l'observation du dimanche a été universelleet uniforme dans toute l'Eglise, dès son origine. Toute la tradition est claire et unanime sur ce point.
Comme on distingue plusieurs repos de Dieu : le premier; dans lequel il est entré après la création du monde; le second, dans lequel Jésus-Christ, Dieu et hommeétout ensemble, est entré par sa glorieuse résurrection, après avoir formé, par ses travaux, par sa passion et par sa mort, un monde nouveau et spirime: nous célébrons, le saint jour du dimanche, ces
deux repos de Dieu ; nous y glorifions Dieu comme le créateur tout-puissant, parce qu’il a tiré toutes choses du néant, et qu’il nous a donné l'être ; et nous y glorifions Jésus-Christ N. S , parce qu’il nous a rachetés et qu’il nous a fait devenir en lui de nouvelles créatures.
On distingue aussi deux repos des chrétiens : le premier est celui par lequel, après six jours de travail, nous nous reposons le dimanche, avec une sainte joie dans le Seigneur. Le second, dont celui-ci n’est qu'un avant-goût et une image très-imparfaite, est le repos éternel dont nous espérons jouir dans le sein de Dieu , après les travaux, les combats et les peines de cette vie.
IT. Pour sanctifier le dimanche, il faut s'abstenir, en ce saint jour , de toute œuvre servile, et l'employer au service de Dieu, en s'appliquant à des œuvres de piété et de religion. Or, on entend par œuvres serviles, premièrement et principalement toutes sortes de péchés ; secondement, pr travaux que l’on fait pour gagner sa vie et en vue d’un salaire. On doit mettre les péchés au nombre des œuvres serviles, parce que
ar le péché on se rend esclave du démon, ce qui est Le plus honteuse et la plus misérable de toutes les servitudes. Celui qui commet le péché, dit Jésus-Christ, est esclave du péché. Mais quoique le péché soit toujours un grand mal, lecommettre un jour de dimanche, c’est une circonstance qui le rend plus grave, parce que ce saint jour est destiné à nous purifier de nos péches, et à attirer sur nous la grâce de Dieu.
Dans l’ancienne loi, toutes sortes de travaux étaient absolument défendus aux Juifs le jour du Sabbat. Il ne leur était pas même permis d’apprêter, ce jour-là, ce qui était nécessaire pour leur nourriture ; 1k fallait le préparer la veille, avant le coucher du soleil. Mais dans la loi nouvelle, Dieu ne défend proprement que les travaux mercenaires, et ceux qui seraient incompatibles avec la sanctification du dimanche. Dieu nous or= donne d'interrompre en ce saint jour nos travaux ordinaires, afin de pouvoir l’employer tout entier aux exercices de religion, et qu’il n’y ait rien qui nous en détourne. La sanctification du dimanche consiste donc à l’employer tout entier au service du Seigneur. Dieu
DE LA RELIGION, . 409 n’en à pas consacré une partie seulement à son culte,
Va consacré et se l’est réservé tout entier. Quand on Commande à un ouvrier de travailler un jour, il ne satisfait pas à ce précepte en ne travaillant qu’une partie de la journée : de même, ce n’est point observer le précepte de sanctifier le jour du Seigneur, que de n’en employer que la moindre partie à son service. Pour satisfaire à ce commandement, il faut 1.° assister aux offices divins, aux instructions publiques de l'Eglise , et particulièrement à la messe de paroisse ; 2.° faire de saintes lectures ; 3.° visiter les malades ou les prisonniers ; 4.° instruire les ignorans, et faire généralement toutes les bonnes œuvres qui ont pour objet le culte de Dieu, notre sanctification ou le soulagement du prochain.
Ce n’est pas assez d’assister le dimanche à la messe de paroisse, il faut aussi assister à vêpres, à moins qu’on n’ait quelque raison bien légitime pour s’en dispenser ; Dieu ne s'étant pas moins réservé l'après-midi de ce saint jour que la matinée, il veut, comme on l’a déjà dit, qu'il soit employé tout entier à son service.
Après qu’on a assisté dévotement aux offices de l'Eglise, il n’est pas défendu de prendre quelque délassement honnête et digne d’un chrétien, pourvu qu’on n’y emploie point trop de temps, et qu’on s’en réserve assez pour se nourrir de la parole de Dieu, ou pour vaquer à d’autres bonnes œuvres.
fr. Rien n’est plus commun que de pécher contre ce commandement de Dieu. Le saint jour du dimanche, se n’est institué que pour la sanctificationvdes chrétiens,
evient pour la plupart, par l’abus qu’ils en font, une occasion de péché et de damnation. C’est un désordre dont on ne saurait trop gémir. Or, on viole ce précepte, 1.° en manquant volontairement ‘d’assister aux offices” divins ; 2.° en employant ce saint jour en débauches; 3.° en s'appliquant à des travaux défendus ; 4.° ense contentant d'entendre une messe basse le dimanche, et donnant le reste de la journée à des affaires temporelles , à des divertissemens et à d’autres occupations qui n’ont point de rapport au service de Dieu.
Ceux qui assistent, à la vérité, aux GA.
mais par pure habitude, par bienséance, parcontrainte ; sans aucun sentiment intérieur de nice de re ion ; ceux qui, s’imaginant avoir satisfait à tout par l’assistance au service divin > passent le reste ou la plus grande partie du temps en de vains amusemens, à la promenade , à la chasse, au jeu, à des par ïes de plaisir, ou à de vaines conversations auxquelles Dieu n’a aucune part ; les cabaretiers qui donnent à boire dans leurs maisons pendant le service divin ; les marchands qui étalent ou vendent leurs marchandises ; les pères et mères, les maîtres et maîtresses qui ne se mettent point en peine de faire sanctifier le dimanche par leurs enfans et par leurs domestiques, ou, ce qui est encore plus condamnable , qui les empêchent de s’acquitter de ce devoir de religion ; ceux qui, sans nécessilé, travaillent ou font travailler le dimanche des ouvriers ou ouvrières, où qui se font apporter leurs ouvrages ce jour-là : toutes ces personnes violent le troisième commandement de Dieu d’une manière plus ou moins criminelle et scandaleuse, et sont par conséquent obligées de s’en confesser et d’en faire pénitence. "Première remarque. J’aidit sans nécessité, parce u’il est permis, dans certains cas, de travailler ou de faire travailler le dimanche. Mais il faut pour cela une vraie nécessité, et même, dans le cas d’une grande nécessité, il faut, autant que possible, en demander auparavant la permission aux pasteurs de l'Eglise, à qui il appartient de juger si la nécessité est réelle et pressante , et d’accorder des dispenses. I] faut, de plus, que les travaux n’empêchent pas d'assister à la sainte messe, et mème, s’il est possible, aux autres. offices. Seconde remarque. Tout ce que l’on vient de dire de l'obligation de sanctifier le BE , S’applique aux jours defêtes prescrites par l'Eglise. Il n’est point de catholique qui ne sache que c’est un péché de ne pas observer les commandemens de l'Eglise, à moins qu’on ne soit dans une véritable impuissance de les observer. Dieu nous commande d’obéir à l'Eglise ; ainsi, désobéir à l'Eglise, c’est désobéir à Dieu même : Celui qui vous écoute, m'écoute , dit Jésus-Christ à ses apôtres, et en leur versonne aux pasteurs ; eé celuz
Le réprise, me méprise, Si quelqu'un de vos éres, dit encore Notre - Seigneur, n’écoute pas l'Eglise, c’est-à-dire ne se soumet pas à ses jugemens et à ses orddnnäncés, qu’il sbit à votre égard comme un paier el un pub icæn. Or, qui ne sait ce commandement de l'Eglise : les fêtes tu sanctifieras qui ste sont de commandement ? Nous sommes dénc'obli- -1gés. d'employer au culte de Dieu les jours de fôtes, comme nous devons y employer les dimanchéss 01 Ainsi dl faut, 1° s'abstenir, ces jours-là ; des œuvres sérviles défendues par l'Eglise ; 2.° s’y appliquer à des actions de piété et dé religion ; 3.° entrer dans l'esprit de chaque fête, en considérant éé qui én ést l’objet, et en demandant à Dieu la grâce d’en ptofiter, afin qu’on ne puisse pas nous äppliquer ée mot de saint Bernard : is L'éme
Transeunt solemnitates, remanent iniquitates, Les solennités passent, les iniquités restent,
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SAŸ " | L. Messe étant, detoutes les actions du christianisme, Ja plus, glorieuse à Dieu et la plus utile awvsalut de l’homme, nous devrions y assister tous les jours, ou du moins le-plus souvent qu’il nous est possible ; nous . devons. y assister avec la modestie, le recueillement, la foi, la, religion et la dévotion que demande cet auguste Sacrifice, qui est en même temps le mémorial et
la réalité-du-sacnifice de la Croix. |
Pour soutenir votre attention et ranimervotre piété, vous pourrez vous servir des prières suivantes pendant les messes basses, et même pendant les messes hautes ;
mais appliquez-vous à les faire avec réflexion.