‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 18 sur 186 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

| L'injure que le péché fait à Dieu.

Jx n’est point d'homme qui osût commettre un seul péché, s’il connaissait l’injure qu’il a faite à Dieu. Par Le péché, on se révolte contre Dieu ; on l’offense avec impudence, avec ingratitude, avec mépris; on l’afllige, on le déshonore. Auriez-vous cru qu'un seul péché mortel renfermât tant de traits de AAA PER P

Ï: Le péché est une désobéissance et une rébellion. Dieu commande, à ses créatures en maitre souverain. I1.se fait obéir par les astres , par les vents et par les tempêtes ; 11 se fait obéir par les animaux , qui.sont soumissà l’homme, parce que Dieu le veut; il se fait obéirpar ses anges, qui tremblent à ses volontés adorables : il n’y a qe l'homme qui se. révolte. Dieu lui commande parsa loi, par les lumières de sa conscience, par son Eglise ; et l’homme dit en son cœur : Non, je n'obéirai point : Diristi : Non serviamn. Jér. 2.

IH Ie révolte avec l’impudence..la plus hardie, Y.a-til un sujet qui ose outrager son roi en sa présence ? Mais l’homme a,bien moins de respect pour son Dieu : 1] l’offense en sa présence et sous sos yeux. Diewslesporte et le soutient entre ses bras : Porians om werbo. virtutis su. li peut l’aneantir et le

érdre-ätout moment : n'importe , l’homme a la har- , ho devs’elever contre lui.

Un homme. q L'on tiendraitsur un précipice , aurait-

il à témérité d'insulter ce’ ‘ui qui aurait ainsi sa vie

entre ses mains ? C’est vous-même qui êtes si téméraire. Dieu vous soutient par un fil de vie sur un abîme de feu : il peut vous précipiter à chaque instant. Quelle est donc votre fureur d’oser l’outrager ? Ah! si vous voulez pécher , cherchez du moins un lieu où Dieu ne puisse vous voir ni vous punir. Mais où trouverez-vous un lieu qui ne soit rempli de sa majesté et de sa gloire P

IT. En l’offensant, vous vous rendez coupable de la plus noire ingratitude. Dieu vous a donné la vie; il vous a donné votre ame , votre esprit, votre liberte ; il vous a donné votre corps et tous vos sens, vos richesses et votre crédit; plus que tout cela , il vous a donné son Fils : ce Fils adorable vous a donné son sang et ses mérites ; et ce sont tous ces bienfaits de Dieu que vous employez contre lui-même , en faisant servir votre esprit, vos sens , ses dons, sa puissance à vos iniquités : Servire me fecisti in peccatis tuis. Isaïe , 43.

N’avez-vous donc reçu tant de choses de votre Dieu que pour l’outrager P Et pourquoi de ses dons en faitesvous des armes pour lui faire la guerre ? Dieu méritet-il qu’on le traite de la sorte ? Ilne vous a jamais fait de mal. Hé, quand il vous aurait fait du mal , feriezvous, pour lui déplaire , plus que vous ne faites P Vous traitez un Dieu qui vous aime , plus mal que vous ne traiteriez votre ennemi.

Offenser un Dieu qui ne vous a jamais offensé , c’est être bien ingrat. Offenser un Dieu qui ne vous a fait que du bien, c'est être un monstre. Mais offenser un Dieu qui ne vous a fait que du bien , et se servir de ses pro-

res dons pour l’outrager , c’est une ingratitude sur A uelle on ne peut trop verser de larmes.

1. Voici un autre trait de malice : c’est que le péché ajoute le mépris à l’ingratitude. Estimer Dieu plus que toutes choses, c’est un devoir ; mais l’estimer moins qu’un plaisir honteux , le chasser de votre cœur pour un vil intérêt , pour une vengeance , etc., quel mépris

lus injurieux ! Que voulez-vous me donner , etje vous ivrerai mon maître P disait Judas aux pontifes. J1 le livra pour trente pièces d'argent. Hélas ! vous avez trahi Jésus-Christ pour moins de chose , pour contenter unc passion, etc,

hs es MR 3 ÉApgsn DE LA RELIGION. … 33 Vous détestez le procédé des Juifs , qui préférèrent un homme voleur au Fils de Dieu ; et vous ne voyez pas ue votre conduite est, en un sens, plus détestable. e n’est pas un homme , c’est quelque chose de moins; c’est votre sensualité , un point d'honneur , une criminelle attache que vous préférez à Jésus-Christ. Les Juifs ne connaissaient point ce Roi de gloire, et vous le connaissez; vous savez qu'il est votre Sauveur et votre Dieu. Sur quoi donc pouvez-vous excuser le mépris que vous en faites ? et pourrez-vous assez pleurer pour réparer un tel outrage P

nt RÉSOLUTIONS, .

1. Je déplorerai tous les jours de ma vie le malhéur que j’ai eu jusqu'ici d'outrager tant de fois mon Dieu.

2. Je me rappellerai , surtout dans la tentation , que je ne puis pécher mortellement sans me Fe. # coupable envers Dieu d’une révolte pleine d'une impudence, une ingratitude, d’un mépris monstrueux.

O mon Dieu ! je me prosterne aux pieds de Jésus attaché à la croix, et c’est là que j’ose vous demander et attendre miséricorde.

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