CHAPITRE IL
Il faut travailler à son salut avec soin et avec de grands soins.
I. Puisqu'r. sagit de tout pour l’éternité dans l’affaire du salut, pourquoi y travaille-t-on avec si peu de soin ? Le ciel à gagner ou à perdre mérite-t-il moins d'attention que les choses de la terre ? Ne seriez-vous
as un insensé si, ayant un procès où il s’agit de votre ortune et de votre vie, vous ne pensiez qu’à vous divertir à la veille de le perdre ? Vous êtes bien plus insensé si vous négligez votre salut, puisqu'il s’y agit de tout gagner ou de tout perdre pour toujours.
Que l’aveuglement des hommes est déplorable ! La plupart trouvent du temps pour des occupations et des recherches infructueuses, et ils n’en trouvent point pour vivre en chrétiens et pour se sauver, dit saint Paulin F Vacat tibi ut philosophus sis , non vacat ut christianus sis. Ils ont soin que leurs maisons soient rétablies , leurs terres cultivées, leuxs revenus assurés.
Que d'application pour conserver leurs fonds , le santé, leur beauté, leurs vêtemens ! mais ont-ils même ardeur pour ce qui regarde le salut de leur ame Quand ce serait lame de Jeur énnemi où l'ame d’un bête, la traiteraient-ils plus mal P On dirait qui n’ont une amé que pour la perdre. Hélas ! à qu aboutissent nos travaux et tout ce que nous faisons ai monde, si nous n’y faisons ce que nous devons unis quement faire ? LE .
I. Le salut n’est pas une affaire qui réussisse pa basard ; il démande de grands soins : demande même tous nos soins. C’est pour cela que J'Cas res . répété ces paroles : Faites vos efforts pour entrer par la porte étroite qui conduit & la vie. Peut-on, en, effet , prendre trop de précautions et de soins pour ne pas risquer Ja perte d’une ame immortelle ? Or,, quelles précautions devriez-vous prendre P :
Apprenez-le du Fils de Dieu. Voyez lessupplices ét la mort qu'il a soufferts pour sauver votre ame. Apprenez-le des martyrs qui ont mieux aime souffrir ue tourmens et les tortures que de perdre la leur en perdant la foi; apprenez-le des saints pénitens qui ont crucifié leur chair , qui ont vécu dans le détachement pour ne s’occuper que du soin de leur ameÿ apprenez-le de tant de personnes qui ont fait à Dieu les plus grands . sacrifices, qui ont résisté aux puissances mêmes. Tel fut un grand pape qui, refusant à un roi une chose qu'il ne pouvait accorder sans préjudicier à son ame 2 lui dit ces mémorables paroles : Sij'avais deux ames ” j'en pourrais risquer une pour vous satisfaire ? mais je n'en aiqu'une, et rien aw monde ne peut m'engager à risquer de la perdre. Apprenez du démon même le soin que vous devez avoir de votre ame. N'est-il pas étonnant qu'il prenne plus dé précautions pour la perdre que nous n’en prenons pour la sauver ?' Quelle fureur, dit Salvien, de n’estimer pas votre ame digne de vos soins , pendant que le démon la met! à un si haut prix qu’il fait tous ses efforts pour lavoir ! Quelle honte pour vous , puisqu’en négligeant le soin de votre ame, vous l’estimez beauCoup. moins que le démon ne l'estime !
mn: RÉSOLUTIONS.
“Trois ennemis peuvent m’empêècher de travailler à mon salut avec oin -le monde, le démon, et mes inclinations mauvaises, 4} M, JeVaincrai le mondé, en ne me produisant plu désormais ns ses dirértissemens dangereux ; n’ayant même de rapports avec que ceux que la nécessité , l'utilité ou la bienséance exigeront , toujours avec de sérieuses précautions. +. ET
2. Je combattrai le démon par la confiance en Dieu, l'appelant à mon secours, aussitôt que je m’aperceyrai que je suis tenté. Je éraisans cesse la guerre aux mauvais peñchans qui dominent en moi: sie’est Porgueil , je Pabattrai par Phumilité ; si c’est l’attahementraux biens terrestres, je ferai l'aumône autant que mes acultésime le permettront , rèjetant les vains désirs de fortune et. d'agrandissements si c’est l'amour du plaisir, jy opposerai une mortification continuelle , qui s'étendra sur ma nourriture , mes sens, ma langue, mes pensées , retranchant avec un soin extrême. ut ce qui pourrait enflammer une inelination si dangereuse.
on Dieu ! je vous confie ces résolutions , rappelez-les souvent
ämamémoire, et faites que jy sois fidèle le reste de mes jours.