‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 60 sur 186 · CHAPITRE XLVI, Du vice contraire à la chasteté · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVI, Du vice contraire à la chasteté

I. Si une princesse richement parée allait se jeter dans un cloaque, pour y caresser un pourceau et jouer avec ce vil animal, ce serait une conduite bien extravagante. O ame chrétienne ! vous êtes la princesse de l’univers, parce des ornemens dela grâce ; quel est votre égarement de vous plonger dans le bourbier des sales voluptés, d’être le jouet de votre corps , qui est comme un animal ! Corpus animale.

Que dirait-on d’une reine qui obéirait à sa servante, jusqu’à se laisser mettre sous ses pieds ? Votre conduite est encore plus honteuse. Votre corps doit vous être soumis, et vous devenez l’esclave de ses fantaisies : ce corps est un vil esclave, et vous en faites votre maître; cecorpsest votre ennemi, et vous le flattez; mais bientôtil sera wotre tyran, et ses plaisirs vous coûteront cher.

Siun homme avait la témérité d'entrer dans le temple de Dieu; pour y défigurer les images du Sauveur; s’il plaçait dans le sanctuaire où repose Jésus-Christ la figure d’un animal, où une idole, pour l’y adorer ; s’il profanait indignement les vases sacrés, ÿ aurait-il un supplice assez rigoureux pour le punir P Ne commettezvous pas, én quelque façon , un pareil attentat ? Vous êtes, ditsaint Paul, les temples de Dieu qui habite en vous: Wos membres sont les membres de Jésus- Christ ; et vous n’avez point d'horreur de souiller dans vous ou dans les autres ces membres sacrés ! Votre amp

est l’image de Dieu , elle est teinte du sang du Sauveur, et vous la défigurez par ce vice honteux ! Le Saint-Esprit est dans votre cœur comme dans son temple ; vous l’en chassez pour y placer une idole de chair, PE y faire régner le plus infâme des maîtres, qui est le démon de

l’impurete. y

IE. Oh ! que vous êtes aveugle, si vous ne comprenez pas combien ce vice est detestable ! Voyez les cliâtimens dont Dieu l’a puni. N’a-t-il pas fait périr dans les eaux de sa colère tous les hommes hors de l’ärchie; pour leurs impuretés ; fait pleuvoir le feu et le soufre, pour. consumer les impudiques habitans de Sodome ; puni de mort le misérable Onan, qui profanait âvec son épouse la sainteté du mariage ; fait massacrer plus dewingt-trois mille Israélites, en punition de leurs dissolutions ?

Ecoutez saint Paul, qui dit que Diew abandonne les impudiques à leur sens réprouvé, et que le sort ordinaire de ces infimes est le désespoir Desperantes semetipsos tradideruni impudicitiæ. Ecoutez ce grand apôtre, qui vous dit de la part de J. C:, que les fornicateurs et les impudiques n'entreront iumais dans le royaume des cieux. Croyez-en ce que vous voudrez ; mais sachez que si vous ne pleurez vos impudicités, si vous ne quittez vos habitudes et vos criminelles amitiés, vous les pleurerez un jour dans les feux éternels. Les gens de bien et les personnes chastes ont horreur de votre conduite, et ne peuvent comprendre l’aveuglement qui vous transporte. Res loin de gemir et d’avoir horreur de vous-même, vous ne faites querire et plaisanter de vos nfamies ; semblable àcesdeux woluptueux dont parle Ecriture, qui se renversèrent l'esprit pour étoufler en eux tout sentiment de crainte-de Dieu : Evéfterunt sensum suum. Van. 1o.

En eflet, l'impudique est dans-un endurcissement.si profond, qu'il etoufle tout sentiment de pudeur, que rien ne le touche et ne l’arrête.. Ses regards sont autant d'adultères qu’il commet dans son cœur : Oculos habentes plenos adulterri. Ses discours sont autant d’étincelles qui jettent partout le feu impur, Ses pensées, ses désirs ne se portent qu'aux objets de sa passion. Dans

‘le lieu saint, où les démons mêmes n’entrent qu’en trem-

DË LA RELIGION. 119 blant, il porte Son idole dans son cœur, et l’adore au préjudice du vräi Dieu, qu’il fait semblant d’adorer.

L’ignominie et l'horreur de sa conduite, l’infamie qu'il attiré Sur sa famille, l'opprobre et la désolation des vierges qu’il à flétries et qu'il à perdues , les redoutables jügentens dé Dieu qui l’attendent, tout cela ne fait point d'impression Sur Son cœut abruti. Il pèche seul; il pèche en compagnie ; il pèche sans remords ; il pèche

artout ; il pêche sans cesse, dit le Saint-Esprit : /nces-

abihs delieti. 2. Pet. 2. O mon Dieu ! que l’homme est misérable lorsqu'il suit les désirs de sa chair, et qu’il ne sent plus l'horreur et la honte de ce vice!

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