‹ PépéChapitre 144 sur 167 · REINE · texte numérisé non relu

REINE

SÉVÈRE, — Dors, ma chérie. 1e iaibe a bâti son mur autour de la maison. I à tiré

des voiles sur toutes les portes, sur toutes | les bouches. On dort sous le toit qu’on voit quand il y a du soleil. On dort partout, dans tous les logis

de loin, au grand jour,

de la route et de la ville, dans l’immensité des provinces et derrière les huit horizons.

Moi seul je veille et je connais une joie de fiel, une joie désolée... Si je pouvais seulement baiser ta petite main... Mais je ne veux

pas profiter de ce que tu es là, vaincue.. je

suis sûr que tu as froid. Quand on a un pe trop bu, le froid est redoutable. Attends voici une étoife…

REINE. — Merci.

SÉVÈRE. — Ne crains rien. Les sots t’ont versé un vin mauvais... Nuage, nuage passager derrière lequel tu resplendis quand même. Ainsi le roi Liang, endormi dans la

campagne, reçut d’une femme un baiser sur le front. (I! baise Reine sur le front.) Qui : es-tu, demanda ie Prince. Et elle : « Dans

lenchantement des hautes cimes, ma de-

meure se dresse. Nuage je suis le matin et au couchant, je suis la pluie », Depuis lors, il fut d'usage d'appeler nuage et pluie le.

plus tendre jeu de amour.

La Voix D'ORCHIDÉE. — Monsieur Sévèrel

SÉVÈRE. — Mademoiselle Orchidée?

LA Vorx D'ORCHIDÉE. — Vous n’avez be-

soin de rien? Je couche devant la porte.

SÉVÈRE. — Non, merci. Reine. ma reine, Est-il possible que tu ne m’entendes pas.

Ab! si l’amour sanglotait ainsi à mes oreilles, je m'en apercevrais bien, moil

LA Vorx D'ORCHIDÉE. — Hélas!

SÉVÈRE, d Reine, — Qu’'as-tu dit?

REINE, se dressant sur son séant, — Qui

est 1à?

SÉVÈRE, — Moil Rernx. — Le médecin? ; SÉVÈRE. -— Non. oui... | ; > Reine. — Ne m’abandonnez pas, monsieur le médecin, je suis très malade... mais qu’estce qu'il ÿ avait donc dans ce vin-1là?

SÉVÈRE: js Patientez. Bientôt ce sera le |

REINE. — J'irai mieux?

(Il la recouvre d'une

ANT HA Din et pute Vous serez der je 1 a Ce lit a un mouvement très.

. doux, trop doux. C’est un lit bien écœurant.

Ne pourriez-vous pas l'arrêter? Vous me bbercez? | LE

., | SÉVÈRE. — Non.

REINE. — Il va de plus en nus vite. Em

na | pêchez-le.

.,. SÉVÈRE. — Je n’y peux rien. C’est un effet | de votre imagination.

. Reine. — Et que de lumière! Monsieur Je médecin. | SÉVÈRE, — Mademoiselle? | REINE, — Du thé chaud, s’il vous plait.

SÉVÉRE, — Volontiers.

. (IT retire son manteau et apparaît dans le sosie du petit marchand d'huile.) pis REINE. — Au secours! Ce n’est plus le | mêmel. | :

SévÈèee, remeltant son manteau en toute Aâte. — Je vais vous préparer du thé chaud : et'bien sucré. Mademoiselle Orchidée!

LA Vorx D’ORCHIDÉE. — Voilà!

SÉVÈRE. — Du thé pour mademoiselle *,-: "Reine.

Le La Vorx D'ORCHIDÉE. — Je l’apporte….

| REINE, chantonnant un air de matelots. — La chanson des hommes sur la jonque! Unel deux! Une! deux! Drôle d’idée de se promener en mer. Jetez l’ancre, si vous ne

voulez pas que je meure.. Que faites-vous?

Pourquoi restez-vous 1à?

SÉVÈRE. — Je vous soigne...

Reine. — Vous dites que je suis ivre!

| SÉVÈRE. — Moil Jamais.

Ni REINE. — La preuve que je ne suis pas nu ie c’est que je vais danser!

ï SÉVÈRE. — Non.

REINE. or En voilà une façon de par- Âer à une demoiselle; à une courge. Ah! je suis ivre! (Elle jette ses couvertures.) Je danse. La Libelluie… (Elle esquisse trois ou quatre pas et tombe lourdement dans les ii bras de Sévère.) > SÉVÈRE, la prenant dans ses bras. — Vous

‘ voyez. tu vois. je...

. 1 SCENE X ' mi ‘ Les MÊmes, PLUS ORCHIDEE

OU eu s’arrétant en voyant Reine dans les bras de Sévère. — Ah!

SÉVÈRE. — Non. ce n’est pas ce que vous .. croyez. Elle à voulu danser, et puis... Recouchons-la.

! REINE. — J'ai dansé, HUE . SÉVÈRE. — Oui. .

RGINE. — Je ne suis pas ivre.

SÉVÈRE. — Non.

ORCHIDÉE. —— Et moi je te dis que tu es Ivrel

Hu je ne serais pas ne

ble gère ivre...

bateau?

REINE. —— Je suis ivre, alors?

SÉVÈRE, — Non. ee ORCHIDÉE. — Oui, te dis-je... ouil REINE, — Dans ce ces ce n’est pas «

ie v en Ts Désbabillons-la.…. ni suffi de:

louer Sa CRT d’enlever ses. b tte La. 75e Fais Ù ME 1 4 k.

REINS. — Nous allons encore faire :

ñ À DRE

quand on est pa cet état.

sn — 7 RUO I eee,

nuit!

SÉVÈRE, — Elle est innocente. Quand 6

aura repris ses sens. Pr ORCHIDÉE, — Elle vous ren verra. sr R SÉVÈRE. — Je n’atiendrai pa A Feub

sn

gné toute une nuit la PR. Ta

ORGHIDÉE. — Monsieur Sévére, un | verbe dit: « Il y a une heure où le h est le frère de lait de l’imhécile Bi

SÉVÈRE. — Cette heure-là n’est jam marquée à la montre d’un homme Po Adieu, At OTCOMPEN

Œlle sort.)

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