‹ PépéChapitre 2 sur 167 · DAVILLIER, SOLANGE, LE MAITRE D'HOTEL · texte numérisé non relu

DAVILLIER, SOLANGE, LE MAITRE D'HOTEL

SOLANGE, allant à lui très franchement et lui tendant la main. — Tiens !... Bonjour... Vous allez bien ? Ne à

DAVILLIER, lu baisant la main. — C'est une question qu'il n’est pas besoin de vous poser.

SOLANGE. — Oh ! je me porte à merveille.

Le sport... (Aw maître d'hétel.) Pas de courrier ce matin ?

Le MAITRE D'HOTEL. — Le facteur n’est pas encore passé, quelquefois 11 bavarde en route... Je vais voir si par hasard... (77 sort.)

SOLANGE, — Oh ! ce pays ! |

DAVILLIER. — Vous pouvez le dire !... Quelle idée de vous enterrer dans ce trou du Dauphiné ?

SOLANGE..— Mon mari y vient pour sa gorge.

ça ne l’amuse pas |

DAVILLIER. — Il s'est tellement amusé avec les gorges des autres qu'il peut à son tour... SOLANGE, — Quoi ?

DAVILLIER. — Rien |

: 5 DAT ets à 2

nine, ten... Vous êtes knock out...

2 | Fa | PÉPÉ ou. .

SOLANGE. — Si... Si... Vous faites allusion à ses anciennes se Hé bien, ça lui fait honneur.

DAViILLiER. — Vous trouvez ?

SOLANGE. — Je n'ai pas eu la prétention de

le prendre vierge à quarante-deux ans.

DAVILLIER. — Évidemment... mais Fr ressenoy

a battu le record des papillons. |

avoir eu beaucoup

SOLANGE. —- 11 vaut mieux de maîtresses qu’une seule !

DaAVviLLiER. — Ce n'est pas mon opinion...

L'amour en série ce n’est pas du travail très soigné... L'objet de luxe demande plus d’application... Moi je sens que je serai l’homme d’un

seul amour.

SOLANGE. -— Vraiment !

DaAViLLiEr. — Et il ne tient qu'à une personne de vérifier mon affirmation... (Un éemps, regard glacé de Solange, 1l poursuit.) Vous alliez au golf ?

SOLANGE. — Oui.

en manifeste le désir.

- DAVILLIER. — Encore votre mari, vous n’avez

c'est-à-dire si mon mari

que ce mot-là sur la bouche... Mon mari... Mon mari.

SOL ANGE, — Sur la bouche, c’est la vraie place d'un mari... quand on l'aime. < DAVILLIER. — Vous ne l’aimez pas. - SCLANGE, — Qu en savez-vous ?

DaAVILLIER. — Vous êtes la dupe d’un mirage... Vous avez épousé en Fressenoy, non l’homme

. mais la légende; il vous a puru piquant de cles

cendre le tombeur. ;

SOLANGE. — Eh bien ! ce n’est pas si mal.

DaviiLrer. —— Mais le témbeur est bien tombé.

SOLANGE. — Comment l’entendez-vous ?

DaAVILLIER. — Des deux façons... Le séducteur à quarantc-cinq ans... vous êtes sa dernière conquête.

SOLANGE. — Je l’espère bien.

DAVILIIER. —- Alors ce n’est plus un séducteur... l’auréole tombe... le don Juan est à la retr ne ‘et vous vous trouverez, vous, femme de vingt-cinq ans, en face d'un monsieur

quelconque, dont vous pourriez être la fille.

SOLANGX. — Écoutez, Davillier... ça ne se fait plus.

DAVILLIER. — Qu’ te -ce qui ne se fait plus ? SOLANGE. — Ce que vous faites là... Je vous assure que c'est passé de mode.

DaAVILLIER. — Mais, ma chère amie, je pré-

tends être dans le mouvement.

SOLANGE. — Alors vous sauriez que la femme mariée ne se porte plus et surtout la lenine des amis.

DAVILLIER. — D'abord Fressenoy n’est pas mon ami... c’est un camarade de cercle. :

SOLANGE. — Eh bien ! renseignez-vous à votre cercle. Soyez moderne comme moi.

Est-ce que j'ai l'air d’une femme qui rêve d’adultère.. Non, n'est-ce pas ?… Alors, à quoi est-ce que ça rime tout ce que vous racontez là... Le round est terminé. Eight, Finis, hall

. Pailloux et Fressenoy.)

right. et sans rancune… (Elle < ar Li la main). | Se Date ee on és irrésistible Ft SOLANGE. — Non, je suis résistante. (Entrent

qe

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