‹ PépéChapitre 42 sur 167 · È SCÈNE PI I · texte numérisé non relu

È SCÈNE PI I

PUIS Nue JEAN- NERO

ETS

#|SOLANGE. = Cet ro l'histoire du monsieur de Grenoble qu'il Jai PEORRE pro- bablement ?

PAILLOUX. — C'est ça... C'est ça...

SOLANGE. — Ce n’est pas de sa. fante à à cette petite. Vous J'aimez DENCARR: Pailloux, vous aussi PAILL OÙUX.. — C’est une très brave fille et, dans son genre, tout ce qu'il y a de plus honnéte. SOLANGE. — C’est bien mon avis.

(Entre Mme Jeannerot précipitamment.) MME JEANNEROT. — C'est ici qu’il faut venir

te chercher maintenant, dans la chambre de...

enfin, dans la chambre qu’on m'a refusée.

(Elle ricane.) Ah ! ah! ah! Bonjour, Païilloux.

ParLLoux. — Madame !

SOLANGE. — Bonjour, maman. Comme tu as l’air agitée, plus que d'ordinaire !

MME JEANNEROT. — Il y a de quoi... Je vais t’apprendre la nouvelle Ia plus formidable,

PaILLOUX, discrètement. — Je vous laisse.

MME JEANNEROT. — Non, non, restez, Pail.

loux ; vous faites partie de la comédie, dans la coulisse tout au moins. ae

SOLANGE. — Qu'est-ce qu'il y a, mon Dieu ?

MME JEANNEROT. — Sais-tu qui c'est, ta Jacqueline... ta Jacqueline adorée ?.… Allons, inutile de te faire languir.. c’est la maîtresse de ton mari.

PAILLOUX. — Aïe !.. |

SOLANGE, indignée. — Oh! oh!ohl!..jene croirai jamais ça. Mon mari serait l'amant de sa fille !.

MME JEANNEROT. — Mais elle n'est pas sa

fille, voyons ; il n’y a qu'une poire comme toi pour croire une pareille bourde.

SOLANGE. — Qu’ est-ce que c'est que cette histoire ?

MME JEANNEROT. — Une histoire que je flai-

rais depuis longtemps — demande à Pailloux.…. Alors, comme ça ne me paraissait pas catholique, j'ai été aux sources. Je quitte Largentière à l'instant. a ù

SOLANGE, vague. — Largentière…

MME JEANNEROT. —- Oui, le monsieur de Grenoble... l'homme d'hier... l’homme aux gants... le premier amant de ta chérie.

SOLANGE. — Mais il a dit hier tout ce qu il avait à dire.

MME JEANNEROT. — Mais non, il était abruti,

cet homme ; ton mari le menaçait de la correc-

tionnelle -— ce culot ! — avec ça qu'il est un timide... Il a détalé comme un lapin. Mais moi, j'avais retenu son adresse. Largentière,

Grand-Hôtel…..

ce lapin-là.

SOLANGE., — Tout cela ne donne pas de preu-

ves ; cet homme peut agir par ressentiment.… ParzLoux. — C'est assez probable.

et je viens de le cuisiner à fond,

MME JEANNEROT. — Oh ! taisez-vous, hein, le complice !.. D'abord, Fressenoy n'a connu à aucune époque la mère de Jacqueline... donc. s’il n’a pas connu la mère, il lui a été difficile de fabriquer la fille. LUE

SOLANGE. —— Ensuite...

ME JEANNEROT. — En outre, le gantier avait toute une série de fiches de police... On a retrouvé des traces de leur passage, interrogé les chauffeurs, les hôteliers ; bref, un homme qui correspond exactement au signalement de ton mari... tu peux lire... (Elle Lu passe des papiers) se rencontrait avec la nommée Jacqueline dans tous les hôtels des environs de Grenoble et ils se livraient dans des lits à des épanchements qui outrepassent laffection d’un père et d’une fille.

SOLANGE, qui a parcouru les fiches. — Où !

oh ! est-ce possible !

MME JEANNEROT, — Bref, ton mari s’est fichu de toi et à introduit sous une fausse parenté sa maîtresse au domicile conjugal.

C’est un joli cas de divorce.

SOLANGE., — Oh oui !

MME JEANNEROT. — Tu ne peux pas rester sous lé toit d’un homme qui t’a rendue ridicule... SOLANGE. — Oh ! pas une minute de plus.

\MME JEANNEROT,.

commençons la procédure |!

PAILLOUX. — Permettez !... Laissez-moi au moins plaider lés circonstances atténuantes...

MME JEANNEROT. — Oh vous !.. allez chercher votre chandelle, hein !.. et soufflez-la !...

(Entre la femme de chambre.)

. SOLANGE. — Qu'est-ce que c’est ?

LA FEMME DE CHAMBRE. — C'est le docteur, Madame.

SOLANGE. — Ah! bien. LI Nas.

MME JEANNEROT, — Qu’ est- ce que tr as?) Tu es malade ?.

SOLANGE. —— Non, toujours la même chose.

‘ét ce n'est pas ces émotions-là qui me remettront.. Je te rejoins... j’en ai pour deux minutes, car il y à des décisions à prendre.

MME JEANNEROT. —- Il n’y en à pas des...

il y en à une.

(Solange sort.) -

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