JANE RAYMOND
PAULE WITIMANN.
1 Las scène de nos jours } * au premiér acte à Paris, chez La Fajolle; aux deuxième et troisième actes, à Cabourg.
n ACTE PREMIER
LA FAJOLLE. — Mais je ne vous ai pas die mandé d’allumettes
Wi£riAM, solide accent d'outre- Miche.
Oh i pardon. je dis souvent Monsieur : je préfère si Monsieur cause français. Je comprends suffisant si Monsieur cause français: mais absolument pas si Monsieur cause anglais,
LA FAJOLLE, vexé. — Bien, bien. Je vous ai
dit d’emballer es. cannes pour. (Geste de
taper-sur une balle.) Vous savez : Pan... dans les trous. | WiLLT. M. — Pan dans le trou... Oh! oui.
Et aussi par... pas dans le trou
LA FAJOLLE. — — Je vous dispense de comiientaires, AE
WiLLiAM. — Commentaires ?
LA FAJOLLE. — Ça va. Vous embailerez ça avec mes bagages. Votre amour de la cornemuse ne vous a pas Ôté de la tête que nous partons demain pour Cabourg ?
WiLLiamM. — Tout est presque à peu près prêt.
LA FAJOLEE, —— Bien. Ah! William... A cinq heures, M, et Mme Piédagne viennent prendré le thé. Toasts et muffins.
WIELIAM, — Parfaitéraent.
ve
Lai FAJOLLE. = — n n'est venu personne pendant mon absence? Rien?
Wizziam. — No, rien. (Tirant de sa pur un tél légrarmine.) Ah:E er Co à.
La Fajorre. — Une dépêche ?.
WILLIAM, suscription. — Vicomte La Fajolle, 155...
LA FAjoirx, lui.arrachant la dépêche. — Voulez-vous me donner cal... Îl arrive une dépêche et vous ne me la remetlez pas tout de suite ?
WILLIAM, — Yes, je remets tout de suite.
tout de suite que j’y pense.
La FAJOLLE, ouvrant la dépêche ei lisant. — « Irai te voir demain mardi. Urgence. Bridier ,+ Ah! ce vieux jacques !.. William,
M. Bridier va venir aujourd'hui...
WILLIAM. — Bridier ?
La FAJOLLE. — Mon meilleur ami, Wiliiam, mon ami d'enfance.
WILLIAM — Oh! bravo!
LA FAJOLLE. —- Quoi ?
WILLIAM. —- Oh! pardon !
La FAJOLLr — Enñn, dès qu'il sera lè, ous le ferez entrer.
WILLIAM. — Parfaitement.
fond.)
La FAJOLLE, seul, — Eh bien, à peut se vanter de tomber à pic, Bridier ! Demain, il n’aurait plus trouvé personne. (Regardant la débêche.) Mais pourquoi urgence ?.. Ça n’a l'air de rien, ce petit mot-lä : urgence... mais c’est
(Il sort par le
agaçant | agaçant !... Surtout pour un sensitif,
un nerveux, comme mani. Oh ! pour ça, je suis nerveux... Un pur sang, c'est toujours nerveux. « Urgence ! ».…
WILLIAM, rentrant vivement et, sur un lon de myslère. — Monsieur ! C’est Mme Pidagne… tout seul !
LA FAJOLLE, à part. — Cécile! Déjà!
{4 Wüilliam.) Eh bien, quoi, quoi, Mme Piédagne ?.… C’est tout naturel,
WILLIAM. — Right, sir.
LA FAJOLLE. -— Faites entrer, voyons, faites
entrer. (4 part.) Qu'est-ce que ça veut dire ? {(S'empressant vers Cécile que William iniro-
duit.) Chère madame !.. Quelle bonne surprise ! (Remarquant son émotion.) Qu’y a-t-il ? CÉCILE, lui montrant William. — Voyons, mon ami...
LA FajortEe. — William, laissez-nous.
WILLIAM. — Parfaitement. (77 sort) SCÈNE II
LA FAJOLLE, CÉCILE
Cécire, d'une voix haletante, — Ah! mon ami !.…
La FAJOLLE. — Enfin, qu est-ce qui se passe ?
CÉCILE. — Mon mari sait tout!
LA FAJOLLE. — « Tout » ! Quoi, « tout » ?
CÉCILE. — Vous et moi... tout, tout!
puisqu'il
LA FAJOLEE, — + Tout, tout » !...
lisant comme pour ui même la.
une fois de plus, de visionnaire et d’exaltée
qui ont changé. c’est l'œil!
normal, son œil ?
l'œil de Piédagne exprime la joie de vivre,
mon mari a appris nos promenades dans vi|
n y a rien. rien !…. Hélst rien “encore à |
Cécire. —- Rien encore, c'est déjà beaucoup) Vous ne sentez donc pas ce que peut avo d’inquiétant, pour un mari, ce rien encore
La FAJOLLE. — Pour un mari jaloux, possib!
mais pour le nôtre, qui est la confiance mêm | Cécie. — Ta ta ta. Je ne vous en ai pt soufflé mot parce que vous m'auriez traité
mais depuis deux jours, c’est bien simpl Emmanuel n’est plus le même. : | La FaJouze. -- Comment, ce n’est pl not! | cordial Piedagns, au geste cnctueux, à la mi affable… | à
LA FAJOLLE. — L'œil ? |
CéciLe. — Oui, l'œil. Vous connaissez se œù ?
LA FAJoLLe. — De vue.
Cécile. — Qu'est-ce qu'il pos en tem
LA FAJoLLe. — Une sorte de torpee béate
CÉCILE, se levant comme ouiragée. — m'en vais! re) LA FAJOLLE, le retenant. — Cécile. je val
en prie. Je cherche, moi, je cherche !.. Voyoni]
la satisfaction de gagner beaucoup d'args dans la fabrication d'instruments aratoire:] CéciLe. — Vous n'y êtes pas! En tem normal, l'œil d’Emmanuel n'exprime rien tout. Seulement, voici, il y a deux jours | œil s'est mis à cligner d'une manière énign tique... avec un petit siffotement.…. di LA FaJoire. — Un œil sitfoteur.…. Je, of jamais vu ça. LE CÉciLE. — Très spirituel, mon cher.
n'est pas le moment | Je parie d’un s'ffla, ment des lèvres. Et savez-vous ce qu'il r|}\ dit, Emmanuel, de son afr le plus mystérie f tout à l’heure, après déjeuner ? Il m'a dik « Devinette ».… | ; LA FAJoLrEe. — Devinette ? | CécirEe. — Oui : « Devinette : Où peut être mieux que dans l’auto de La Fajoïle ? À. LA. FAJOLLE, cherchant. — Mais... je net! LE pas, moi... dans... dans. dans sa chambre CéciLe. — Oh ! je m'en vais! * | La FAJOLLE. —- Allons, voyons, chère ar} calmez vous. Qu'est-ce que cela ed Cécize. — Cela signifie, évidemment, :
vo
voiture, mes visites chez vous. bref, ton $ nos imprudences | h La FATOLLE. — Oh | vous croyez ?.. Alonl à
CéciLe. — Alors, Gaston, il faut absolu} que vous renonciez à LOuS emmener à Cabo en auto! Vous partirez de votre côté, et rl} LL du nôtre. Quand il va venir, dites-lui… ni
porte quoi. qu'il y a une fuite dans | du tuyaux ke LA FaJozre. — Oh! dans mes tuyaual
\l Cécine. — Illefaut. Le À