‹ PépéChapitre 54 sur 167 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les MèmEs, BRIDIER | ) D obunr et, à la vue du couple, tous- 4 ement. — Hum fo

cile et, à la vue de Bridiors Ah hé.

R. — pa) pardon! (Saluant Cécile.)

es M — C'est moi. (4 ae ) Fe m'excuse Ton L'ose m'a fait entrer tout

LLE. — Oui. heukh !..… (4 Cécile.) madame, permettez- moi de vous pré- 1 Jacques Bridier, mon meilleur ami,

e d'armes. (Montrant Cécile.) Ni: mmanuel Piédagne. À (Vivement) dont

rs (Un petii LLE. — Asseyez-vous donc | à La Fajolle. — Alors, monsieur et

êtes frères d’armes ?

LLE. — Mais oui, Se madame.

. — J'étais pilote — - C'est pee (4 . Fajolle.)

aussi, à cause des éclaboussures.

!.. Hein, Jacques ?

. Mais moi, je. ne suis pas le litto-

nous à unis du l'existence. 1e

| POUCHE . on .

n'ai rien conservé du graisseur ; mais il a gardé du pilote l'esprit de décision ‘et d’ initiative, l'habitude

de diriger. Alors, voilà, il me a CÉCILE. — Comment ! | LA FAJOLLE. — Parce que c’est un roué.

(4 Bridier.) Dis à madame que tu es un roué ! le Cécile.) Et avec ça, un artiste épatant.

CÉCILE — Ah! monsieur est artiste ? Fe “quel genre ?

BRIDIER. - —— Peinture, ie ‘1 CÉCILE, = C'est charmant ! Le paysage ? La nature morte ? :

BRibion. Vivante, on ne peut D Vi-.

vante : le portrait.

CÉCILE. — C’est délicieux !

“£A FATOLLE. — Il a fait le mien, VOUS savez... Il m'a divinement rendu. Il a su mettre

en valeur tout ce qu’il y a en moi de romantique et de racé.

CÉCILE. — C'est exquis !

BRIDIER. — Depuis ce temps, je me suis consacré au portrait de femme. de jolies

femmes spécialement. C’est celui qui me réussit

le mieux.

CÉCILE. — Et que vous réussissez le mieux, par conséquent. Très moderne, ; imagine ?

BRIDIER. — Très moderne. Je suis sugges-

tionniste. Vôus comprenez, je peins l’âme à

travers le corps. avec mon cœur... et mon

modèle voit son portrait. avec, son Cœur:

à travers le peintre. | 5 CéciLe. — Diable ! mais c'est un peu dangereux pour le modèle, cette peinture-là.

BRIDIER. — Du tout, madame, du tout.

Une fois le tableau fini, un morceau de mon cœur s'envole avec lui... Je l’oublie et je passe

à un autre.

CÉCILE. — Vous oubliez ! …. Mais si le modèle se souvient ?

BRiDiEr. — Eh bien, le tableau’ lui reste.

ou leur reste !

CÉCILE. — Comment, leur reste ?

BRIDIER. — Oui, j'arrive de Tunisie, où je

- viens de fixer en deux toiles les ee des sept

femmes de trois cheiks.….

LA FAjoLLE. — Drôle de compte ! i

CÉCILE, à Bridier. — Cela fait bien des morceaux de cœur éparpillés…

BRIDIER. — Le cœur d’un artiste est toujours innombrable, madame ; tous les poètes vous le diront. Je ne fais que passer par la capitale.

et déjà je m'oriente vers l'âme picturale d’une

Américaine qui me veut quelque bien. Neue la styliserons sur fond de ciel italien. Elle est à Paris. je vais la voir tout à l'heure et, dans deux jours, je la retrouve à Florence. (4 La Fajolle.) À propos, tu as reçu ma dépêche ?

LA FAJOLLE. — J'allais t'en parler. e gence »!. Pourquoi urgence ?

BRIDIER. — Tu as regardé le lieu dore ?

LA FAJOLLE, fhyant la dépêche de sa poche e8 la regardant. —— Avignon !... Tu viens d ’Avignon? Re

BRIDIER. — Oui, en remontant le cours du Rhône, jesuis alté faire visite à ton père.

La FAJOL LE. — Ah ! tu as vu papa ?

BriDiEr. — Je l'ai vu... et entendu ! fl m'a chargé — comme ton meilleur ami — d'un message pour toi. dore La FAJOILE. — D'un message. agréable ?

BRIDIER. — C'est selon.

LA FAJOLLE, — Eh bien, va donc !

BRIDIER, à 1Mi-voir. — C'est que... Te-ne sais si je dois.

La Fayo OLLE. — Tu peux... ‘a peux tout dire. devant madame... or BRiDIER. -— Tout ?

LA FAJOILE. — Tout.

CÉciLE. — Tout.

BRIDIER. — Alors! (4 La Fajoïle.) Tu te. .. maries, mon cher!

CÉCILE. — Quoi ? F HOREA FAJOLLE. — Fiôte ! Voilà que ça recommence !

CÉCILE. — Qu'est-ce qui recommence ?

LA FAJOLLE. — La crise périodique de papa.

Une fois par an, il veut me marier | CÉCILE. — Vous marier !

LA FAJOLLE. — Mais une fois par au, il ne

me marie pas... grâce à Bridier ! Chaque fois il trouve un truc. Aussi, je ne me frappe pas |

BriDiEer. — Malheureusement, cette fois-ci, c'est l’ultimatum.

La FAJOLLE. — TL re ce

BriDiEr. — L’ultimatum !.. Ton père en a assez de te voir, régulièrement, t’échapper par la tangente. T1 entend, Jui, que la lignée des La

Fajolle se perpétue. C'est son idée, ne la discu-

tons pas. Donc, si tu ne fais pas le récessaire, c’est lui qui le fera.

La FAJOLLE. — Comprends pas.

BRiIDIER. — Pourtant simple : ou c'est toi qui te maries, ou ce sera lui. Voilà |

LA FAJOLLE. — Allons donc ! Qu est-ce que tu racontes ? il veut se remarier à soixantequinze ans ?

BRIDIER. — Oui,

LA FAJOLLE. — Et il prétend faire des enfants, à cet âge-là ?

BRIDIER. — En faire, je ne sais pas ! en tout cas, en avoir. Il paraît que iusqu'à cinquante ans, c'est douteux, et qu'après soixante, c'est certain. Naturellement, avant de te donner des petits frères, dans le souci üe ne pas frustrer tes futurs co- héritiers, il compte te couper les vivres... Et ce qu'il dit, il le fera. C’est un

bougre La FAJOLLE, furieux. ——- Oh ! le cochon !

BRIDIER. — Ta future est déà choisie.

CÉCILE, sursautant. — Ah! par exemple !

BRIDIER. — Pardon, madame ? | CÉCILE, se dominant. — . monsieur, rien |! Continuez, je vous prie.

La FAJOLLE, — Et qu est + -ce que c'est que cette future ?

BripiEer. — Une jeune veuve du plus haut

Tang, appartenant à une vieille famille du

POUCHE

nais, les bains de mer... dans l'eau. avec!

Languedoc. “ fort riche, ibetrutte, musicien

CéciLe, ironique. — Et, jolis? = BRIDIER. — Oh! sur ce. point, madame, père de Gaston fait confiance à son révérer|

ami le Chanoïine de Nasbinal…. hs

LA FAJOLLE, haussant les épaules. — Un ch] noine Î Il consulte un chanoine !

BRiprER, — Mais enfin, on ia trouve ch mante... à Saint-Afirique | # La FAJOLLE, ahuri. — Quoi ? Quélle Afrique]

BRIDIER, ie montrant. — II ne connaît. PI Saint-Affrique (Aveyron)! La ville natale :} la marquise, mon cher. -

LA FAJOLEE, comme brécédemmient. - — - Quo Quelle marquise ? 1h

Briprer. — Eh bien, ta fiancée : la marqu Jeanne-Armande de Fons née Châte.

fonsac.

-LA FAJOLLE, or — Châteaufonsac !| Saint-Affrique !.… Je vois ça d'icit À BRIDIER. — La marquise, très pratiquan!| veuve d’un premier époux tout parfumé | vertus, entend ne se remarier qu'à bon-escie:l}

Cécire. — C'est ça... Elle cherche se genre séminariste, - | LA FAJOLLE. — Tout à fait le mien É BRIDIER. —— Elie a vu ta photog graphie... | LA FAJOLLE, sarcasiigue. — Ah! oui? |N BRIDIER. — Son impression n’a pas été. délf vorable.. Elle a donc décidé de t'étudier|* loisir, de t'observer sans çue tu t'en dout| de et de s'embarquer incognito pour TE où eîle a su que tu daïs te renûre.

CÉCILE. — Pour Cabourg ?

BRIDIER. — Oui, madarne. a CÉCILE, vivement. — Gaston! (Se ref nant.) Vicomte !... (4 Bridier.) Vous as | | monsieur ? a BRIDIER. — Je puis me retirer, Si VOUS v lez.

LA FAJOLLE. — Non, non. . Figns. relis :} l télégranmme. (11 le lui tend. Bridier +emo | 2e regardant un tableau peur se donner une coilll” nance.) Cécrire, attirant La Fajolle à g écart. — € ton, il ne faut plus que vous veniez à Cabou LA FAJOLLE. — Comment |! Que je ne vie:ll'# plus du tout ? 1| CÉciLE, — Non, plus du tout! ba fer masquée dans notre dos, à vous espionne bavarder peut être... Et voyez-vous que f# commérages reviennent à T'oreille d'Emmhl l nuel 25. 0] La FAJOLLE. —- Alors, vous ne parte | non plus ?

CÉciLe.. — Hélas! mon pe ami. © l’époque de mes Lains ! ec LA FAJOLLE, avec exallation. — c’ est + ol {ya Je vous vois déjà dans l’eau, entonrée @’!

foule de mâles, pantelants et frémissants désir. = CÉcIiLE, — Oh ! dans l'eau ! | .l . LA FAJOLLE. — Qui, dans l’eau ! Je des «

pu d

Page 1