SCENE VIII
Les MfMEs, Mons CÉCILE
LA FAJOLLE, hors de lui. — Oh! et puis, zut ! qu'elle aille au diable ! Si elle en a assez, moi j'en ai... jusque-là !.. (A Aymande.) Vous entendez mon conseil : ne prenez jamais pour maîtresse une femme mariée |
ARMANDE. — Comptez sur moi!
LA FAJOLLE. — Quand je pense... (Tout à coup.) Attendez !.. (4 Aymande.) Dites-moi, vous qui l'avez vue... Comment est-elle, la marquise ? |
ARMANDE. — Ça, vous savez, c’est une question de goût...
LA FAJOLLE. — Ah ! Elle est laide ?
ARMANDE. — Laide ?.…. Ah! mais non!
(Se regardant dans une glace à la dérobée.) Moi, je la trouve iolie...
LA FAJOLLE. — Très jolie ?
ARMANDE, modeste. — Oh ! très. c’est peutêtre beaucoup dire.
POUCHE de
LA FAJOLLE. — Ah 7... Enfin, du mome; qu’elle est plutôt jolie. Lis yeux ? | ARMANDE, — Mais pourquoi me demande] vous tout ça ? - LA FAJOLLE. — Répondez. Les yeux ee ARMANDE, souviant. — Noirs. :È - LA FAJOLLE. — La bouche ? | ARMANDE, — Petite. | LA FAJOrLE. — Les cheveux ? | ARMANDF. — Blords et bouclés. el LA FAJOLLE. — La taille? | Æ ARMANDE, riant. — Hé, hé ! de la ligne! [ LA FAJOLLE, avec feu. — Et j'étais en trek de gâcher ma vie, d'envoyer balader un pal
magnifique !... Dieu merci, il est temps encon| ÿ BRIDIER, — Qu'est-ce que tu dis ? # La FAJOLLE. — Je dis que mon devoir! !
fils soumis est d’obéir aux volontés de mm, père... Je dis que j’épouse Mme de Poulingui I BRIDIER. — Allons, bon | | À :
LA FAJOLLE. — je l'é-pou-se!... {:
BRIDIER, montrant Armaïde. — Mais alors..f petite. 1m LA FAJOLLE. — Quoi, la petite ? Rien ni} changé. Elle partait. elle s’en va |! ‘ess ARMANDE, déçue. — Ah !..
paquets quand même ? Sd BRiDIER. — Eh bien, mais... c’est parfa!
Vous partez... moi aussi... nous partons dem}, ensemble | 117 ARMANDE. — Hein ? 4} BRIDIER. — Dame, puisque nous n avi 1 plus rien à faire ici ni l’un ni l’autre... Je «| ki déposerai chez vous ! ee | ARMANDE, iyès gênée. — Mais. 4 LA FAJOLLE. — C'est ça. (4 Armande.) attendant, vite, mettez votre cape.
ARMANDE, — Pourquoi faire ?
LA FAJOLLE. — Mais pour m 'accompa(|} au Casino... pour me désigner la marquf
Aflae pl (QU Ù VR
ARMANDE. — Moi, je veux bien... Ecou! à je veux bien... seulement... - ll Lu LA FAJOLLE. — Seulement ? sd ARMANDE, — Seulement, puisque ‘|
Lee Jépousez, vous feriez peut-être mieux dd in
plus vous montrer avec moi |
LA FAJOLLE. — C'est juste !…. 0 IF j'ai son signalement, J'irai seul. (S'arral à iout à coup.) Mais non, c’est impossible | | Fà
BRIDIER. — Parce que ? ln
La FAJOLLE. — Parce que si elle m'a ii vu avec Pouche, comment va-t-elle me & Le voir ?... ju?
(A Bridier.) Tu vas aller la trouver! F BRiDiEr. — Moi? Encore ?.… Ah! noi!
LA FAJOLLE. — Si, si! Tu vas lui explh là ton invention, lui jurer qu’il ne s’est rien JA is entre mademoiselle et moi. Elle te croill [Fes Il faut qu'elle te croie | | ju
BRIDIER. — Eh bien, soit !... Mais tu ne «Bi geras plus d'avis ? Tu épouses la marquis?
LA FAJOLLE. — Je ne changerai plus dr 4 j'épouse la marquise !
BRIDIER. — Je vais au Casino. (4 Armall Et nous deux, demain matin... pfft !.….. |,
= es)
À 'ArmANDE. Ndue (verrons | (A part.) Ab | ais non. par exemple !.…. se /
| LA FAJOLLE,
ras, au moins 1 Aie =
| BRIDIER. — Sois tranquille. Je me sens le
lair des grands soirs |
LA FAJOLLE. — Alors, va vite.
BRIDIER. — À tout à l'heure. ({7 sori.)
LA FAJOLLE, le suivant et lui criant. — N'ou-
lie pas le signalement : Petits yeux... beuche
isée l.
| ARMANDE, criant, — - Bonne chance, Bridier |
À Voix DE BRiDIER. — Oui! Merci !..
Lande et La Fajolle vedescendent en riant.)
LA Fayorre. — Moi, je vais me donner un
| etit coup de fon!”
| ARMANDE
Ptire dans mes Re ?
| LA FAJOLLE. Mais comment donci Je
jous en prie. nn petite Pouche.
| ARMANDE, — Bonsoir, monsieur le vicomte !..
dE mes hommages à la marquise ! (Elle entre
dé ans sa chambre.)