‹ PépinièresChapitre 12 sur 62 · TRAVAUX PRÉLIMINAIRES. H · texte numérisé non relu

TRAVAUX PRÉLIMINAIRES. H

pnsaux lambeaux de pê|)ini'',Mos é[»ars clans les champs; car, pour ces derniers, on choisit autant quon le peut, le temps le plus convenable pour en eflectuer la plantation, et les j»laMts qu'on leur CMilie sont ordiiiiiireinent /brts et peu dêlicnls. Mais là où l'on vent él.iblii- une |)épinière proprement dite, c'est-à-dire rnnlliplit'r les ;ul)rt's parles semis, boutures et couelia^^es. en un mol prMliqnci' tout ee qui se lattache à la nju'lipliealion, l'eau est d'une indispoisuble nécessité. Il ne suffit |>.is non plus d'avoir (te Ilnui siu' un seul point; il fini, autant qut' po<>îl)i(', (ju'e'l' snii lépaitie sur toute l étendue de la j)é}»inié!e. lîicn de [tins l'acde, si l'eau existe sur une des paitics l.'s phi-^ élcvci's dn tei rain ; il n'y a qu'à j"»>er des tuyaux ou à ouvrir d s liiinl/s par où elle puisse s<' r 'udre dans di's toimeanx on dc^ lia.-snis disposés à cet «d-'t. Mais, dans le cas contiaire, c'csl-à-dire si Ton ne peut .ivoir de l'eau que dans quelfjnfs parties seulement de la péj) î.iére, on les réservera, ain^i que (U'ILs (pii Itur sont conti.iiës, pour tout ce qui a lapjioit à la mnlliplicaîion, senns, r''[)iqua«;es, conclia^^cs, etc. S il n'cxi-t»» dans le voi.vinaue ni suuîce ni cours d'eau, et que l'on soit forcé d'y ouvrir un puits, il devia être creusé dans la partie la plus élevée de 1 exploitation, a(in (jn'à l'aiile de conduits et de tonneaux l'eau puisse arriver parfont où son eniploi sera jn,!zé nécessaire. Si le puits est pro!^ond rt qn»^ l'extrac'iou de Peau en soit pénible, une pompe ou. ce (pii vani mieux encore, un innnéf^e desservi par 1- cheval d(^ la mai.-on, animal indis- I'ei;sable dans une |>épiniére de (jnelipie iinjiorlance, sera étnbli à l'orifice du pnits. Si, par snile de circ<iu>laiices locales, le puits ne pouvait élre creu.-é dans l'endroit le plus élt'vè, on pourrait encore riMnédii'i' à cet inconvrnienl en élevant 11" réservoir j)rincipal, celui dans It^ijuel l'eau est v^Tsée en soilant du jaiit^, car il f.int toujours, et c'est in-'me une condition indispen-abb», que ce l'ésejvoir soit é!..l)li sur le point 1(^ \)h\< élevé du terrain.

Suivant les diverses circonstances, les arrosages se pratiquent avec des arrosoirs (grav, ôj, soit à poinines percMs de Irous de diamètres dilférenis, soil à un simple goulcl sans pomme ni bec; dans ceMuiiis cas encore, l'eau esl répandue par la gueule de l'arrosoir, cVst-â-dire par l'ouverture i[u[ sert à y introduire l'eau ; iimis, dans les pays méridionaux, les arrosages à bras pouvant devenir insuftisants on pratique l'irrigation directe. Ce procédé, qui consiste

ordinairement a subinerj, r tntit.remt.nt k lirrain, ne peut être employé que lorsque I on dispo l d une grande quantité d'eau; il n'( t par consLquent po LIl que dans le voisinage d'une riviLTi, ou de quelque couih d i.au assez considérable, d'un niviau supérieur à celui de la pêpin'ère. L'irrigation peut se praltquer de deus manières : elle peut être ou compItHi; nu jmrtieUe; con.pWle, si le terrain est entièrement suluiu'rgé et qrie l'eau en recouvre toute la surface; partieHe, si elle n'en boij;ne, an contraire, que cej taines parties. Dans le premier cas, l'opération consiste a laisser couler sur la

TRAVAUX PRÉLIHISAIHES. 3»

surface à arroser une certaine ({uanlilé d'eau; mais alors le lerrain doit êfre disposé par carrés, séparés par de petites digues, et chacuu de ces carrés doit être à peu prtis de niveau, afin que l'eau puisse le recouvrir entièrement et le plus régulièrement possilile. Le point par lequel l'eau est introduite doit èlre un peu plus élevé que le terrain. S'il s'agit d'arroser des plantes délicates, qui ne doivent recevoir d'eau qu'à leurs racines, on pratique 1 iiTJgation partielle, et Toicî €11 quoi elle consiste : On élève, et toujours dans un

Tf.

«arré à peu près de niveau, de petits ados, en prenant la terre de chaque côté, ce qui forme le long de ces ados une sorte du petite rigole dans laquelle l'eau se répand, et sur le bord desquels on plante ou \'«n repique les plants, de man ière que l'eau, en pass^iut dans ers ligolts, n'en baigne que les racines. Dans l'un ou l'autre de ces deux modes d'irrigation, lorsque le lerrain est surfisainnifut mouillé, on Cenoe les ouvertures praticjuées pour l'entrée de l'eau. Pen-

dant tout le temps que dure l'irrigation, la présence continuelle d'un ouvrier est indis[)enbable pour la répartition de l'eau ; car le terrain a beau être bi-^n nivelé, sans une surveillance attentive certaines parties seraient saturées d'eau avant que d'autres en reçussent une goutte. Pour éviter cet inconvénient, l'homnie qui surveille l'opéraîion, au moyen d'une b^'clie ou d'une houe, bouche les ouvertures là où le terrnin est snrfisnnnnent arrogé, en même temps qu'il en ouvre d'autres pour faire passer l'eau là où sa présence est nécessaire.

Cr3T. 5. — Plan iVanp irri^ntion pnrtielle.

Pour faire mieux comprendre ce travail, les gra\'ures 4 et 5 repré^entent le plan de deux carrés disposés pour être mouillés par irri;.^'^tion. Dans le premier * grav. 4), l'irrif^ation devra être complète; il est disposé par bandes unies, assez larges, séparées entre elles par de petits ados ou sentiers représentés par les deux traits ; ces bandes devront être mouillées en plein ou à bl<inc\ et l'eau devra, par conséquent, en recouvrir entièrement la surface. Dans le deuxième (grav. 5)

TRAVAUX PRËLIMINAIRES. 31

où l'irrigation ne sera que partielle , le terrain est disposé en ados, et les intervalles ou rigoles doivent seuls être arrosés. Dans la gravure 4, a est le conduit par lequel 1 eau arrive, et sa direction est marquée par les flèches; elle entre par le point b. On fait dans la digue, au point c, une ouverture, par où l'eau sort pour se répandre dans le carré; innis, en même temps que cette ouverture est pratiquée, on bouche en tout ou en partie le conduit a. Lorsque cette première partie est suffisamment arrosée, on houche l'ouverlure c, puis on en ouvre une autre en d, puis en ^, etc. Mais si l'eau est abondante, on ouvre tous ces points à la fois; on pfut même, pour hâter et régulariser la répartition de Teau, ouvrir sur plusieurs points, en h h /i, par exemple, les petites difxues qui séparent les carrés les uns des autres; l'on peut 3iibsi, et pour ne pas pratiquer d'ouvertures dans la digue principale, établir dans celle-ci, et de distance en distance, d' petites vannes pouvant être ouvertes ou Aîrmées à volonté, et creuser tout près du conduit principal, et parallèlement à lui, un autre conduit dans lequel l'eau se jettera d'abord, et où l'on pourra également à volonté multiplier l^-s ouvertures, ainsi que le représente la gravure 5. Dans cette gravure, l'eau suit la même direction que dans la précédente; elle entre par le conduit principal a, passe dans le conduit secondaire b, par les vannes c c, puis entre dans le Cirré par les ouvertures d d d, etc., établies dans la digue; elle se répand ensuite dans les intervalles ou rigoles ffffy placés entre les ados e e e e. C'est de chaque côté de ces ados et sur les bords que devront être repiqués les plants dont les racines seulement se trouveront baignées par l'eau qui passera dans les rigoles. Afin d'établir une communication plus prompte entre toutes les parties, on pratiquera de j'^'tites ouvertures dans les ados et à leur extrémité, ou au point indiqué sur le plan par un trait. On doit, comme dans e cas précédent, surveiller le travail avec beaucoup de soin, afin de boucher, au fur et à mesure du besoin, les parties suflibaminent arrosées. Suivant la température locale, la

sécheresse du climat, la nature du sol et celle des plantes, l'irr gatioii pourra être répétée plus ou moins souvent. Le lendemain ou surlendemain, un binage sera toujours donné, pour ouvrir la terre tassée par l'irrigation.

On comprend que ce mode d'arrosage n*est pas exempt d'inconvénient; il tasse la terre, qui se fend presque aussilôl que l'eau est retirée et que le soleil Ta frappée, ce qui rend nécessaires de fréquents binages : aussi sous les climats secs et brûlants les semis doivent, autant que possible, être faits dans des endroits ombragés, et être mouillés avec des arrosoirs à pommes.

Page 1