MÉMOIRE ÂU VICE-ROL
() uiillions (le toniioaux, et que sur la moitié seulement de ce tonnage le commerce du monde réaliserait un bénéfice de 150 millions de francs par an, en faisant passer les navires par le golfe Arabique. U est bois (le doute que le canal de Suez donnera lieu à une augmentation considérable de tonnage; mais, en compànt seulement sur 3 millions de tonneaux, on obtiendra encore un produit anniu^l (le ) millions de francs par la perception d'un di'oit de 10 francs par toimeau, droit qui pourrait être réduit en proportion de laccroissement de la navigation.
Après avoir indiqué soumiairemeiit les avantages financiers de lentreprise, occupons-nous de ses avan* tages politiques généraux» que nous croyons également incontestables.
Tout ce qui a pour résultai de contribuer à l'extension du commerce, de Tindustrie et de la navigation du monde est suitout avantageux à TAngleterre, puissance qui l'emporte sur toutes les autres par Timportance de sa marine, de sa production manufacturière et de ses relations commerciales.
Un déplorable prt^jugé , fondé sur Tantagonisme politique qui a si longtemps et si malheureusement existé entre la France et l'Angleterre, a pu seul accréditer l'opinion que l'ouverture du canal de Suez, utile aux intérêts de la civilisation et du bien-être général, nuirait à ceux de la Giaiide-Brctagne. L'al-
liance des deux peuples plaeés à la téte de la rivilUalion, alliance quia deja démontré la possibiiité de solutions regardées jusqu'ici comme impossibles par les traditions vul(<;aires, permettra , parmi tant «rauliTS birnlaits, d'examiner avec impartialité cette immense question du canal de Suez, de se rendn* un compte exact de son influence sur la prospérité des peuples, et de faire considérer comme une hérésie la croyance fju luic entreprise (Icsliiiée à abré- {^er de moitié la distance entre Toccident et rorient du globe ne convient pas à la Grande-Bretagne, maîtresse de Gibraltar, de Malte, des îles Ioniennes, d'Aden , d'établissements importants sui la cote orientale d'Afrique, de l'Inde, de Singapour, de TAustralie.
L'Angleterre, aussi bien et pins encore que la France , doit donc vouloir le percement de cette langue de terre de 30 lieues que tout homme préoccupé des questions de civilisation et de progrès ne peut voir sur la carte sans éprouver le plus viF désir de faire disparaître le seul obstacle laissé par la l^rovidence sur la grande route du commerce du monde.
Le chemin de fer d^Alexandrie à Suez seul est insuffisant. Il ne pourra acquérir une importance réelle et n*aura de revenus assurés que lorsqu'il deviendra Tauxiliaire du canal maritime de Suez.
L'achèvement de la voie ferrée, si utile aux voya-