SCENE XXV
Les Mima, MATHIAS PÈRE; U est pâle, ses hatits et ses cheveux sont en désordre.
MATHIAS PÈRE, tremblant de colère. Où est l'infâme?., le misérable?..
LA COMTESSE. Qui douc?
MATHIAS PÈRE. Votre futur!., mon fils!..
TOUS. Son fils!...
LA COMTESSE. Qu’osez-vous dire ?. .
MATHIAS PÈRE, d’une roix altérée. Oui, mon fils... François Mathias-.
LA COMTESSE , suffoquée. Ab ! grand Dieu!... j'allais épouser le fils...
MATHIAS PÈRE. Qui n'est pas plus baron que vous comtesse.... qui rougit de son père... de mon nom... qui le renie...
il a raison, car il le déshonore ! . .
CLÉMENTINE, courant dans ses bras. Oh!
c’est impossible.
MATHIAS PÈRE, amèremeni. Ah! vous ne savez pas, mon enfant, ce dont l’orgueil est capable ! . . vous ne savez pas !.. il craignait l’ingrat, que ma présence ne fit manquer ce mariage!., pour m’empêcher d'y paraître il m’a trompé, il m’a fait enfermer... emprisonner... oui, emprisonner...
dans une chambre froide, exposé â d’indignes traitemens, aux insultes d’un valet, qui par son ordre, a osé porter la main sur moi!., sur moi, sur son père!..
CLÉMENTINE et LÉOPOLD, le serrant dont leurs bras. Ah !
HANTZ. Non... non, monsieur Mathias, je suis seul coupable, je vous jure... et si l’on a dépassé mes ordres, mon ami ignolait...
MATHIAS PÈRE. Je donnerait mon sang
Î iour que cela fût vrai !.. mais ce billet de ui , tombé de ta poche,, quand tu t’es échappé. {Lisant.) « Éloigne mon père A » tout prix. »
(Il le lai jette.)
HANTZ, confondu. Sa lettre!..
MATHIAS PÈRE. Et Péters qui m’a tout avoué... ( Àvec fierté. ) Heureusement ce nom qu’il méprise est estimé, respecté en Allemagne !.. je n’ai eu qu’à le faire retentir dans le voisinage, pour être débvré, et pour venir châtier le fils dénaturé... (ébgardant autour de lui.) Encore une fois, où est-il?., {silence) vous vous taisez... En ce nuiment, la porte du pavillon se ferme.) Il est là!..
CLÉMENTINE, s'élançant après lui. Ab I n’oubliez pas qu’il est votre fils.
MATHIAS PÈRE, étouffé par set larmes.
S’est.il souvenu <|ue j’étais sonnée?., mais je me punirai d avoir voulu iélever audessus de moi, d.’en avoir fait un oisif, un ingrat... ce titre de baron qu’il usurpait, il l’avait réellement!.,
TOUS. Que dites-vous?
MATHIAS PÈRE. Oui, Une faiblesse....
une folie de vieillard... ce que je dédaignais pour moi, je le voulais pour lui...
j’avais acheté le château, la baronie de Mulildorf... {Montrant un papier. ) Cette donation lui en assurait le titre... il ne le portera jamais... {Il le déchire.) Ces biens, je les rends à leur l^itime propriétaire. ..à vous, mon enfant... à mademoiselle de Muhidorf.
HANTZ et LÉOPOLD. M”* de Muhldorf !..
LA COMTESSE. Quoi!., cette petite... qui K trouve être...?
MAGASIN THEATRAL
HANTZ. La fille de sou père.,, c'est la rèrolution française qui est cause de ça.
■ATHIAS PÈRE, ù Clémentine cl Léofold. Oui, à TOUS deux.., vous êtes digues l’uii de l’autre, vous serez mes enfans... je vous donne tout ce que j’ai.
CLÊMENTiNF. et LEOPOLD. Jamais... jamais!
■ATHIAS PÈRE. Est-ce que vous rougissez aussi de moi ?.. je ne puis doue aimer personne ?
LÉOPOLD el CLÉMENTINE. Nonnon!..
CLÉMENTINE, dans ses bras. Moi, rougir de vous!., je suis ficre de votre tendresse, d’étre appelée votre fille, pour vous aimer, pour ne jamais vous quitter...
mais votre fils...
MATHIAS PÈRE, avcc force. 11 ne l'est plus.
CLÉMENTINE. Si, VOUS l’aimez encore.
MATHIAS PÈRE, SC cachant dans ses bras.
Eh bien ! oui, c’est vrai... mais ne le lui dites pas, j’en ai honte... ( Elevant la voix.) et s’il vêtit regagner mon alTcction, s'il veut retrouver quelque cho.se pour lui da s ce cœur qu’d a déchiré... {Se tournant vers le p.ivillon. ) Qu’il parte, qu’il parte sur-le-champ... la voilure est là, toute
F rète... qu'il quitte ses faux amis qui me ont corrompu... qu’il retourne dans notre village... {S'approchant du pavillon. ) S’il hésite un instant, je jure que ma malédiction... {H ouvre la porte du pavillon , comme pour accabler son fils, et s'arrête étonné sur le seuil. ) Personne!..
LÉOPOLD. La fenêtre est ouverte. .
CLÉMENTINE. Et Ce papier, sur la table !
LÉOPOLD, <]ui a été le prendre. Un seul mot (lisa rt.) • J’obéis, mon père. •• MATHIAS PÈRE, avec joie. Ah!.. ( On entend le roulement d’une voiture.) Il part ! tout n’est pas perdu.
CLÉMENTINE. Non! car il vous aime aussi, lui...
LÉOPOLD. Oui, oui, il vous aime.
MATHIAS PÈRE, l'embrassant. Merci!., merci, mon enfant, vous me comprenez, vous... {S'essuyant les yeux.) Au fait, pourquoi nu m’aimerait-il pas?., je l’ai tant aimé, moi !.. et puis, le cœur est bon, n’estce pas?.. c’est l’entratnement... les mauvais conseils.. .{Ilunlt s’approche, le regardant de travers. )'V\x es encore là, toüva-t’en va-t’en !..
HANTZ. Mais TOUS me permettrez de...
MATHIAS PÈRE. Tout ce que je te permets, c'estd’époiiscr madame... ( montrant la comtesse) si cela peut lui plaire.
HANTZ, se sauvant de câté. Par exemple! ..
LA COMTESSE , indignée. Quelle horreur!...
( Elle disparsll d’an càtè et Hantz de l'anlie.)
MATHIAS PÈRE. Bon débaiTas!.. ( J^nnnl Clémentine et Léopold dans ses bras.) Vous ne me quitterez plus, vous, nàesamis!
et si l’autre se corrige... ch bien! j'aurai trois enfans au lieu d’un... ce sera tout bénéfice !