‹ Père et parrainChapitre 24 sur 35 · FÉRON, BOULAIN , PAULINE , PAUL · texte numérisé non relu

FÉRON, BOULAIN , PAULINE , PAUL

PAUL , faisant asseoir Pauline. Remettez-vous , chère Pauline , remettez-vous.

BOULAIX. Ma fille!.. Qu'y a-t-il donc ? La voilà toute tremblante.

FÉROX. Qu'est-il arrivé ?

PAUL. Je ne sais encore : je viens de voir rentrer Pauline tout en larmes ; mais elle va nous dire...

PAULIXE. Pardonnez-moi l'inquiétude que je vous cause... Ce n'est rien, mais j'ai été si troublée...

ROULAIX. Achève donc, je suis tout bouleversé, moi !

p.vuLixc. Depuis quelques jours, j'avais cru remarquer que j'étais suivie par im monsieur qui , partout où je le rencontrais, attachait sur moi ses regards avec affectation ; je n'en avais rien dit parce que j'espérais qu'il cesserait ses poursuites, et cpie d'ailleurs je pouvais me tromper. Mais aujourd'hui , à peine étais-je entrée dans l'église, que je l'ai aperçu : il est venu se placer à côté de moi , et au moment où je sortais , il s'est approché ; ne tenant aucun compte de mou trouble et des observations de ma bonne , il m'adressait les plus étranges discours, et, malgré ma résistance, il se disposait à s'emparer de mon bras , quand le ciel m'a envoyé un défenseur, M. Eugène Moreau, qui passait par là , m'a reconnue j il s'est

précipité vei-s nous, a reproclié à mon persécuteur l'indignité de sa conduite, et me délivrant de ses obsessions , m'a ramenée jusqu'ici où il m'a remise aux mains de M. Paul : voilà tout.

PAUL. Le lâche!. . insulter une femme sans défense !

BOULAix. Etqu'a-t-il dit, ce scélérat-là?

PAULINE. Des choses que je n'écoutais guère et que je comprenais encore moins; mais, au moment où il se querellait avec M. Moreau , le mot de grisette a frappé mon oreille.

BOULAiN. Grisette!... ma fille!... grisette!.... oh! si j'avais été là!..,. Il n'y a qu'un des parvenus de ce tems-ci qui ait puse permettre., ah ! sous l'ancien régime..

PAULINE. Mais non , mon père I car

M. Moreau lui a demandé son nom , et je l'ai entendu qui répondait : le comte Charles de Maubert.

PAUL. Charles de Maubert !. ..

BOULAiN. Ah! ah!...

FÉRON. Charles de Maubert ! . . . n'est-ce pas lui qui , il y a seize ans...

PAUL. Très-probablement! et ditesmoi , Pauline, M. Moreau ne lui a-t-il pas demandé son adresse?

PAULINE. Oui, et il a dit rue Cérutti, n° 15.

PAUL. Rentrez, ma chère Pauline, et remettez-vous de l'émotion que vous avez éprouvée.

PAULINE. Oh ! ce n'est plus rien maintenant.

FÉRON , passant pris de Pauline. Chère enfant , viens , viens recevoir les soins des gens qui ne veulent que ton bonheur.

Aussi bien , j'ai à te parler.

BOULAiN. Oui, viens, et sois tranquille!.. Bientôt on ne t'appellera plus grisette , tu n'iras plus à pied, tu auras une voiture.

FÉRON. Allons !...

BOULAIN. Je vous dis qu'elle aura une voiture !... je veux qu'elle ait une voiture.

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