SCENE (jUAlrtlEME H
FERNANDE, sp lève et passe *.
Jamais je n'oublierai ta perfidie.
CAROLINE
Je l'espère bien.
FERNANDE
Mais quet'ai-je donc fait?
CAROLINE
Tu oses me le demander ! après m'avoir enlevé le marquis de Morlac.
Je t'ai enlevé le marquis de Morlac! moi?
CAROLINE
Une trahison indigne, je t'avais prévenu qu'il me faisait la cour, notre mariage était presque décidé, et cet aulomne pour mettre tin à ses hésitations, j'emploie... le moyen irrésistible,... l'absence; je quitte Paris pendant quinze jours... et toi, mon amie intime, tu profites de mon départ, pour inviter le marquis à ton château.
FERNANDE
Ce n'est pas moi, c'est monsieur Duplessis.
CAROLINE
Ce sont toujours les maris que l'on charge de ces sortes de commissions, quand ils oublient d'en prendre l'initiative... et ils ont la naïveté de s'étonner eqsuite de ce qui leur arrive.
FERNANDE
Mais il n'est rien arrivé.
CAROLINE
.Ne dis donc pas des choses aussi invraisemblables. Dtjpuis son retour, monsieur de Morlac n'a pas mis les pieds clioz moi, et il a diné trois fois ici.
FERNANDE
Amené par mon mari, ils sont du même cercle.
CAROLINE
Ah ! tu appelles cela être du même cercle, est-ce aussi
* Fpriiaiide, Caroline.
il PERFIOE COMME L'ONDE
ton rnari niii a eiigagt' le marquis à l'écrire?,, ne nie pas. Hier encore il t'a envoyé une lettre, par son valet de chambre. Je !e sais.
FEllîS \NDE.
Je te jure que je n'ai reçu hier aucune lettre de monsieur de Morlac.
CAROLINE
Ne jure pas... cela ne sertà rien... fais mieux, jtrouve- Ic moi...
FERNANDE
Quelle preuve veux-tu que je te donne ?
CAROLINE, montrant le colTi et.
La boîte aux lettres.
FERNANDE
Ah ! mais non.
CAROLINE
Tu avoues donc?
FERNANDE
Si je te faisais une pareille proposition l'accepterais-tu ?
CAROLINE
A l'instant même viens chez moi.
FERNANDE
Impossible. Et mon jour...
Personne ne s'apercevra de ton absence ; si tu le préfères, je cours chei'cher mon colfret, je te l'apporte... je l'ouvre devant toi, et tu m'ouvres le tien...
FERNANDE
La belle malice, tu ôteras tout ce qui peut te compromettre,
CAROLINE
En voici la clé, je te la laisse.
FERNANDE
Ah! eh! bien, soit, voici la mienne... (Caroline la prend et
v,i pour ouvrir le coffret. FeruanJe l'antHant.) NOU, paS eUCOre... et
s'il n'y a aucune lettre au marquis.