CAROLINE, JULIETTE
CAKOLINE .
Certainement, milady. (^ part.) Si je pouvais me faire inviter à ses soirées. (liant.) Vous connaissez madame Duplessis depuis longtemps, milady?
JULIETTE
Le hasard nous a liées. Tété dernier, quoique nous ne soyons pas du même monde... (Elle s'assied sur le canap*.) Des reiaiions de campagne... j'ai passé... la belle saison à son château.
Klie cberc'lie linéique cbose du regard. • Julielte, r.aioliiie.
20 PKRriDE COMME L'ONHE
fAKOLINR.
Vous clirrrlif/. (|ii('l(jue chose, milady ?
.1 IIMETTE.
Oh! yes, je chercliais un petit table; non, ce n'est pas (•(■la! How do you cull it? Comment appelez-vous? un petit tabouret, c'est cela, un petit tabouret.
CAROLINE, se levant et allant en clicicher un.
En voici un.
Jtl.lETTE.
Thauk you !
CAROLINE, posant le taboiuet.
Ah! milady, que vous êtes adorablement chaussée.
S'assevant sur la chaise près de Juliette. JULIETTE.
Oh non! ces souliers sont trop larges... madame a le pied beaucoup plus grand que le mien.
CAROLINE
Comment... madame.
JULIETTE
Oh yes, ma dame de compagnie... une coutume anglaise. Nous autres grandes dames, nous ne nous occupons jamais des petites choses de notre toilette... c'est ma dame de compagnie qui commande mes gants et mes chaussures... et comme elle se persuade qu'elle a le même pied et la même main que moi... je suis forcée de subir les conséquences de ses prétentions.
CAROLINE
Quelle singulière coutume! A Paris c'est tout le contraire. Ce sont nos femmes de chambre qui héritent de nos toilettes, et je ne sais comment elles font, mais elles s'arrangent toujours pour avoir la même taille, les mêmes pieds et les mêmes mains que leurs maîtresses.
JULIETTE
Les femmes de chambre parisiennes sont très-intelligentes. Oserai-je vous prier de sonner pour qu'on serve le thé?
SGÉiNE NEUVIÈME 21
CAROLINE
Permettez-moi, milady, de me chargei" de ce soin. .s«
tevaiit. — Elle va à la table verser une tasse île tbé qu'elle piésenle à Juliette.) L'aimez-vous très-sucré?
JULIETTE
Oh yes, excessivement sucré.
Prenant la tasse que !iii offre Caroline. CAROLINE, s'assejant sur la chaise.
Fernande a-t-elle reçu beaucoup de monde à son château?
JULIETTE
Oh yes, beaucoup.
CAROLINE
S'amusait-on?
JULIETTE
Not very much! je voulais dir pasbeaucoiip... Fernande nous défendait de danser le soir...
CAROLINE
Fernande détendait de danser à ses invités... Alors comment passiez-vous vos soirées?..
JULIETTE
Je me retirais dans ma chambre... il n'y avait personne avec qui l'on put causer... tous gens communs et vulgaires...
Cela ne m'étonne pas... cependant vous avez dû vuus trouver au château en même temps que monsieur le marquis de Morlac?
JULIETTE
Le marquis de Morlac, oh yes, quite a gentleman, trèsgénéreux, un homme de goût.
CAROLINE
Est-ce qu'il ne iaisait pas la cour à madame Dviplessis?
JULIETTE
Oh noul
22 PEUFIDE COMME L'ONDE
CAKOLIN E.
Cependant on m'avait dit...
JL'LIETTE.
Je vous le répète, chère, le marquis est un homme de
^OUt. .. (CaioliDe fait nu gesto. — Elle re[iioinl la tasse (iirtilo pose sur
un meiibio.) Son Valet de chambre est aussi très-bel homme.
CAROLINE, se lève et lemct la tasse sur la talile.
Ah! son valet de chambre... (a puti.) Ces grandit; dames anglaises font de singulières remarques.
JILIETTE.
Pardon, chère, il fait très-chaud, vous n'apercevez pas un écran quelque part?
CAKOMNE, lo preuaut sur la cliouiinée *.
En voici un, niilady.
JULIETTE
Thank you I
CAROLINE, à paît.
Elle a l'habitude de se faire stM-vir!.. (Elle s'assied s.u- lo
fauteuil piès .le la dieminée. — Haut.) AUcz-VOUs quelquefois aU
théâtre, milady?..
JULIETTE
Pas aussi souvent que je le voudrais, car j'adore le théâtre... mais j'ai si peu de liberté... une ou deux soirées par mois, le dimanche.
CAROLINE
Je comprends... les devoirs du monde... Aiincz-vous la musique?..
JULIETTE
I like it so much; j'adore la musique.
CAROLINE
Je dois me rendre tout à l'heure à un concert, si vous vouliez me permettre, milady, de vous olliir une place...
JULIETTE
Comment donc, mais j'accepte avec empressement! ohante-t-on des chansonnettes?
* Caroliue, J uliette.