SCENE DOUZIÈME
FERNANDE
Cela ne m'étonne pas.
CAROLINE
On nous regardait, en poussant des oh! et des ah! d'admiration... si bruyants que le pianiste n'a pu achever sou morceau.
FERNANDE
A la grande joie des auditeurs. ^
CAROLINE
Non, car il a recommencé, ou du moins il a essayé de recommencer, mais cette fois, il a été interrompu par les éclats de rire de toute la salle.
FERNANOE.
Ah! on riait... de qui donc?
CAROLINE
Ma foi, je l'ignore, sans doute de la figure eirarée du malheui'eux virtuose... jamais je n'ai vu un concert aussi gai, personne ne gardait son sérieu.x. jusqu'au sentimental marquis de Morlac.
FERNANDE
Le marquis de Morlac était là... (a |-iit.) le hasard est encore plus obligeant que je ne le croy.iiç.
CAROLINE
Il riait plus haut que les autres, il a ^lé d'un ridicule dont il ne se relèvera jamais.
FERNANDE
Il t'a saluée?
CAROLINE
Sans doute, et comme il semblait ne pas recoiitiait:é. milady, je la lui ai présentée, mais au lieu de serrer la main charmante que cette femme exquise lui tendait, il est pris d'un nouvel accès de rire nerveux...
FERNANDE, riant.
Ah! ah!
CAROLINE
Voilà que cela te gagne aussi!
n PERFIDE COMME L'ONDB
FERNANDE, liaot.
Ah! ah! Et milady?
CAROLINE
Milady a fait preuve d'un esprit supérieur. Une femme ordinaire se serait montrée blessée de l'impolitesse du marquis, elle, au contraire, s'est mise à rire... encore plus fort que lui, si bien que monsieur de Morlac nous a quittées sans même pouvoir nous adresser un seul mot «♦'excuses
FEHNAN UK.
Ah ! ah ! ce pauvre marquis !
CAROLINE, se levant.
Il n'y a que les véritables grandes dames pour sauver
les situations. (Se rejrardant dans la tçlaee ) Je SUis tOUte dé-
ooilïée... impossible de diner ainsi avec milady, je vais sonner ta femme de chambre, tu permets?
FERNANDE, liant, se lèv.».