‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 105 sur 140 · Corpus inscr. graec., II, n · texte numérisé non relu

Corpus inscr. graec., II, n

2. Corpus inscr. graec., II, n° 3069, t 0 ’Attbàeiov to -rrpô; tcô Ocârpw, ô Ksktwv /m Çwv xaOupwxei t&Tç ’Attiàig-

3. La question est d ailleurs connexe à une autre, celle du nom qui convient au temple ionique situé à I extrémité nord de la terrasse du théâtre. Les hypothèses qu’on peut proposer ont été examinées avec beaucoup de critique par M. Conze : Ueberden ionischen Tempel aufder Theaterterrasse von Pergamon, Sit^ungsberichte der ber line r Akademie, 1895, p. 1037-1068.

4. C’est aussi l’hypothèse vers laquelle Bohn incline. ( Altertümer von Pergamon , IV, p. 65-66.) Si on l'exclut, force est de reconnaître l'Attaléion dans le temple ionique de la terrasse. Nous montrerons plus loin, après l’étude du temple, que cette conjecture soulève des objections.

ERGAME.

construit par le riche joueur de flûte devait être un local où les artistes dionysiaques se réunissaient, vaquaient à leurs affaires, se trouvaient chez eux; c’était vraiment la maison de la corporation, placée sous le patronage officiel d’Attale II, le protecteur de Craton. On ne saurait y voir un de ces temples qu’on élevait aux rois de Pergame après leur mort, comme l'Euménéion de Philetaireia sur l'Ida. Si riche que l’on suppose Craton, une telle fondation aurait certainement dépassé les ressources d’un particulier. Or, l’édifice à niche, très simple à ce qu’il semble, répond fort bien à la définition que nous faisions tout à l’heure de l’Attaléion. On y replace volontiers le siège de la corporation, et l’on restitue sans peine, dans la chambre en forme de niche, la statue d’Attale II, patron et bienfaiteur des Attalistes..

Nous voudrions en savoir plus sur l’histoire du théâtre de Pergame, à laquelle est si intimement mêlée celle de la corporation des artistes dionysiaques. Les acteurs de Téos y ont-ils joué les tragédies classiques mettant en scène les aventures de Télèphe, les Mysiens d’Eschyle, les Aléades de Sophocle, le Télèphe d’Euripide? Y ont-ils fait applaudir le dithyrambe de Nicarchos, intitulé Perséphoné, et couronné aux jeux célébrés à Téos en l’honneur d’Attale 1 ? Faut-il restituer parmi les pièces de leur répertoire deux comédies, le Sicyonien , et Pantaléon, comme on l’a conjecturé, en lisant ces noms sur une base de marbre trouvée non loin du sanctuaire d’Athéna2? Nous n’avons là-dessus aucun renseignement précis. Mais ce que nous savons, c’est que la compagnie des artistes « de l’Ionie et de l’Hellespont » était fort remuante, et que les clients d’Attale II avaient souvent recours à ses bons offices. Ils étaient en démêlés fréquents avec les gens de Téos; alors ils écrivaient au roi de Pergame de longues et pompeuses adresses, remplies de doléances, sollicitant l’intervention royale3. Ils finirent par se rendre insupportables aux gens de Téos, et peut-être même à leurs protecteurs, car ils durent émigrer à Ephèse, d’où un Attale les fit partir, pour leur assigner comme résidence la ville de Myonnesos4. Les Romains les transportèrent à Lébédos. A ce moment, il n’y avait plus d’Attalistes. Ce nom avait disparu avec le royaume de Pergame.

1 . Le Bas et Waddington, Inscriptions d'Asie Mineure, Téos, n° 9 3.

2. Inschriften von Pergamon, VIII n° 164. XjixuomW navraÀï'ovcoç. L’hypothèse qui permettrait de reconnaître dans ces deux noms des titres de comédie a été soutenue par M. Conze, Die pergavi. Bibliothek , p. 1 262. Cf. Winter, Jahrbucli des arch. Inst.. Arch. An\eiger, X, 1895, p. 123. M. Fraenkel l’écarte dans son commentaire de l'inscription. La base en question montrant encore des trous de scellement pour des statuettes de bronze, il pense que ces statuettes représentaient, non pas des acteurs, mais des personnages honorés d’une effigie de bronze. Pantaléon serait le stratège des Étoliens qui avait secouru Eumène II lors du guet-apens de Delphes. Le « Sicyonien » aurait également joué un rôle dans les mêmes circonstances.

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