‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 125 sur 140 · Inschriften von Pergamon, VIII', nos · texte numérisé non relu

Inschriften von Pergamon, VIII', nos

10. Lcewy, Inschriften gr. Bildh., n° 126. Pline, Nat. Hist., 36, 33. Weisshiiupl, ’F.:pr,u..à|>x., 1891, p. i5i.

1 1. M. Perdrizet le rattache à la famille de Praxitèle par l'intermédiaire d’un Praxitèle II, que nous fait connaître une inscription de Delphes, et qui est en activité sous Démétrios Poliorcète. Revue des Études grecques, 1898, p. 83 et suivantes.

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diverses, et à côté de ceux dont Pergame est la ville natale, combien viennent de Sicyone, de Thèbes ou d'Athènes! Formée d'éléments aussi variés, l'école de Pergame n’a d'autre unité que celle qui résulte de la communauté d'inspiration, de la collaboration à la même œuvre; mais cette œuvre est de celles qui ont en ellesmêmes leur unité, car c’est la glorification de la dynastie.

La période de floraison de Fart pergaménien comprend une partie du troisième siècle, depuis le règne d’Attale Ier, et environ les deux premiers tiers du second siècle, jusqu'à la mort du dernier roi. Nous avons essayé de grouper les artistes connus suivant qu'ils appartiennent à l'ancienne ou à la nouvelle école. Il nous reste à caractériser l'évolution de style qui justifie ce classement. Les témoignages de cette évolution, nous les trouvons dans les sculptures que nous avons décrites alors que nous les rencontrions sur notre chemin, dans leur cadre matériel, pour ainsi dire. Nous devons maintenant, sans nous y arrêter longuement, les replacer dans leur ordre chronologique, en demandant de nouveaux éléments d appréciation à des monuments dont nous n’avons pas eu encore l'occasion de parler.

La survivance des traditions classiques dans l'art grec du troisième siècle est un fait général, que nous avons essayé ailleurs.de mettre en lumière ’. Les maîtres du quatrième siècle, Scopas, Praxitèle et surtout Lysippe, ont introduit dans la sculpture trop d’acceptions nouvelles, ils ont trop franchement ouvert la voie au pathétique et au naturalisme, pour que leur action ne se prolonge pas au siècle suivant. La sculpture alexandrine se forme sous l'influence attique; celle de Pergame ne saurait y échapper, car la « culture attalique », ainsi qu’on l'a appelée, est, à ses origines, tout imprégnée d’atticisme. Et nous ne parlons pas seulement des œuvres qui, comme les statues de la bibliothèque, sont manifestement des copies d originaux de 1 école de Phidias. Nous devons chercher les traces de ces influences dans des œuvres vraiment hellénistiques, exécutées sous les Attalides par des artistes qui prétendent créer, et non copier. Ces traces, nous les trouvons dans une belle tète féminine, qui provient peut-être d'une statue d’Aphrodite, et qu on a, sans beaucoup de raisons, rapprochée de la tête de la Vénus de Milo1 2. Le marbre a subi des mutilations; mais en dépit des cassures du nez, et de la disparition d'un morceau rapporté à la hauteur de la tempe droite, elle reste une œuvre charmante, où l’artiste a mis une singulière expression de mollesse et de grâce. La bouche est entrouverte; les yeux, dont on

1. Histoire de la sculpture grecque, II, p. 446 et suivantes.

2. Zeitschrift Jür bild. Kunst de Lutzow, 1880, XV, p. 161. Histoire de la sculpture grecque, II, fig. 249. F urtwaengler, Meisterwerke , p. 65 1.

devine le regard humide et passionné, sont levés vers le ciel; il n'est pas jusqu'à 1 agencement un peu lâche de la chevelure qui ne concoure à donner à ce visage divin un charme fait de langueur et de morbidesse. Il y a là comme un reflet lointain du style de Scopas, et nous le reconnaissons sans étonnement dans une autre tête féminine trouvée à Tralles, une ville du royaume pergaménien Si manifestes

tête féminine trouvée a pergame. IMusée de Berlin.)

que soient ces analogies avec l'art du quatrième siècle, la tête d'Aphrodite est bien une œuvre hellénistique, traitée dans le goût du temps, mais dérivant d’un type plus ancien.

On en peut dire autant d'une belle statue d'Hermaphrodite trouvée dans les fouilles, et conservée au musée impérial, à Constantinople \ Elle montre un type dont il n’y a pas de réplique connue, et très différent de celui qu'offre la statue de

1. Au musée de l’École évangélique de Smyrne. S. Reinach, Bull, de corresp. hellénique, 1882, p. ij5, pl. III.

2. Roscher, Lexikon, I, p. 2323. Furtwaengler, Statuenkopieen, p. 59, note 1. Un dessin au trait de cette statue est donné par S. Reinach, Répertoire de la statuaire grecque et romaine, II, 104, 7.

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Berlin où M. Furtwaengler reconnaît une œuvre très vantée dans l'antiquité, V Hermaphrodites nobilis de Polyclès1. Le personnage est debout, appuyé nonchalamment sur un tronc d'arbre, vêtu d’une draperie qui couvre le bas du corps, et laisse à nu les formes ambiguës, la poitrine aux rondeurs discrètement indiquées. L'arrangement de la coiffure souligne encore la grâce féminine du visage. Si l'on réfléchit que le type de l’Hermaphrodite n'apparaît pas dans la statuaire grecque avant Alexandre, on admettra sans peine que la statue de Constantinople est une création originale , due à un sculpteur pergaménien. L'artiste a pu emprunter aux figures praxitéliennes l'attitude accoudée; mais il l'a appliquée à un type qui est bien hellénistique.

Une jolie statuette de bronze, trouvée dans les ruines d'une maison, au nord-est de la terrasse du grand autel, pourrait tout aussi bien provenir de Smyrne ou de Priène, tant elle offre les caractères du style qui se généralise, au temps de l’hellénisme, dans toutes les écoles grecques d Asie Mineure. C'est un jeune Satyre à l’air rustaud, au nez épaté, à la chevelure drue et inculte, dont la bouche est largement ouverte par un rire jovial 2. Il se livre en effet à un amusement qui paraît fort de son goût; le geste de la main droite levée indique qu'il menace de son bâton quelque animal familier, une panthère, suivant toute vraisemblance; de la main gauche il tient sa syrinx, et sur son bras flotte la nébride dont il s’est débarrassé pour être plus libre de ses mouvements. En analysant finement cette statuette, M. Furtwaengler a montré que le geste et l’attitude sont connus par des prototypes célèbres, et qu'il faut remonter, pour en trouver l'origine, jusqu’au Marsyas de Myron. Le bron-

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