‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 46 sur 140 · Inschriften von Pergamon, VIII', n · texte numérisé non relu

Inschriften von Pergamon, VIII', n

LE GRAND AUTEL

figuraient côte à côte sur les ex-voto de victoire, étaient unies dans un culte commun. Et n'était-ce pas donner à cette union une consécration éclatante, que d’édifier, sous un double vocable, un autel monumental, situé pour ainsi dire sur un terrain commun, entre la terrasse d'Athéna et l'agora où Zeus avait déjà son culte?

S'il fallait montrer à quel point sont insuffisantes les notions que l'on peut tirer des textes pour l'histoire de l'art grec, le grand autel fournirait un curieux exemple. Voici une œuvre aussi exceptionnelle par ses dimensions que par le

NOYAU DU GRAND AUTEL; VUE PRISE I)E I.’aNGLE NORD-EST.

luxe de la décoration, et elle n'est mentionnée que deux fois dans des textes d'une brièveté désespérante. Le premier est un passage de Pausanias, qui rapproche l'autel de Pergame de celui de Zeus à Olympie. « Cet autel (celui d'Olympie) est fait avec les cendres des victimes immolées à Zeus, de même qu’à Pergame » Le second est le texte d'Ampélius que nous avons, cité plus haut, et qui suggéra à M. Conze l'identification des sculptures de la grande frise-. Peut-être trouve-t-on encore, dans l 'Apocalypse de saint Jean, une allusion à un monument que les

1 . rhrcoîïiTat Ss Upsfwv tCiv 0u O'asvwv tw Aii àitô -cîjç Ts^paç tüv fAT|o£ov, xaÔscnE p yt xaî Iv IlcpYagiii. Pausanias, V,

2. « Pergamo ara marmorea magna alta pedes quadraginta cum maximis sculpturis, continet autem Gigantomachiam. « Ampélius, Liber memoria lis, Miracula mundi, 14.

séjours de l’apôtre à Pergame lui avaient rendu familier. L’épître adressée « à l'ange de l'Église de Pergame », débute ainsi. « Voici ce que dit celui qui tient le glaive aigu à deux tranchants. Je sais que tu habites là où est le trône de Satan (ôpovoç toO Saxavî) » \ 11 est fort possible que, pour les chrétiens de la communauté

PLAN COTÉ DU GRAND AUTEL. (État actuel.)

pergaménienne, le grand autel, dont la frise offrait tant de figures monstrueuses, eût vraiment un caractère diabolique.

Ces courtes mentions ne sauraient fournir aucun élément de restauration. Il faut s’adresser au monument lui-même, et en étudier les vestiges. Il faut aussi réunir des termes de comparaison, pour comprendre dans quel esprit il était conçu. Assurément le grand autel dépassait les dimensions ordinaires. Mais est-il nécessaire d’en conclure que les architectes d’Eumène s’étaient inspirés des monuments orientaux, d’évoquer le souvenir des autels persiques de la Cappadoce,

i. Apocalypse, ch. 2, 12. Renan voit ici une allusion au sanctuaire d’Esculape. ( L'Antéchrist , p. 365.) Mais il écrivait avant les fouilles.

LE GRAND AUTEL

de ces irupaiÔEîo. dont parle Strabon, et où les mages entretenaient un feu éternel'? Nous ne le pensons pas. Ce n’est pas vers la Perse que les Attalides tournaient leurs regards; c’était vers la Grèce, et c’est de la culture hellénique qu'ils se réclamaient. Or la Grèce connaissait aussi les autels de grandes dimensions, et si l’autel de Pergame dérive d’un modèle , ce type a pu se trouver dans les pays helléniques. Pline cite le grand autel de Zeus Soter au Pirée®.

Celui que Hiéron II avait élevé à Syracuse, dans le courant du troisième siècle, est aujourd’hui très ruiné; il résulte cependant des recherches de MM. Puchstein et Koldewey que c’était un autel colossal, long de 200 mètres, large de 20, avec un soubassement de pierre, et des degrés conduisant à la terrasse où l’on sacrifiait les victimes (icpo'6uucç)1 2 3 4. A Parion, dans la Propontide, Strabon signale un autel colossal , œuvre d’Hermocréon Enfin si Pausanias rapproche l’autel de Pergame et l’autel de Zeus à Olympie , ce n’est pas sans raison, et l’on verra plus loin que certaines dispositions paraissent avoir été communes aux deux monuments. Si

1 autel de Pergame témoigne d’un luxe inusité, il n’en reste pas moins un autel

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