‹ Peril en la demeure comedie en deux actes, en proseChapitre 35 sur 59 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

ANNETTE

Madame a sa robe, et il ne lui faut que cinq minutes pour mettre cette coiflure. Voyons, madame, allez-y.

CAROLINE

Place-la donc, cette coiffure, et dis qu’on attelle.

ANNETTE, entr’ouTrant la port« de gauche*

Âtt6l6Z« (eUo prend la coiffure sur la cheminco*)

CAROLINE, k part, soupirant.

Ah! je fais là une chose bien grave. Ne va-t-il pas croire que je n'ai pu me tenir à ma bonne résolution... et que je cours après

lui? Et aura-t-il tout à fait tort? (naut, à Annotte qui s* est approchée d*elle

pour U coiffor.) Non , décidément , ma fille , je reste : donne contreordre.

ANNETTE

Sérieusement, madame?

CAROLINE

Sans doute.

ANNETTE y\ entr’ouTrant la porte de gaucho*

Dételez. (Rerenant et admirant la coiffure plantée sur s*^ doigts.) G’CSt dOIH*

mage! cette coiffure aurait fait honneur au goût de madame.

CAROLINE

Tu crois?... Tu peux toujours me l’essayer... nous verrons ensuite.

ANNETTE, à la porte de gauche*

Attelez. (Elle ra prendre sur la table à gauche un petit miroir de main qu’ella donne à Caroline.

CAROLINE, après une pause.

Quel temps fait-il donc ce soir, Annette? Je ne sais pas... il me semble qu’il y a dans l’air quelque chose... Tu n'éprouves pas ça, toi?

ANNETTE

Non, madame, je n’éprouve pas ça.

CAROLINE

Quand vous avez du pain et un châle, vous autres, vous êtes heureuses, pas vrai.

ANNETTR.

A peu près, madame.

CAROLINE

Et cependant votre destinée n’ost pas gaie. Toi , par exemple, quel est ton avenir? Tu amasseras Quelques certaines de francs, après quoi tu épouseras un domestique; et puisv tu mourras. (eu«

lui rend le miroir.)

ANNETTE

Je vous remercie bien, madame, (se mirant.) J’espère que cetera le plus tard possible. (Eiie reporte le miroir à pauobe.)

CAROLINE

Ahl pour mon compte, si je forme un vœu, ma pauvre Annette... (EUe prôte roreiiie.) Une voiturc dans la cour? Ce n’est personne pour moi, j’espère... Vois donc.

ANNETTE, à la fendtpet

C’est monsieur, madame.

CAROLINE, surprise.

Mon mari !

ANNETTE

D est avec quelqu’un... ils montent lé perron.,, AM c'est M. Albert de Vitré 1

CAROLINE, se loTaixt TlTement*

M. de Vitré l... Que signiûe?...

ANNETTE

Ils vont trouver madame sous les armes.

CAROLINE, agitée*

Mais peutrêtre, Annette, ne viennent-ils pas chez moi?..»

ANNETTE, qui a entr’ouTert la porta de ganel)*,

Pardon, madame 1... voilà monsieur qui demande à Pierre si vous êtes visible... Ils viennent.

CAROLINE, tt^à-troublée*

Ahl... c’est bien... Va, laisse-nous, ma fille, (Ana.tt« imi droite,

lelsfent la porte de gauche eatr’eurerte.)

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