‹ Perkins-Warbec, ou Le commis marchand, vaudeville historique en deux actesChapitre 14 sur 31 · TOMSON · texte numérisé non relu

TOMSON

Marchand de draps , en cas de réussite

Je dois , mon cher, gagner beaucoup d'argent.

PERKINS

Au duc d'Yorck quand monsieur s'intéresse , C'est que sa gloire assure ses profits. Si ses soldats étaient taillés en pièce , ■./H* "' - On ne pourrait leur tailler des habits.

WARBEC.

Mais alors , attendez ici l'événement., et restez a la noce de mon iils et de Marianne, que nous allons faire aujourd'hui.

tompson.

Comment?.-, mademoiselle Marianne épouse Perkins?

WARBEC.

Le notaire va venir; nous allons signer le contrat..

TOMPSON.

Diable ! diable ! voila ce qui dérange mon plan,

WARBEC.

Comment cela ?..

TOMPSON.

C'est que j avais l'idée de vous demander votre filleule en mariage , pour la mettre dans mon comptoir !

PERKINS

Àh ! ah !.. il n'est pas dégoûté, monsieur le marchand de Londres.

Ma foi , mon ami , cette idée est venue trop tard.

TOMPSON.

Ça m'était venu comme çà en passant.. Mais enfin, puisque ce mariage est arrêté , je verrai a chercher ailleurs.

CHRISTINE

Arrêtez!.. Non vraiment.. Et si M*. Warbec est sage, comme voilà un parti trouvé pour Marianne , et que mon fils ne peut l'épouser..

WARBEC.

Comment?

CHRISTINE

Je vois que monsieur est un bon Anglais , car il tient pour Yorck.. On peut donc parler devant lui. {Avec mystère) Apprenez donc que ce mariage est impossible , attendu que la princesse Marguerite vient de m'écrire..

WARBEC.

A vous?.. La princesse !..

CHRISTINE

Perkins ! donnez a votre père la lettre que je vous ai remise...

WARBEC.

Et cette lettre est de la princesse elle-même?

CHRISTINE

De sa propre main!., et à mon adresse.. Mais, lisez, monsieur.. , lisez , et vous verrez si vous pouvez borner ainsi la carrière de votre fils unique.

Je suis sûr que c'est encore quelque folie de votre part... (Il lit. ) « Madame Warbec , vous fûtes la nourrice de » mon malheureux neveu; et votre zèle pour la maison » d Yorck ne s'est jamais démenti. Edouard V vous mott- » tra beaucoup d'amitié... »

A^hives de la Villa de Ë.'yaë!

Archief van de Stad Brusssl

CHRISTINE

Oh ! certainement , et j'en fais gloire !

PERKINS

Silence ! maman..

wàrbec , continuant.

« J'ai hérité de son affection pour vous et toute votre fa- » mille , et le moment est venu où je puis enfin vous le » prouver.

tompson.

C'est assez clair , ça.. C'est comme si elle vous disait : Monsieur Warbec, voulez-vous une bonne place pour vous, une compagnie pour votre fils , et une fourniture générale pour l'un de vos amis.

CHRISTINE

Après., après !

warbec , lisant.

» Envoyez-moi sans délai le jeune Perkins votre fils. ( Avec » une grande surprise.) Je veux le voir et le combler de mes » bienfaits,

« Marguerite dTorck. »

Je suis demandé par les Yorck , moi ?..

TOMPSON.

— * Diantre ! {A part.) J'ai bien fait de passer par ici, moi.

WARBEC

Je ne puis croire.. Qui vous garantit que cette lettre soit vraiment écrite par la princesse ?

TOMPSON.

Oh ! il n'y a pas a en douter.. Je connais son cachet , voila ses armes.

CHRISTINE

Et puis , le grand seigneur qui me Ta remise..

TOMPSON.

Diable ! diable ! Mais , monsieur Warbec , vous voila en faveur.. Ah çà ! vous voulez donc absolument que je passe quelques jours avec vous , je ne peux pas vous refuser ça ; mais il faut nécessairement que votre fils parte pour la cour de Marguerite , et des demain.. Comme il est grandi, ce cher Perkins ! (Il lui prend la main.) Comme il est joli garçon !

PERKINS

De profil, n'est-ce pas?

CHRISTINE

■^ Dès demain., dès aujourd'hui., ce soir même , dans une heure.

WARBEC.

Comme vous y allez !.. certainement , madame Warbec , j'honore les vertus de la princesse Marguerite ; mais ni moi , ni mon fils , n avons besoin de ses bienfaits , et vous allez lui répondre que Perkins est tout a son commerce et qu'il la remercie.

CHRISTINE

Comment , monsieur , vous refuseriez ce qu'elle vous demande avec tant dmstance.. Le voyage de Bruges se fait en une journée ! Perkins peut partir aujourd'hui , et demain être revenu pour épouser Marianne , si vous tenez tant à ce mariage.

MARIANNE

A la bonne heure , cela.

VVArbec.

N'importe , je ne le veux pas.

TOMPSON.

Par exemple , voilà de la folie , mon cher monsieur Warbec.

CHRISTINE

Tenez , je suis bonne femme , moi !.. Laissez partir Perkins , qu'il aille a Bruges savoir ce que la princesse lui veut , et a son retour , nous signerons son contrat avec Marianne ; je m'engage même à le signer avec plaisir.. Sans cela point de mariage.

TOMPSON.

On ne peut pas être plus raisonnable , mon ami.. Je me joins à votre femme pour vous supplier de ne pas empêcher votre fils de faire son chemin.. Songez a tout le bien qu'il peut faire à mon commerce.

WARBEC.

Et bien ! j'ai une autre idée , moi : nous allons signer le contrat d'abord, et Perkins partira ensuite. (Mouvement de satisfaction de la part de Perkins , Christine et Marianne) Mais a condition qu'il sera de retour avant trois jours.

PERKINS

Accordé, papa.

MARIANNE

Oh ! que je suis contente ! vous me promettez bien de ne pas moublier ?

PERKINS

En trois jours ! ce serait bien le diable !.. et puis il y aura un contrat.

Christine , à part.

Heureusement cela n engage p^s à grand chose ; et si la princesse,.

WÀRBEC.

J'entends nos amis, nos voisins, qui viennent avec le notaire... Christine , bas.

Surtout, gardons-nous de révéler à personne le motif du départ de Perkins ; cela ferait jaser les voisins.. A son retour, nous pourrons tout dire ; et quelle gloire pour moi , s'il revient avec quelque distinction honorable !.. L'ordre de la jarretière , par exemple.. Je crois que j'en perdrai tête !

WARBEC.

Moi je crois que c'est déjà fait.

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