‹ Perkins-Warbec, ou Le commis marchand, vaudeville historique en deux actesChapitre 2 sur 31 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

WARBEG , CHRISTINE.

CHRISTINE

Ainsi , monsieur Warbec , vous êtes Lien décide a marier notre ^ fils a cette orpheline? 4P1"*

WARBEC.

Oui, madame Warbec , bien décidé.. Marianne est la fille de mon ancien associé; elle a été élevée chez nous; elle est bonne, douce ; elle a tous les talens qu'une femme doit avoir dans son ménage ; et notre fils ne saurait trouver un parti plus avantageux.

CHRISTINE

Mon fils , monsieur , avec la fortune que vous lui avez amas- P sée peut prétendre a tous les partis., et si vous vouliez me laisser faire, Air : Qu'il est flatteur d'épouser celle.

Par mes protections , je pense

Qu'il pourrait , au gré de mes vœux ,

Former une noble alliance

Qui lui vaudrait un nom fameux.

Mon fils ainsi que moi se nomme , Pourquoi chercher à l'élever?..

Il a le nom d'un honnête homme , Qu'il tâche de le conserver.

CHRISTINE

Le nom d'un honnête homme !.. pour vous c'est peut-être bien. Je conçois même que vous y teniez : vous n'êtes jamais sorti de vos manufactures , de vos comptoirs.. Si vous aviez vu comme moi la cour de Londres !..

WARBEC.

Eli! mon Dieu, madame; je suis assez fâche d avoir consenti à vous y laisser aller.

CHRISTINE

Ah ! je suis Lien plus fâchée encore d'en être revenue, moi !.. Dire que j'ai vécu pendant quatre ans auprès du roi Edouard; au milieu de nobles lords , de pages pleins de malice et de galanterie; que de tours charmans ils jouaient aux dames ! Ils m'en faisaient aussi a moi.. Et ces hrillans chevaliers de la jarretière... Ah ! j'avoue que j'avais un faible pour cet ordre-la.

WARBEC.

Madame Warhec , voulez-vous me faire le plaisir de laisser Fa vos souvenirs.. i

CHRISTINE

Ils sont plus doux que vous ne pensez ! ■

Air : Amis , voici la riante semaine.

Monsieur Warbec , croyez-moi , l'on regrette , Quand par la pourpre on eut l'œiiil ébloui ,

De revenir dans son humble retraite m

%mi ^p^frr(judre des draps auprès de son mari. ™

WARBEC.

Pour abaisser vos mains jusques à l'aune , Vous rougissez chez moi de vous asseoir. C'est naturel , et je conçois qu'un trône Ait fait ici du tort à mon comptoir.

CHRISTINE

Monsieur , si j'ai de l'orgueil , il est Lien motive'. Le roi- Edouard , sur la renommée dont je jouissais , voulut me voir et' désira qne je fusse la nourrice de son dernier fils !.. de cet infortuné prince d'Yorct, que tout le monde croit avoir péri dans la tour de Londres ; mais que moi , je m'obstine a croire vivant et au moment de reparaître !

WARBEC.

C'est encore une de vos lubies : le jeune d'Yorck est bien mort; il serait vivant, que sa cause est désormais perdue , en Angleterre.

CHRISTINE

Ce n'est pas sûr. Les deux armées sont en présence aux environs d'Ostende; une grande bataille est au moment d'être livrée; „ et le roi Henri Y II peut la perdre..

warbec , haussant les épaules.

Vous parlez bien politique comme une femme..

CHRISTINE

Et vous comme..

WARBEC.

C'est bon. Je sors pour aller faire quelques recouvremens. (Se retournant) Ah ça ! pourquoi Perkins n est-il pas encore au magasin? il est tard, les chalands vont arriver; je n'aime pas cette paresse-la !

Perkins est déjà sorti.. Je l'ai envoyé' chercher la gazette pour *- savoir des nouvelles de l'armée de la princesse Marguerite.

WARBEC.

Madame Warhec.

CHRISTINE

*&— Monsieur..

WARBEC.

Vous perdez tout-a-fait l'esprit.

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