‹ Persistance de l'infection gonococcique de l'urètre due à des cavernes prostatiquesChapitre 12 sur 22 · CAVE · texte numérisé non relu

CAVE

L’URETROCYSTOSCOPIE

L'histoire des cavernes de la prostate marche de pair avec l’évolution de l’urétrocystoscopie.

Jusqu'à la guerre, on s’est servi d’urétroscopes à vision directe (Valentine-Luys). Avec ces appareils, on a pu faire des constatations importantes, mais l’examen de l’urètre était rendu malaisé, difficile, par des gouttelettes d’urine ou de pus qui obligeaient à interrompre fréquemment le travail. Quant aux cavernes, elles passaient fréquemment inaperçues, à moins qu'on ne vît sortir, de l’orifice d’une glande infectée, une grosse éjaculation de pus. Cet orifice devait se trouver en bonne place pour être repéré, car le rayon visuel se propageant tangentiellement aux parois de l’urètre, ne permettait pas de voir les orifices cachés dans le fond des plis de la muqueuse exagérés encore par leur état d'infection.

Lorsque les urologues eurent à leui disposition des appareils à optique et à circulation d’eau, le progrès réalisé fut de taille. (Mac-Carthy, 1914.)

On eut une vue de l’urètre non pas tangentielle, mais perpendiculaire. On put étudier en détail ses différentes parties. La circulation d’eau ajoutée à

l'appareil permettait de déplisser la muqueuse et livrait ainsi toute sa surface à l'observation. On put alors commencer vraiment l’étude des cavernes intra-

prostatiques que l’on soupçonnait.

LES CAVERNES A L’URETROCYSTOSCOPIE

A l’urétrocystoscope on voit soit une cavité siégeant dans l’urètre postérieur, soit un orifice dont les bords sont œdématiés, rouges, d’où sourd une gouttelette de pus qui passe dans le champ de l’appareil comme une volute de fumée. Ou bien, on voit encore des orifices elandulaires entr’ouverts.

Les orifices des cavernes se trouvent dans la région paramontanale, dans les sillons qui flanquent les freins du Véru et sur le Véru lui-même. Ils sont parfois unilatéraux ou bilatéraux, alors souvent symétriques. |

On peut ne trouver qu’une muqueuse enflammée et à cela peut s’ajouter de l’æœdème bulleux cachant l’orifice des cavernes. M. le D’ Phélip conseille dans les cas douteux d'introduire un doigt dans le rectum pendant l’examen urétroscopique et de pratiquer un léger massage de la glande prostatique. On peut ainsi faire sourdre du pus par ces orifices que l’on repère alors,

Mais le canal peut être obstrué et ce tour de main rester sans résultat. La caverne d’autre part peut être remplie de pus mastic. M. le D’ Lavenant conseille de pratiquer au niveau des orifices suspects une très légère fulguration qui, élargissant le trajet, permet l'évacuation du pus, et par là même, son imprégnation par le Lipiodol lors d’une urétrographie ultérieure.

Malgré tous les perfectionnements apportés aux appareils, malgré tous les artifices employés, les cavernes peuvent rester cachées à l’urétrocystoscope lorsqu’elles ne communiquent pas avec l’urètre.

On voit donc l’importance qu’il y a à ne pas se contenter de l’examen urétrocystoscopique seul, et la nécessité de pratiquer aussi des urétrographies. Sur ce point, MM. Chevassu, Heitz-Boyer, Chauvin, Phélip sont formels.

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