Jbid., pp
4. Le 8 janvier, Pestalozzi avait envoyé à Fellenberg le projet d'une pétition au gouvernement de Berne et d'une lettre au prsfet du district, le priant de les transmettre aux destinataires après v avoir fait les modifications qui lui paraîtraient convenables'. (Morf, ni, pp. 240-244.)
BURGDORF ET MUNCHENBUCHSEE (1801-1805). 213
à soupçonner Fellenberg de mauvaises intentions; le 20 février 4805, il écrit dans son journal :
Fellenberg anaonce qu'il a reçu des lettres très amicales de diverses personnes, dans lesquelles on lui promet de tout l'aire pour lui, à la condition qu'il laisse complètement de côté le nom de Pestalozzi et qu'il ne soit plus question de celui-ci. Pestalozzi, disent ces lettres, s'est attiré par son attitude, par son démocratisme, par son imprévoyance, par ses importunités et sa malpropreté, le mécontentement de tous les honnêtes gens ; dès qu'on saura que les défauts de l'institut sont réformés, dès qu'il aura cessé d'être une pépinière de démocratisme, Fellenberg pourra compter sur l'appui général. Je ne suis pas sûr que Fellenberg ne se soit pas fait écrire ces lettres à dessein et n'ait pas travaillé contre Pestalozzi avec tous les artifices de sa diplomatie *.
Quoi qu'il en soit des soupçons de Murait, l'afTaire eut un dénouement singulier : Pestalozzi dut retourner à Y verdon, laissant sa demande entre les mains du préfet; quelques jours après son départ, Fellenberg, sans le consulter, se rendit chez ce fonctionnaire, retira la demande déposée par Pestalozzi, et la remplaça par une demande faite en son propre nom * ; le gouvernement l'accueillit immédiatement, et Fellenberg se trouva ainsi substitué à Pestalozzi comme concessionnaire du château. L'intention de Fellenberg était sans doute excellente, mais Pestalozzi se crut joué et manifesta une profonde irritation. Il déclara qu'à partir de ce moment il entendait rester étranger à