Journal de Murait. (Ibid., pp
fiURGDORF ET MUNCHENBUCHSEE (1801-1805). 21S
payement préalable par Pestalozzi d'une indemnité considérable * ; Pestalozzi répondit que la prétention de Fellenberg était contraire à Téquité ^ Alors Fellenberg fit saisir le mobilier de Tinstitut, et déclara qu'il le retiendrait comme garantie jusqu'au moment où l'indemnité réclamée lui aurait été payée '. Pestalozzi essaya de le faire revenir de cette résolution peu généreuse; on raconte que, n'y pouvant parvenir, il ôta ses souliers et les offrit à Fellenberg, en lui disant que s'il voulait les retenir aussi, cela ne l'empêcherait pas de quitter Miinchenbuchsee et de traverser en plein soleil la ville de Berne, pieds nus, avec ses maîtres et ses élèves qu'il conduisait à Yverdon *. Fellenberg, de son côté, était arrivé au dernier degré de l'exaspération; il se donna le ridicule de parler d'une réparation par les armes, qu'il aurait exigée de Pestalozzi, disait-il, si celui-ci eût été gentilhomme". Cependant les difficultés s'aplanirent au moment décisif : Pestalozzi trouva des accents qui émurent Fellenberg; celui-ci ce pleura ° », et déclara se contenter d'une promesse écrite de payement, garantie par la signature de tous les maîtres de l'institut et par un acte de vente du mobilier à son nom \ Grâce à cet
1. Lettre de Fellenberg à Pestalozzi, juin 1805. {Pestalozzi- Blâtter, 1881, pp. 65-66.)
2. Lettre de Pestalozzi à Fellenberg, 6 juin 1805. (/ôirf., p. 66.)
3. Lettre de Murait à Fellenberg, du 19 juin 1805, et lettre de Fellenberg à Pestalozzi, du 24 juin 1805. {Ibid., pp. 67-71.) Pestalozzi était retourné à Yverdon après le 6 juin. (Morf, III, p. 301.) 11 revint à Mûnchenbuchsee le 30 juin. (Lettre de Pestalozzi, citée par M. Morf, t. III, p. 313.)
4. Cette anecdote est rapportée par Pompée (Études sur la vie et les travaux de Pestalozzi, p. 101), évidemment d'après le témoignage de Joseph Schmid.