‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 195 sur 202 · PESTALOZZf · texte numérisé non relu

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Non, cette entreprise ne fut pas l'œuvre de mon cœur, pas même celle de mes rêves. Jamais en ma vie je n'avais rêvé d'une destinée pareille. Sur le banc de galérien de mon institut, je ne m'appartenais plus, je n'étais plus moimême, et je me trouvais hors d'état de faire l'usage que j'aurais voulu de mes aptitudes et de mes facultés... Ce qui, dans mes aspirations, m'appartient en propre, ne date point de Burgdorf, mais des premiers élans de mon amour pour le peuple et pour l'enfance. Cette haute pensée, ï'idée de l'éducation élémentaire, elle s'était déjà développée en moi lorsque j'écrivis Léonard et Gertrude. Je n'avais pas encore, il est vrai, prononcé à cette époque les mots « idée de l'éducation élémentaire », je crois même ne les avoir jamais entendus résonner à mon oreille; mais j'avais déjà le profond et vivant sentiment des résultats les plus grandioses que cette idée pourra produire pour le genre humain *.

Le dernier mot de son livre est une touchante prière adressée à ceux qui le jugeront :

Essayez toutes choses et retenez ce qui est bon ; si quelque chose de meilleur a mûri en vous, ajoutez-le à ce que j'essaye de vous donner en ces pages dans un esprit d'amour et de vérité : mais au moins ne rejetez pas en bloc toute l'œuvre de ma vie comme une chose condamnée d'avance sans examen 2.

Dans Meine Lébensschicksaley Pestalozzi reprend son autobiographie au point où il l'avait laissée dans le Chant du cygne^ et fait l'histoire de ses deux instituts de Burgdorf et d'Yverdon: Il cherche à expliquer son insuccès, et il en voit la cause d'une part dans sa propre incapacité, d'autre part dans les défauts de ses collaborateurs. Le jugement qu'il porte sur toute cette période de sa vie a été confirmé, dans son ensemble, par la postérité; toutefois, il est permis de trouver qu'il se montre d'une sévérité excessive, tant pour lui-

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