‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 69 sur 202 · Morf, I, p · texte numérisé non relu

Morf, I, p

2. Cette lettre (sans date) est conservée au Musée pestalozzien de Zurich. Le texte en a été publié pour la première fois dans les Pestalozzi- Blâtter, 1880, p. 42. Nous le donnons ci-après dans la langue originale, et avec l'orthographe personnelle de l'écrivain :

« Liebe teure Freundin

« Es geth — Es geth in allen theilen — ich lôsche die Schande meines Lebens aus — die Tugend meiner Jugend erneuert sich

Ce que Pestalozzi se proposait de faire à l'orphelinat de Stanz, c'était ce que Glûphi avait fait à l'école de Bonnal. Il faisait alterner le travail manuel avec les leçons élémentaires de lecture, d écriture et de calcul. Vivant tout le jour au milieu de ses enfants, mangeant et dormant avec eux, il réussit à gagner leur affection, malgré l'hostilité non déguisée que lui témoignait la population de Stanz. Mais, s'il se montra un admirable instituteur au point de vue de Téveil du sens moral et de la formation du caractère chez des enfants incultes et délaissés, il ne réussit pas à organiser d'une manière satisfaisante son étabhssement sous le rapport matériel, il n'avait avec lui, pour administrer la maison et faire la cuisine, qu'une femme de Lucerne, Francisca Theiler, aidée de sa fille*. 11 eût fallu d'autres auxiliaires encore, des maîtres pouvant enseigner aux enfants les travaux industriels qui faisaient partie du

wieder wie ein Mensch — der tage Lang im Moder u. Koth bis an den Hais versunken seinen Tod nahe sie4,h ii.die Vollendung seinerdringendsten Reise vereitelt sieht — also Lebte ich Jahre - viele Jahre in der verzweiflnng u. im Rasen meines iinbeschreibiichen Ellends — ich hetle der ganzen Welt die um mich lier stand iind mich also sah — nur ins Gesicht speien môgen — woran konnte ich mich mehr halten — aber jetzt sehe und fiihle ich mich wieder auser meiner Koth — ich sehe u. fiihle mein Schicksahl mit dem Schicksahl anderer Menschen gleich hin auch selbst wieder ein Mensch u. versôhne mich so geni mil meinem GeSchlecht u. selber mit denen die unermftdet waren Waser in die Grube meines Ellends zu leitcn —

u Zerbrechet den Bêcher meines Ellends u. trinket mit e. Menschenglas — auf meine Errettung — aiif mein Work ii. aiif moine Beserung.

<c Adieu Koml auch zu mir — adieu

Adresse : « An die Bi'irgerin Hallweil in Hallweil ».

4. Rapport de Zschokke au Directoire, octobre 1799; cité par M. Morf, l. I, p. 190.

programme. Pestalozzi le reconnaissait lui-même. Mais les démarches faites pour lui procurer des aides restèrent sans résultat * : et d'ailleurs, qu'en eût-il fait ? Il allait à tâtons, cherchant sa voie, sans plan arrêté à l'avance; il n'eût pu donner à ses collaborateurs un fil conducteur pour les guider. « En réalité, a-t-il dit plus tard, personne ne pouvait m'aider, je ne devais compter que sur moi-même '. ^

Truttmann, si bien disposé qu'il fût envers Pestalozzi, ne put s'empêcher de voir ce que la marche de rétablissement laissait à désirer. Le 25 mars 1799, il prie le ministre d'envoyer au plus vite des surveillants et des maîtres. « J'admire le zèle du citoyen Pestalozzi et son infatigable activité; il mérite honneur et reconnaissance; mais je vois qu'il est hors d'état de continuer la chose au delà d'un. certain point avec des résultats satisfaisants et de réaliser ses idées ^. » Le curé Businger est plus explicite encore : « Tout homme clairvoyant, écrivait-il plus tard (novembre 1799) au Directoire helvétique, eût désiré voir le bon Pestalozzi dans n'importe quel autre poste plutôt que dans celuilà, pour lequel il n'était pas fait *. y>

1. Lettre de Pestalozzi au ministre Rengger, du 19 avril 1799 : « J'attends avec impatience des lettres de Zurich, relativement aux aides, hommes et femmes; j'espérais aussi que vous me donneriez vous-même à ce sujet un consolant espoir ». (Morf, I,p. 17;».)

2. Pestalozzi und seine Anstalt in Stanz. {Wochenschrift fur Menschenhildungj 2° éd., p. lOi.)

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