Ibid., p. 33i
BURGDORF, LA « MÉTHODE » (1799-1801). 178
que la tendresse maternelle éveille dans le cœur de Tenfant qui se transforment plus tard en sentiment moral et en sentiment religieux. Or, la méthode pestalozzienne « découle tout entière des rapports naturels qui s'établissent entre l'enfant et sa mère ^ » ; par conséquent, elle favorise l'éclosion des facultés morales non moins que celle des facultés intellectuelles. Pestalozzi montre comment l'idée de Dieu est produite dans le cœur de Tenfant par l'idée de ce que sa mère est pour lui : « Je ne connais point d'autre Dieu ; le Dieu de mon cerveau est une chimère, le Dieu de mon cœur une réalité ' ». Et il termine par ces paroles, empruntées à un philosophe qu'il ne nomme pas, et qui résument à ses yeux la religion et la morale : « Rien pour moi^ tout pour mes frères! Rien pour Vindividu, tout pour V espèce! tel est le commandement absolu de la parole divine que nous entendons au dedans de nous. Ecouter cette parole et lui obéir, c'est là ce qui constitue la seule noblesse de la nature humaine '. »
Nous n'aurions donné qu'une idée très imparfaite de ce remarquable livre si nous nous bornions à cette sommaire analyse. Ce que nous en avons montré jusqu'ici, c'est la partie technique, qui a vieilli, et qui, même pour les contemporains, était d'une valeur contestable. On ne s'expliquerait pas l'influence que l'ouvrage a exercée s'il ne renfermait pas autre chose. Ce qui a fait son grand succès, ce qui est resté vivant et mérite encore aujourd'hui d'être lu partons, ce sont les pages où Pestalozzi traite, non plus des détails pratiques de son- système d'enseignement, mais de l'idée de l'éducation en général. Ses appels pathéti-
i. Comment Gertrude instruit ses enfants j p. 370.