‹ PestalozziChapitre 100 sur 201 · Morf, II, p · texte numérisé non relu

Morf, II, p

s'écouler près de trois mois en délibérations oiseuses ; puis, le 29 janvier 1803, appelant les députés à une conférence aux Tuileries, il leur exposa les bases de la constitution qu'il entendait donner à la Suisse. Cette constitution, connue sous le nom d'Acte de médiation, fut remise à la Consulta en audience solennelle le 19 février suivant : elle mettait fin au régime unitaire en supprimant le gouvernement central, et établissait une Confédération de dix-neuf cantons souverains, ayant chacun leur constitution et leur gouvernement propres. Ainsi fut définitivement anéanti le parti politique auquel Pestalozzi se rattachait.

Comme membre de la Consulta, Pestalozzi n'avait joué qu'un rôle effacé. Mais, à côté de la question politique, un autre objet le préoccupait : il avait espéré que son séjour à Paris lui fournirait l'occasion de faire connaître sa méthode à la France.

Déjà, en juillet 1802, Adrien Lezay-Marnésia (qui fut plus tard préfet du Bas-Rhin' et fonda l'école normale de Strasbourg), venu en Suisse avec une mission diplomatique, avait visité l'institut de Burgdorf, et, très frappé de ce qu'il y avait vu, il avait écrit à Rcederer, le conseiller d'État chargé de la direction de l'instruction publique, pour lui proposer d'envoyer des instituteurs français s'instruire dans la méthode de Pestalozzi *. De son côté, Stapfer, ayant reçu en septembre une copie du rapport dTth, en avait parlé à Chaptal, ministre de l'intérieur; celui-ci avait répondu :

1. Lettre de Stapfer à Mùller-Friedberg, du 13 juillet 1802, citée par M. Morf, t. II, p. 131. M. Morf fait observer que Lezay- Marnésia n'avait pas eu besoin d'un interprète pour s'entretenir avec Pestalozzi , car il savait parfaitement l'allemand ; il avait publié en 1799 une traduction du Don Carlos de Schiller.

BURGDORF ET MÙNCHENBUCHSEE (1801-1805). 191

« Faites imprimer, et nous verrons *. » Dès son arrivée à Paris, Pestalozzi se mit en rapport avec quelques hommes qui s'intéressaient aux questions d'éducation, en particulier avec Lezay-Marnésia et Grégoire; à leur demande, il rédigea (en allemand) un exposé de ses principes 2 ; il fut même un moment question de faire venir à Paris un des maîtres de l'institut de Burgdorf, accompagné d'un élève, afin de joindre à l'exposé théorique une démonstration pratique de l'efficacité des procédés 3. Diverses raisons firent renoncer à l'exécution de ce projet. On raconte que Pestalozzi avait demandé une audience au premier consul, et que celui-ci refusa de le recevoir, en disant : <( Je n'ai pas le temps de m'occuper de Va b c ». L'anecdote est vraisemblable.

On lit dans une lettre écrite de Paris par Pestalozzi à ses amis de Burgdorf vers le milieu de janvier 1803 :

La lettre dans laquelle je te parlais, mon cher Buss, du peu d'utilité qu'aurait ta venue ici en ce moment, et t'expliquais les difficultés que je rencontre, était à peine partie que je reçus celle où tu me dis que tu préférerais différer ton voyage. Oui, tu as raison, différons encore. Il arrivera à la France comme au Père Boniface 4. Les femmes, en France,

1. Lettre de Stapfer au secrétaire d'État Jenner, du 15 septembre 1802, citée par M. Morf, t. II, p. 134.

2. Cet exposé de principes a été retrouvé et publié par M. Morf, t. II, pp. 147-165.

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