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Morf, III. pp

BURGDORF ET MUNCHENBUCHSEE (1801-1805). ^0o

la ville d'Yverclon promit de faire, dans le plus bref délai, les réparations nécessaires au château, qui avait jusqu'alors servi de prison; et Pestalozzi annonça qu'à son départ de Burgdorf il amènerait à Yverdon une partie de ses maîtres et de ses élèves.

Pendant que cette négociation se poursuivait, l'installation à Mùnchenbuchsee d'une moitié de l'institut donnait lieu à un autre arrangement. À un kilomètre environ de Mùnchenbuchsee se trouvait le domaine de Hofwyl, dont Emmanuel de Fellenberg (proscrit en 1798, comme nous l'avons déjà dit, mais autorisé peu après à rentrer en Suisse) avait fait l'acquisition en 1799 pour y tenter l'application de ses idées sur la réforme agricole. Pestalozzi était resté lié avec lui malgré les événements qui les avaient placés un moment dans deux camps politiques opposés : de Burgdorf, il avait rendu de fréquentes visites à son jeune ami. La froide raison de Fellenberg, son esprit pratique, l'inflexible énergie de son caractère formaient un contraste complet avec l'extrême sensibilité, la bonhomie naïve et le laisser-aller cle l'auteur de Léonard et Gertrude. L'idée vint à quelques-uns des collaborateurs de Pestalozzi (à Murait et à Tobler entre autres) que si l'institut qui allait transporter ses pénates à Mùnchenbuchsee était placé sous la direction de Fellenberg, sa prospérité matérielle serait désormais assurée1. Pestalozzi n'aurait, pensaient-ils, qu'à se féliciter d'une mesure si avantageuse pour lui : n'avait-il pas, dès le début, déclaré que son intention était d'abandonner la direction de l'institut aussitôt qu'il le pourrait? Mais il se trouva que, dans ce moment-là, Pestalozzi eût préféré garder l'institut entre

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