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CHAPITRE XI

Projet de Pestalozzi pour la publication de traductions française et anglaise de ses œuvres. — Voyage de Schmid en France et en Angleterre. — Publication du Chant du Cygne et de Mes destinées comme chef d'institut à Burgdorf et à Yverdon (1826). — Pestalozzi nommé président de la Société helvétique (3 mai 1823). — Ses deux derniers opuscules : Discours prononcé à Langenthal comme président de la Société helvétique, le 20 avril 1826, et Essai d'une esquisse de ce qui constitue Vidée de l'éducation élémentaire. — Retour de Schmid. — Visite de Pestalozzi à l'orphelinat de Beuggen (juillet 1826). — Schmid repart pour Paris (septembre). — Réunion de la Kulturgesellschaft de Brugg (novembre). — Brouille de la servante Lisabeth avec la famille Pestalozzi. Assignation envoyée à Pestalozzi par la commission de l'orphelinat de Gais. — Nouvelles polémiques suscitées par la publication des Lebensschicksale. Attaques de Fellenberg. Publication du pamphlet de Biber : Contribution à la biographie de Pestalozzi (février 1827). Pestalozzi veut répondre ; il tombe malade. Son testament. On le transporte à Brugg (13 février 1827). Sa mort (17 février). Ses funérailles à Birr.

Pestalozzi arrivait à Neuhof, en mars 1825, avec la pensée que sa carrière n'était pas finie, et qu'il lui restait encore assez de vigueur physique et d'énergie intellectuelle pour tenter une nouvelle entreprise. Il avait un moment désespéré, nous l'avons vu, de la

fondation de l'école de pauvres qu'il rêvait de créer à Neuhof même, et avait déclaré publiquement qu'il renonçait à son projet; mais, sitôt qu'il fut éloigné d'Yverdon, il sentit renaître ses espérances, et s'occupa avec Schmid de rechercher les moyens de les réaliser *. Pour se procurer les ressources matérielles qui lui manquaient, il songea tout d'abord à faire paraître une édition française et une édition anglaise de ses œuvres. Schmid se rendit (mai 1825) à Paris et à Londres 2, afin de prendre les dispositions nécessaires pour cette double publication, et de recueillir des souscriptions. Des prospectus furent publiés en français et en anglais,

1. Dans sa brochure Pestalozzi una l sein Neuhof, publiée en 1847, Joseph Schmid a écrit cette phrase énigmatique (p. 31) : « On verra, dans le second volume des Lebens se kicks aie, que la suppression subite et inattendue de l'institut d'Yverdon a été complètement l'œuvre du gouvernement vaudois, et que l'installation et le séjour de Pestalozzi à Neuhof, par contre, sont dus entièrement au gouvernement français (allein und ganz auf Rechnung der franzôsischen Regierung gesetzt werden musse) ». Nous ne possédons pas à ce sujet d'autres renseignements, et nous ignorons quels rapports ont pu exister à ce moment entre le gouvernement français et Pestalozzi. Le second volume des Lehensschicksale annoncé par Schmid n'a jamais été imprimé.

Dans un autre endroit de sa brochure (p. 11), Schmid explique que l'intention de Pestalozzi. s'il avait pu ouvrir l'élablissemenl projeté à Neuhof, eût élé d'en faire, non une école de pauvres proprement dite, mais une pépinière d'instituteurs pour les écoles primaires. « Il ressort de ses écrits et de toute sa vie que, dans renseignement primaire, aucune séparation ne devrait exister entre les classes de la société. Au contraire, riches et pauvres devraient se faire un honneur d'être assis ensemble sur les bancs de l'école populaire. L'enseignement élémentaire devrait être donné dans les écoles publiques avec une telle perfection que les riches n'eussent plus besoin d'avoir recours à grands frais à l'enseignement privé. Pestalozzi voulait que l'école fût placée sur le même rang que l'église. Donc, plus d'écoles de pauvres et d'écoles de riches, d'écoles de nobles et d'écoles de roturiers, plus de ces distinctions qu'il voulait voir disparaître. »

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