CHAPITRE I
La famille Pestalozzi. — Naissance de Henri Pestalozzi j!2 janvier 1J46)- — Son enfance. Mort de son père (1752). La servante lîabeli. Le pasteur de Hongg. Pestalozzi écolier. — Pestalozzi étudiant. Il étudie la théologie, puis le droit. Influence de Rousseau. Idées de réforme en Suisse : la Société helvétique de Schinznach; les « patriotes » à Zurich. Le bailli Grebel, le pasteur de Dattlikon, le Dialogue sur les affaires de Genève, YEvinnerer. Agis, premier écrit de Pestalozzi (1766). Bluntschli, sa mort. Pestalozzi renonce à l'étude du droit. — Ses fiançailles avec Anna Schulthess (août 1767). Il se fait agriculteur.
La famille Pestalozzi est originaire de Chiavenna, ville italienne qui dépendait autrefois des Grisons. Dans la seconde moitié du xvie siècle, un membre de cette famille, Antonio Pestalozzi, qui appartenait à la religion réformée, s'établit à Zurich, où il acquit le droit de bourgeoisie : il fut la souche de la branche zuricoise des Pestalozzi.
Le cinquième descendant de l'ancien émigré de Chiavenna, Jean-Baptiste Pestalozzi, né en 1713, exer-
çait à Zurich la profession de chirurgien. Il épousa, en 1742, Suzanne Hotze, de Richtersweil, de la même famille que le général Hotze, qui se distingua au service de l'Autriche et fut tué en 1799 '. De ce mariage naquirent sept enfants, dont trois seulement vécurent, deux fils et une fille. L'aîné des fils, Jean- Baptiste, né en 1745, n'a rien fait de remarquable; il n'a point été mêlé aux entreprises de son frère, sauf dans une seule circonstance en 1779 et 1780, lors de la liquidation de l'institut de Neuhof 2. Le second est Henri Pestalozzi, né le 12 janvier 1746 3. La fille, Barbara, née en 1751, épousa en 1777 un négociant de Leipzig, M. Grosse; elle fut toujours, pour son frère Henri, une amie dévouée, et resta en correspondance suivie avec lui après son mariage.
1. Elle n'était ni la sœur du général Hotze, ni sa nièce, ni sa cousine, comme l'ont dit plusieurs biographes, mais sa tante, au témoignage formel de M,ne Zehnder-Stadlin {Pestalozzi, 1875, p. xi), qui s'exprime ainsi : « Le père de Suzanne Hotze était médecin; les quatre frères de la jeune fille suivirent la même carrière. L'un d'eux fut le père du général Hotze. »