Cité par M*. Morf, t. I, p
4. Cité par M. Morf, t. 1, p. 198. Môrikofer, qui semble avoir en cette affaire un parti-pris, estime qu'il y a beaucoup d'exagération dans le tableau fait par Pestalozzi {Comment Gertrude instruit ses enfants, lre lettre) des résultats obtenus par lui à Stanz : « Qu'il ait réussi à gagner l'affection, de ces cœurs naïfs d'enfants, et que, par cette affection, il ait commencé à opérer un grand el heureux changement dans leur éducation, soit : mais c'est passer toute mesure que de parler de son œuvre comme d'une chose
Le célèbre éducateur et publiciste Zschokke 1 était alors commissaire du gouvernement helvétique dans le Nidwald. Il s'était lié d'amitié avec Pestalozzi, auquel il fit de fréquentes visites, « La première fois que j'allai le voir dans son orphelinat, raconte-t-il, je le trouvai allant et venant dans une grande salle. A une longue table qui remplissait toute la pièce étaient assis une centaine d'enfants, tous occupés et si absorbés dans leur travail qu'ils levèrent à peine la tête lorsque j'entrai. La plupart étaient âgés de dix à quatre ans. Ils étaient placés trois par trois ; clans chaque groupe, le plus grand était au milieu et avait les bras passés autour du cou de ses deux petits camarades, qu'il était chargé d'instruire. Les uns apprenaient les lettres, d'autres les chiffres, quelques-uns calculaient, d'autres dessinaient des lignes ou des figures régulières. Pestalozzi allait des uns aux autres d'un âir joyeux. Ce spectacle me frappa d'étonnement; j'admirai surtout l'application volontaire de ces enfants, et les progrès qu'ils avaient faits en si peu de temps 2. »
extraordinaire et inouïe. 11 est très vraisemblable au contraire que l'arrivée des Français, en interrompant son entreprise, lui épargna le chagrin d'avoir à constater l'insuccès de ses efforts. ■» (P. 433.) Et il ajoute en note : « J'ai eu l'occasion de m'assurer. par de nombreux témoignages recueillis sur place, que les anciens élèves de l'orphelinat de Stanz semblaient n'avoir conservé de Pestalozzi d'autre impression que celle de ses bizarreries ».
1. Henri Zschokke, né à Magdebourg en Saxe (1771), s'expatria à vingt-quatre ans, fut pendant deux ans directeur de l'institut de Reichenau (Grisons), et entra ensuite au service du gouvernement helvétique, dont il partageait les principes républicains. L'Acte de médiation l'ayant obligé à renoncer à la politique active, il continua à défendre ses idées par la plume, publia un journal et écrivit de nombreux ouvrages, entre autres des romans populaires et une Histoire de la Suisse. Il est mort en 1848.
2. Zschokke, Erinnerungen an H. Pestalozzi, dans le Prometheus fur Licht und Recht,1832. Cité par Bandlin, Der Genius von Vater Pestalozzi, 1846, p. 250.
Au commencement de juin, l'invasion de la Suisse orientale par les Russes et les Autrichiens obligea un corps d'armée français à se replier sur Stanz. Il fallut disposer d'une partie des locaux occupés par Pestalozzi et ses élèves pour y installer un hôpital militaire. Zschokke rendit à leurs parents ou plaça dans des familles le plus grand nombre des enfants; il n'en resta que vingt-deux qui, n'ayant été réclamés par personne, durent demeurer réunis dans la maison qui leur servait d'asile. L'orphelinat se trouvant ainsi désorganisé, Pestalozzi retourna à Lucerne (8 juin) ; le Directoire décida (17 juin) qu'une indemnité de 400 francs lui serait accordée pour ses services pendant six mois *.
Pestalozzi regardait son éloignement de Stanz comme temporaire. Il s'était résigné à cette interruption de l'œuvre commencée, parce que les circonstances en faisaient une nécessité, et aussi parce que l'état de sa santé, fortement atteinte par les fatigues excessives qu'il s'était imposées, lui commandait de prendre du repos. Il se rendit au Gurnigel, dans les montagnes bernoises, où l'hospitalité lui était offerte dans la maison d'un ami, Zehender, et y séjourna quelques semaines. Là, il commença à écrire, sous la forme d'une lettre, le récit de ce qu'il avait tenté de faire à Stanz. Mais il n'acheva pas alors la rédaction de ce travail : ce fut seulement huit ans plus tard qu'à la demande de Niederer il le reprit et le compléta. Son manuscrit fut publié dans les numéros 7, 8 et 9 de la Wochenschrift fur Menschenbildung (1807) sous le titre de Pestalozzi et son établissement ci Stanz 2.