B. 27. — L'HISTOIRE DE DÉDALE ET ICARE
1621 : « Eine Historia vom Dedalo und Icaro vom alten Prügl » (Zimm. n° 957), dans la première galerie, à la muraille près des fenêtres. Ce tableau se trouve en 1647-48 dans la seconde galerie, mais en partie dans le voisinage des mêmes tableaux : « Ein Landischafft, Dedalo und Tcaro » (Dudik n° 250).
M. Olof Granberg (1) conteste pour ce tableau l'attribution à Bruegel: il croit, en effet, le retrouver au Musée National de Stockholm dans un paysage étoffé de la chûte d’Icare, et qu'il attribue, non sans vraisemblance, à Hans Bol. Il se peut, en effet, que l'inventaire ait attribué le tableau à Bruegel, par erreur ; pourtant il convient de remarquer que l'identification n’est pas tout à fait certaine, car l'inventaire de 1647-48 mentionne un second tableau : « Dedalus und Igarus » (Dudik n° 132) et d'autre part nous savons que Bruegel a traité ce sujet dans un de ses premiers paysages, gravé par Hoefnagel d’après un dessin fait à Rome en 1553. (Voir grav. n° 2).
Il n’est pas impossible que la collection de Prague ait renfermé une peinture du même sujet, par Bruegel, et dans ce cas, la perte serait d'autant plus regrettable que nous ne connaissons de lui aucun tableau de cette date.
B. 28. — UN BERGER (alias, UN MESSAGER) peint en détrempe. 1621 : « Ein hirt mit wasserfarben vom alten Prügl » (Zimm. n° 1130) — Variante, Codex 8167 : « Ein bothe ». Le tableau se trouvait alors alors dans la seconde galerie, à la muraille près des fenêtres.
En 1647-48, à la même place : « Ein Hürdt ».
On remarquera que le berger avait d’abord été pris pour un messager, et cette confusion s’expliquerait pour une figure de berger courant, comme celui de la collection Johnson. Le fait que la peinture était exécutée à la détrempe empêche naturellement de l'identifier avec ce
dernier.
Par contre, nous sommes fort tentés de croire que le tableau fut du petit nombre de ceux que les Suédois laissèrent à Prague. Il nous est difficile en effet de ne pas le rapprocher des mentions d'un « messager » peint à la détrempe qu’on trouve dans les inventaires de Prague du XVIII: siècle, dont nous parlerons plus loin, et auxquels nous renvoyons.
B. 29. — STr-GEORGES.
1621 : « Der ritter sanct Georg vom alten Prügl » (Zimm. n° 1363), dans le cabinet de travail de l’empereur, sur la cimaise. — L’inventaire
(x) Om Kejsar Rudolf IT : s Konstkammare och dess svenska üden. Stockholm 1902, p. 54 s. et 111. Reproduction du tableau de Stockholm, p. 85.
de 1647-48 ne cite pas les peintures qui se trouvaient dans les appartements impériaux.
Il s’agit ici probablement d’un Combat entre saint Georges et le dragon, tel qu'il se voit dans la gravure de la Kermesse, dite de la St-Georges. De même, nous avons vu, dans d'anciens catalogues de ventes, que Bruegel avait traité séparément le Saint Martin qu’on voit dans sa grande Fête du Vin de la St-Martin. De même encore, Mopsus et Nisa, Ourson et Valentin ont été traités isolément, et dans le Combat entre Carnaval et Carême.
Pour les numéros suivants, il y a désaccord d'attribution entre les deux textes de l'inventaire de 1621 :