Saint Hubert
Signature : Peter van der Borcht invent. — Jul. Goltzius sculp. — M. van Luyck exc.
Signalons que M. v. Würzbach commet une grave erreur au sujet de la grande kermesse, dont nous avons parlé en premier lieu : il lui donne la date 1553, et dit qu’elle est en deux feuilles. Il a sans doute mal lu la date 1559, et mal interprété une description de la gravure, où il était dit qu’elle forme deux compartiments, et non qu’elle est imprimée sur deux feuilles.
Voir ci-dessus pp. 214 et 215.
HRANS ERTANAERBEECKe
Carel van Mander consacre une de ses notices au peintre malinois Frans Verbeeck : « Frans Minnebroer eut pour élève un Malinois du nom de Frans Verbeeck, qui était habile à traiter à la détrempe des sujets de la nature de ceux affectionnés par Jérôme Bos. À Malines même, on voyait de lui un Sant Christophe environné de beaucoup de diableries. A Sainte-Catherine, il avait représenté Z4 Parabole du Maitre de la vigne avec les ouvriers à l’œuvre, et où des monstres étranges rassemblaient les branches mortes ; le tout aussi curieux que bien traité.
Il fit quantité d’autres choses, qui passèrent en vente en divers endroits, notamment un Hiver sans neige ni glace, avec les arbres dépouillés et les maisons plongées dans la brume, le tout d’une grande vérité. C’est lui qui est l’auteur de ces grotesques noces villageoises, et autres drôleries du même genre, que l’on rencontre assez fréquemment. » (1)
On le voit, l’auteur ne donne aucune indication chronologique précise, ce qui nous cause un grand embarras, parce qu’il y avait à Malines, au cours du xvie siècle plusieurs peintres de ce nom. En combinant les renseignements donnés par M. Neeffs avec ceux que contient le Livre des apprentis publié récemment par M. Hyac. Coninckx, on trouve dans le métier des peintres de Malines, de 1518 à 1619, non moins de cinq peintres du nom de Frans Verbeeck.
Parmi ceux-ci, M. Emm. Neeffs identifie l'artiste cité par Carel van Mander avec un Frans Verbeeck, reçu franc-maître en 1531, mais cette identification nous paraît douteuse, car un autre Frans Verbeeck fut reçu franc-maître le 20 mars 1553, juste un mois après le décès de Frans Crabbe alias van Espleghem, surnommé Minnebroer, de qui Carel van Mander assure que son peintre était l'élève. Il y a de nombreux exemples d'artistes, pour qui le décès de leur maître fut l’occasion de rechercher la franchise du métier, de sorte que le rapprochement des dates est favorable à la seconde hypothèse.
La question n’est pas sans importance : si le Frans Verbeeck de Carel van Mander est maître-peintre dès 1531, il est tellement plus âgé que Bruegel, qu’il faudrait le considérer comme un prédécesseur de celui-ci; tandis que s’il n’acquiert la franchise qu’en 1553, il ya lieu de supposer plutôt qu’il a subi l’influence du maître.
Les autres données recueillies par M. E. Neeffs peuvent convenir également à un peintre affranchi en 1531, ou en 1553 : En 1559 Frans Verbeeck reçut comme
élève Cornelis van Muscom alias Patster ; (d’après M. Neeffs il eut de plus un élève appelé Jean Vinckx). Doyen du métier en 1561 et 1566, juré en 1563, il mourut le 24 juillet 1570.
Aucune des œuvres décrites par Carel van Mander n’a été identifiée. Cependant, depuis plusieurs années déjà, nous pensions pouvoir reconnaître les Noces grotesques, dont parle l’historien, dans certains tableaux qui répondent tout-à-fait à cette description, tels un Festin de noce, avec entrée de masques, qui, sous le nom de Bosch, faisait partie de la collection du marquis de Salamanca, et dont nous possédons la photographie par J. Laurent; — et un Festin grotesque analogue, dans la collection de M. Cels, à Bruxelles.
Le premier est peut-être identique au tableau, attribué à Jheronimus Bosch, et cité par Céan Bermudez comme se trouvant au Buen Retiro (« Une noce et une beuverie avec des figures ridicules »).
Nous avions d’autre part noté la parenté étroite de style entre ces
(x) Traduction de M. Henri Hymans. Le Livre des Peintres de Carel van Mander. t. I. p. 256 et 257.
tableaux et la Tentation de saint Antoine, du musée impérial de Vienne (n° 658), tout en remarquant que cette dernière n’est point de la même main, étant d’une exécution moins lourde, et plus spirituelle. Nous avions donc songé à un proche parent de Frans, un autre Verbeeck qui a, lui aussi, laissé quelque trace chez les auteurs : Hans Verbeeck dit Hans van Mechelen dont parle le Catalogue du Musée d'Anvers, par van Lerius. — Ce n'étaient que des conjectures.
Une heureuse trouvaille, faite par M. René van Bastelaer, est venue donner à ces conjectures une confirmation inespérée. Il a rencontré, en effet, dans la collection des University Galleries d'Oxford, trois dessins de même main, dont l’un est extrêmement proche de la Tentation de Vienne, et dont l’autre porte la signature I. Verbeec 1560. Depuis, il a retrouvé d’autres dessins encore du même auteur, ce qui permet de dresser la liste que voici (1):
Œuvres de Jan Verbeeck :
a) Dessins à la plume :
4. Danse grotesque (la Reine de la fève ?) Signé : 2. verbeec 15.60.
Oxford, University Galleries (prov. : Rijmsdijk’s Museum). H. 8 — L. 11,3 pouces anglais.
Le sujet est quelque peu obscur. On y remarque, tout comme dans la Tentation de saint Antoine, à Vienne, des costumes de diverses époques et notamment imités de ceux du xve siècle, ce qui explique l'erreur qui lui a fait attribuer la Fête des archers, du Musée d'Anvers.
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