MAGDALENA POENITENS
Beau paysage tyrolien. Un massif de rochers supportant deux forteresses occupe le fond de la composition dans toute la largeur de l’estampe. Une vallée profonde comme une crevasse contourne à gauche le bloc principal. Une rivière en débouche, baigne une ville et occupe toute la gauche du second plan de la composition qu’elle découpe d'îles et de presqu’îles chargées d’arbres. Le premier plan droit forme un autre ensemble de rochers qui se dressent presque verticalement auprès d’une route bordée de grands sapins où passent deux mulets et deux muletiers. A l’avant-plan à droite dans un ermitage bâti de troncs de sapins et de quartiers de rocs, on aperçoit la Madeleine pénitente. Dans le ciel vers la droite, la Madeleine enlevée au ciel dans une gloire par cinq anges. Au milieu de la marge inférieure le titre MAGDALENA PŒNITENS.
brueghel Tnuen h. cock excud.
Hauteur 0,325. Largeur 0,428.
Signé à gauche :
9. PAYSAGE ALPESTRE TRAVERSÉ D'UNE VALLÉE PROFONDE en forme de crevasse sur laquelle est jeté un viaduc à trois arches étroites. Signé dans le coin inférieur droit, sur une pierre en forme de cartouche, brue. inu. On voit au coin gauche une seconde signature : bruegel Inventor et au dessous, 4. cock excude. Cette planche n’a pas de titre gravé dans la
marge.
Hauteur 0,300. Largeur 0,425.
C’est la gravure en contrepartie du dessin n° 20, conservé au Louvre (n° 20720). Dans l’eau-forte le graveur a suivi assez fidèlement le dessin de Bruegel. Dans certaines parties foncées, néanmoins, il a sacrifié à la simplicité du travail le détail des plans ; pour obtenir des effets que Bruegel avait ménagé par des traits plus gros et plus serrés il y a ajouté des traits croisés. Les reprises au burin ont surtout ajouté des corrections motivées par certains effets ; tel est le cas pour le précipice, le chemin des mulets qui le longe à droite et les rochers mêmes sur lesquels se trouvent la signature de l'artiste. En somme on est obligé de reconnaître ici l’œuvre d’un homme de métier opérant des sacrifices intelligents au profit de l’ensemble et non une eau-forte de peintre simplement retouchée au burin: une
œuvre de Jérôme Cock. Les cavaliers du coin inférieur gauche de la gravure ne se retrouvent pas dans le dessin et ont été ajoutés aussi par ce graveur dont ils ont le type habituel.