SCÈNE VI
M. SUBTIL et les Précédens.
AGLAÉE.
Ah ! M. Subtil, nous vous attendons avec impatience, voyons, que nous apportès-vous ?
SUBTIL
Rien.
Comment, rien! et M. Aristote ne vous a-t-il pas aidé?
SUBTIL
Par ma foi, mes chères demoiselles, Aristote ne se bat pas contre plus fort que lui... c'est que l'on est embarassé : ne dit-on que la vérité! il faut la louer, et Elle déteste les louanges. Et si on ne dit pas tout, autant vaut ne rien dire.
AGLAÉE et 1SMÈNE.
Voilà votre histoire.
CLORIS
Écoutes, nous n’avons pas de temps à perdre; il nous faut lui témoigner le plaisir que sa présence nous fait par nos chants et nos danses; et vous, M. le hailli, vous danserès aussi.
SUBTIL
Moi, danser! que diriez-vous, Zénon, si vous me voïez
danser? Mais allons, je le veux bien; que ne ferait-on pas pour vous plaire ? Allons.
(Elles chantent le vaudeville.)
CLOR1S
En ce beau jour recevez notre hommage,
C’est un tribut qu’on doit à vos bienfaits :
Ali! puissions-nous avoir votre suffrage!
Et tous nos cœurs en seront satisfaits.
1SMÈNE.
Vous témoigner notre reconnaissance,
Vous plaire, sont nos vœux et nos souhaits :
A tant de biens ajoutez l’indulgence,
Et tous nos cœurs en seront satisfaits.
AGLAÉE.
Votre présence embellit ces retraites;
Vous y portez les douceurs et la paix.
Revenez-y : elles seront parfaites.
Et tous nos cœurs en seront satisfaits.
M. SUBTIU.
Platon, Tlialès, Aristote et les livres Étaient mes dieux; je les quitte à jamais.
Oui, désormais, c’est vous que je veux suivre;
Et par ma foi ! j’en suis très-satisfait.