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Petit atlas complet d'anatomie descriptive du corps humain

L'intérêt qui s'attache à toutes les branches de la connaissance de l'homme a multiplié les moyens de la répandre. L'art a fourni à la science anatomique en particulier les secours les plus précieux. Nos musées se parent à juste titre des préparations en cire de Laumonier, de Dupont et de M. Guy aîné, leur émule. L’anatomie doit aussi beaucoup à la peinture, et nous nous empressons ici d'offrir le tribut d'un juste hommage et d’une sincère reconnaissance à M. Léveillé, jeune artiste dont le pinceau habile, toujours guidé par l'intelligence du sujet, est appelé à rendre à notre science d'éminents services. Nous sommes heureux de pouvoit dire que ia gravure a rendu fidèlement ses dessins et contribué puissamment à donner à notre œuvre le mérite de l’exécution.

Sans doute le cadavre est la véritable source où le médecin doit sans cesse puiser des leçons. C’est la nature ellemême qu'il faut observer et comprendre. Mais il fautsavoiv l'étudier et, en son absence, il est bon d’en conserver

I image. Les arts sont frères et doivent s'aider réciproquement pour satisfaire les besoins et les'plaisirs de l'homme

II faut profiter de tout pour apprendre, et rendre grâces au talent de toute espèce qui nous en fournit les moyens.

S'il est vrai que les manuels de dissection et les indications sur la manière de découvrir les organes, mises en tête des descriptions anatomiques, puissent être utiles, il est également vrai que les élèves ne les consultent presque jamais. Le dessin précis et fidèle d'un organe indiquera promptement et clairement les préparations. Sous ce rap-

PRÉFACE

port, nous pensons que cel atlas sera le complément nécessaire des ouvrages d'anatomie descriptive. Pour le médecin, lanatomie n’est, pas seulement une science, elle est aussi un art; et cet art, qui fit la gloire des Desault, des Boyer, des Dupuytren, a, comme tous les autres, besoin d'être appris. Or, en fait de dissection, le précepte est lent et fatigue; l'exemple, d’un seul trait, montre le but et le moyen. Longum iter per prœcepta, breve per exempta.

On dit souvent qu'on retient d'autant mieux les objets qu'on a eu plus de peine à les découvrir. Il serait plus vrai de dire qu'on les retient d'autant mieux qu'on les a mieux préparés et mieux vus. L’objet qu'on cherche ne frappe pas les yeux et ne laisse point de traces dans l’esprit. Ce n'est pas sans dépit et sans douleur qu'on voit le plus grand nombre des élèves consumer chaque jour des heures précieuses à chercher des organes qu’ils ne découvrent jamais convenablement; en sorte qu après beaucoup de fatigue ils ne peuvent que lire avec ennui la description d'un organe mal préparé, mal vu et par conséquent difficile ou impossible à retenir. Un atlas qu'ils pourront porter dans les laboratoires de dissection et tenir constamment à côté du cadavre, sera le seul moyen d'abréger et d’utiliser leurs travaux.

Lorsque le sujet n’est point sous les yeux, il est difficile de relire dans un ouvrage une description longue, compliquée et aride. L’élude sera facile en présence d’un dessin qu’on aura comparé à l'original et dont on aura constaté l'exactitude. Les élèves apprécieront cet avantage surtout, dans les saisons où l'enseignement anatomique est terminé et à l approche des examens. Quand vient cette époque qui inquiète les plus instruits, on a besoin de revoir en quelques jours, en quelques instants mémo une infinité de choses. Alors on s'agite : on voudrait parcourir avec rapidité les ressorts et les rouages si multipliés et si divers

PRÉFACE

de la machine humaine; mais le scalpel est trop lent; il arrête l'attention sur quelques objets et fait négliger les autres. On quitte le cadavre qui ne se laisse interroger qu'avec lenteur et patience , et l'on recherche les grands atlas; mais il est souvent difficile de se les procurer. Si l'on y parvient, on parcourt les dessins nombreux qui se partagent les différents éléments d’un même organe, et cette espèce de dissection est elle-même ordinairement très longue, fatigante et peu profitable. C’est pourquoi il nous a paru qu’un atlas trop volumineux servait assez peu les besoins réels des élèves et bien moins encore ceux des praticiens. Pour qu’un atlas soit vraiment pratique, il faut qu'il ait de la précision. Le trop grand nombre de figures équivaut à de la prolixité.

Nous avons cherché à concilier l'exact itude avec la concision. Pour être au niveau de la science , nous avons dû consulter les différents atlas , et surtout recueillir minutieusement les découvertes de Scaqia , Arnold , Breschet, Cruveilhier, etc. ; mais, tout en profitant de ces précieuses ressources, nous avons toujours fait faire nos dessins d’après nature. L’aponévrologie, cette partie encore neuve de * l'anatomie a été traitée avec soin et détail. La névrologie, cette autre partie si difficile et si importante , nous a coûté beaucoup de travaux , et nous osons nous flatter qu’ils ne seront pas sans utilité. Nous avons mis à profit les recherches que nous faisons depuis long-temps sur les centres nerveux , tant sous le rapport de la position que de la structure, et nous pensons que les élèves pourront enfin pénétrer avec assurance dans ce curieux monde de la pensée.

La méthode des ouvrages classiques est souvent opposée à celle qu’il faut suivre en disséquant; en sorte qu'il peut être necessaire de commencer une description par la fin, et de la terminer parle commencement. L’ordre que nous avons suivi est en général celui de la nature, de la dis-

PREFACE

section et de 1 anatomie des rapports; et comme noos avons dû quelquefois le sacrifier à l'arrangement des dessins, nous donnons a la fin de l’atlas une table qui rappelle chaque figure dans l'ordre de la préparation.

Nousavons eu grand soin de présenter les organes dans leurensemble. Pour montrer le nerffacial, par exemple, il ne faut point faire un dessin spécial pour la portion superficielle , puis accoler accessoirement ses portions profondes à cinq ou six dessins différents. La mémoire a besoin d'ensemble et de système. L’esprit distrait parmi des objets sans ordre, et fatigué de la difficulté des recherches, ne saisit et ne rctientque des notions incomplètes et confuses.

On se tromperait étrangement si l'on supposait que nous avons songé à éloigner un seul instant l’élève de l’étude de la nature même. Notre unique but a été de la rendre plus prompte, plus profitable , et de rappeler plus facilement les souvenirs lorsque tant d'objets importants et divers ne sont plus sous les yeux.

C’est dans le même but que nous avons publié une Anutomie synoptique (I ). Ce genre de résumé qui expose les divisions fondamentales, l'ordre, l'enchaînement des faits, et leur ensemble , permet à l'esprit d’embrasser une science tout entière , en lui laissant la faculté de retrouver sans peine chaque fait qu’il tient sous sa dépendance. Les recherches nouvelles sur l’aponévrologie , sur les nerfs, sur la structure des centres nerveux , qui ne sont point consi gnées dans les ouvrages classiques , ne pouvant être exposées sous la forme synoptique, ont exigé des descriptions succinctes que d’ailleurs nous avons mises en rapport avec les dessins de l’atlas.

(I) Anatomie synoptique, résumé' complet d'anatomie descriptice, comprençnt t’exposé succinct de toutes les aponévroses. l’aris, lsti, in- 1 2 . Trix , broclié 3 fr.

TABLE

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