‹ Petit carêmeChapitre 22 sur 40 · SUR LA FAUSSETE DE LA GLOIRE HUMAINE · texte numérisé non relu

SUR LA FAUSSETE DE LA GLOIRE HUMAINE

Si ego glorifico meipsum, gloria mca niliil est.

Si je me glorifie moi-même , ma gloire ri est rien. Joan.

Sire,

Si lu gloire du monde sans la crainte de Dieu était quelque chose de réel, quel homme jusque là avait paru sur la terre qui eût plus de lieu de se glorifier lui-même que Jésus-Christ?

Outre la gloire de descendre d'une race royale, et de compter les David et les Salomon parmi ses ancêtres , avec quel éclat n'avait-il pas paru dans le monde !

Suivez-le dans tout le cours de sa vie : toute la nature lui obéit ; les eaux s'affermissent sous ses pieds; les morts entendent sa voix; les démons, frappés de sa puissance , vont se cacher loin de

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lui ; les cieux s'ouvrent sur sa tèle et annoncent eux-mêmes aux hommes sa gloire et sa magnificence ; la boue entre ses mains rend la lumière aux aveugles ; tous les lieux par où il passe ne sont marqués que par ses prodiges : il lit dans les cœurs ; il voit l'avenir comme le présent ; il entraîne après lui les villes et les peuples : personne avant lui n'avait parlé comme il parle ; et , charmées de son éloquence céleste, les femmes de Juda appellent heureuses les entrailles qui l'ont porté.

Quel homme s'était jamais montré sur la terre environné de tant de gloire ? et cependant il nous apprend que, s'il se l'attribue à lui-même, et que sa gloire ne soit qu'une gloire humaine , sa gloire n'est plus rien : Si ego glorifico meipsum, gloria mea nihil est.

La probité mondaine , les grands talens , les succès éclatans ne sont donc plus rien dès qu'ils ne sont que les vertus de l'homme ; et il n'y a point de gloire véritable sans la crainte de Dieu. C'est ce qui va faire le sujet de ce discours.

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