‹ Petit carême; sermons et morceaux choisisChapitre 19 sur 116 · TROISIEME DIMANCHE DE CAREME · texte numérisé non relu

TROISIEME DIMANCHE DE CAREME

la posséder, et la joie même et la paix ne se trouvent jamais qu'avec elle ; necenimhabet amaritudinem coitvi'rautio il- Uus, nec txdîum , sed laetitiam et gaudium '.

Heureux donc le prince, ô mon Dieu, qui ne croit commencer à régner que lorsqu'il commence à vous craindre, qui ne se propose d'aller à la gloire que par la vertu, et qui regarde comme un malheur de commander aux autres s'il ne vous est pas soumis lui-même!

Donnez donc, grand Dieu, votre sagesse et votre jugement au roi , et votre justice à cet enfant de tant de rois *. Vous , qui êtes le secours du pupille, rendez-lui, par l'abondance de vos bénédictions , ce que vous lui avez ôté en le privant des exemples d'un père pieux, et des leçons d'un auguste bisaïeul : réparez ses pertes par l'accroissement de vos grâces et de vos bienfaits. Vous seul, grand Dieu, tenez-lui lieu de tout ce qui lui manque : regardez avec des yeux paternels cet enfant auguste que vous avez , pour ainsi dire, laissé seul sur la terre , et dont vous êtes par conséquent le premier tuteur et le père : que son enfance, qui le rend si cher à la nation , réveille les entrailles de votre miséricorde et de votre tendresse : environnez sa jeunesse des secours singuliers de votre protection. La faiblesse de son âge, et les grâces qui brillent déjà dans ses premières années , nous arrachent tous les jours des larmes de crainte et de tendresse. Rassurez nos frayeurs en éloignant de lui tous les périls qui pourraient menacer sa vie ; et récompensez notre tendresse en le rendant lui-même tendre et humain pour ses peuples. Rendezle heureux en lui conservant votre crainte, qui seule fait le bonheur des peuples et des rois. Assurez la félicité de son règne par la bouté de son cœur et par l'innocence de sa vie : que votre loi sainte soit écrite au fond de son âme et autour de son diadème , pour lui en adoucir le poids ; qu'il ne sente les soucis de la royauté que par sa sensibilité aux misères publiques ; et que sa piété , plus encore que sa puissance et ses victoires , fasse tout son bonheur et le nôtre ! Ainsi soit-il.

• Sap., c. 8, V. 9. — ' Fs.,7l , V. \.

SERMON

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