‹ Petit carême; sermons et morceaux choisisChapitre 34 sur 116 · SAP., C. 13, V · texte numérisé non relu

SAP., C. 13, V

blera la paix de l'univers; il se rendra célèbre en faisant des millions de malheureux. Quel fléau pour le <ienre humain ! Et s'il y a un peuple sur la terre capable de lui donner des éloges, il n'y a qu'à lui souhaiter un tel maître.

Repassez sur tous les grands talents qui rendent les homme.*^ illustres; s'ils sont donnés aux impies, c'est toujours poui le malheur de leur nation et de leur siècle. Les vastes connaissances empoisonnées par l'orgueil ont enfanté ces chefs et ces docteurs célèbres de mensonge qui, dans tous les âges, ont levé l'étendard du schisme et de l'erreur, et formé , dans le sein même du christianisme, les sectes qui le déchirent.

Ces beaux esprits si vantés, et qui par des talents heureux ont rapproché leur siècle du goût et de la politesse des anciens, dès que leur cœur s'est corrompu , ils n'ont laissé au monde que des ouvrages lascifs et pernicieux , où le poison , préparé par des mains habiles , infecte tous les jours les moeurs publiques, etoijles siècles qui nous suivront viendront encore puiser la licence et la corruption du nôtre.

Tournez-vous d'un autre côté. Comment ont paru sur la terre ces génies supérieurs, mais ambitieux et inquiets, nés pour faire mouvoir les ressorts des États et des empires , et ébranler l'univers entier? Les peuples et les rois sont devenus le jouet de leur ambition et de leurs intrigues : les dissensions civiles et les malheurs domestiques ont été les théâtres lugubres où ont brillé leurs grands talents.

Un seul homme obscur, avec ces avantages éminents de la nature , mais sans conscience et sans probité, a pu s'élever, les siècles passés, sur les débris de sa patrie; changer la face entière d'une nation voisine et belliqueuse , si jalouse de ses lois et de sa liberté; se faire rendre des hommages que ses concitoyens disputent même à leurs rois; renverser le trône, et donner à l'univers le spectacle d'un souverain dont la couronne ne peut mettre la tête sacrée à couvert de l'arrêt inouï qui le condamna à la perdre.

Esprits vastes, mais inquiets et turbulents, capables de tout soutenir, hors le repos ; qui tournent sans cesse autour

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