LECTURE DE L HISTOIRE SAINTE
Voilà la grande science que nous apprennent nos divines Écritures. Dans les autres histoires que les hommes nous ont laissées , on n'y voit agir que les hommes : ce sont les hommes qui remportent des victoires , qui prennent des villes, qui subjuguent de.; empires, qui détrônent des souverains, qui s'élèvent eux-mêmes à la suprême puissance : Dieu n'y parait nulle part ; les iionimes en sont les seuls acteurs. Mais dans l'histoire des livres saints, c'est Dieu seul qui fait tout , Dieu seul qui fait régner les rois , qui les place sur le trône , ou qui les en dégrade ; Dieu seul qui combat les ennemis , qui renverse les villes , qui dispose des États et des empires , qui donne la paix ou qui suscite les guerres : Dieu seul parait dans cette histoire divine ; il en est , si je l'ose dire , le seul héros ; les rois et les conquérants n'y paraissent que comme les ministres de ses volontés saintes : -enfin ces livres divins tirent le voile de la Providence. Dieu, qui se cache dans les autres événements rapportés dans nos histones, parait à découvert dans ceux-ci; et c'est dans ce livre seul , que l'esprit de Dieu a laisse à la terre ,
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que nous devons apprendre à lire les histoires que les hommes nous ont laissées ; à suppléer par la foi ce que l'esprit humain a omis ; et à ne regarder les différentes révolutions qui ont agité l'univers que comme l'histoire des desseins et des volontés du Seigneur sur les hommes. ( Mystères. )
La mort finit toute la gloire de l'homme qui a oublié Dieu pen dant sa vie; elle lui ravit tout, elle le dépouille de tout, elle l'anéantit dans tout ce qu'il était de grand aux yeux des hommes ; elle le laisse seul , sans force , sans appui , sans ressource , entre les mains d'un Dieu terrible. Ce nombre d'amis, de flatteurs, d'esclaves, de sujets, au milieu desquels il se croyait immortel , ne peuvent plus rien pour lui : semblables à ceux qui voient périr de loin un homme au milieu des flots, ils peuvent tout au plus accorder des larmes à son malheur , ou faire des vœux inutiles pour sa délivrance. Ainsi , seul aux prises avec la mort , il tend en vain les mains à toutes les créatures qui lui échappent. Le passé ne lui pa rait plus qu'un instant fugitif, qui n'a fait que briller et disparaître; l'avenir est un abime immense où il ne voit ni fin , ni issue, et où il va se perdre et s'engloutir pour toujours, incertain de sa destinée. Le monde , qu'il croyait éternel , n'est plus qu'un fantôme qui se dissipe; l'éternité, qu'il regardait comme une chimère , est un objet affreux qu'il a sous les yeux, et qu'il touche déjà de ses mains. Tout ce qu'il avait cru réel et solide s'évanouit : tout ce qui lui avait paru frivole et chimérique se montre et se réalise ; et son malheur lui donne de nouvelles lumières, mais ne lui donne pas de nouveaux penchants et un nouveau cœur : il mev.rt détrompé , sans mourir changé ; il meurt désespéré , et ne meurt pas pénitent.
Mais l'âme juste, ah ! elle voit alors le monde et l'éternité des mêmes yeux qu'elle les avait toujours vus : rien ne change, rien ne finit pour elle dans ce dernier moment , que ses humiliations et ses souffrances. Ainsi , libre de tous les attachements du monde et de la vanité, pleine de bonnes œuvres, soutenue de la foi des promesses , raùre pour le ciel , elle ferme les yeux sans regret à tous les vains objets qu'elle n'avait jamais vus qu'avec peine ; elle
s'envoie dans le soin de Dieu , d'où elle était sortie , et où elle avait f DU jours habité par ses désirs , et rentre avec paix et avec conliancc dans la bienheureuse éternité. (Mij.srcres.)