‹ Petit catéchisme liturgiqueChapitre 4 sur 187 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

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combien même sont capables de saisir, d'expliquer telle ou telle attitude de V officiant alors qu'il célèbre le pacifiant mystère ; combien sont aptes à suivre en la méditant, la marche processionnelle des prières qui précèdent la consécration et qui, après le silence prosterné des ouailles^ se relèvent avec elles pour accompagner le Sauveur en le remerciant, en le glorifiant^ jusqu'à la fin du sacrifice ? Peu, je le crains. En somme ^ on peut V avérer, l'ignorance de la Liturgie est chez presque tous les croyants des diocèses, complète.

Et pourtant cette question ne saurait être d'une vaine importance pour les catholiques.

Ainsi que Dom Guèranger l'ajustement défini : «La Liturgie est l'ensemble des symboles^ des chants et des actes au moyen desquels l'Eglise exprime et manifeste sa religion envers Dieu. » Ajoutons que V ancien abbé de Solesmes la qualifie égalemefit de «prière considérée à l'état social. »

Et, en efi^et, après la prière individuelle, spéciale, comme celle que nous proférons chez nous ou en dehors des heures as si-

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gnées, dans les chapelles, il existe la prière commune, amener ali\ celle dont V Église a précisé le moment et déterminé le texte. Celle-là ne doit pas être confondue avec l'autre et le catholique doit s'y associer, doit, lui aussi, la dire.

Or, s' acquit te-t-il de cette indispensable tâche celui qui, à l'église, ne sait ce que récite le prêtre dont la voix s'élève en son nom et au sien ? je ne le crois pas. Ne peuton des lors prétendre que tout fidèle qui se confine dans des exorations purement privées et qui, faute d'avoir appris les rudiments nécessaires, se borne à répéter, sans y comprendre un seul mot, le texte français ou latin des offices, ne remplit qu'une partie de ses devoirs et se soustrait à l'autre?

Puis, sans cette préalable étude, forcement les exercices souvent longs du culte sont dénués d'intérêt pour ceux qui les écoutent. De là, vient que, pendant les services, tant de personnes ont l'air indifférent ou ennuyé, que d'autres se livrent à des oraisons personnelles dont ce n'est ni le temps, ni l'heure. Et il ne saurait en être

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autrement. Comment, en effet, se sentir l'âme étreinte^ Pâme prise par un spectacle qui n'est plus qu'oculaire, par des suppliques devenues toutes labiales ? l'on n 'est pas chez soi en somme dans le sanctuaire, si l'on s'y trotive comme un étranger dans un pays dont il n' entend pas la langue.

Vraiment, ils ne soupçonnent guère le durable enchantement et laper sistante émotion qu'ils éprouveraient à suivre V au jour le jour admirable de l'Eglise, ceux qui, pour n'avoir pas tenté un léger effort, demeurent ignorants de la science des prières et des rites ^ car il faut pourtant bien qu'ils rapprennent, il n'existe aucune monotonie dans les œuvres de notre Mère. Tout chez elle a un sens ; rien n'est laissé à l'imprévu; aucun détail si minime qu'il soit, n'est inutile. Ah! l'Eglise! elle a su résumer des symboles entiers dans un signe, et elle a su développer aussi dans les plus amples périodes, dans les plus éloquentes proses, le moindre geste du Fils que nous ont conservé les Evangiles. Elle est immuable et elle est variée! Voyez son Propre du Temps y la surprenante diversité dç

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ses séquences et de ses hymnes et songes à cette possibilité çu elle nous donne, si nous la comprenons, de vivre avec elle, minutes par minutes, la vie du Christ, de marcher à ses câtéSf de devenir^ si misérables que nous soyons, les compat^nons diligents d'un Dieut

Puis, n'est-elle pas, l'admirable Liturgie^ l'âme des édifices consacrés qui ne seraient sans elle que des corps inaniînés de pierre? N'est-elle pas encore l'encens mélodique et le parfum vocal de l'Eglise même ; n est-elle pas c?ifin pour Notre Seigneur l'écho de sa propre voix?

Aussi, quelle puissance elle peut départir à nos prières, en nous prêtant, dans la plupart de ses offices, les paroles inspirées par Dieu même. Elle sait extraire du Psautier tous les accents de nos douleurs et de nos joies, de nos adorations et de nos craintes: elle sait enrober, en quelque sorte nos souhaits personnels dans les vœux que formula pour l'humanité tout entière le Roi David; elle nous fait parler au Tout Puissant sa langue, traduit magnifiquement nos pensées, les épure par ses moyens

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