‹ Petit dictionnaire des synonymes françaisChapitre 2 sur 581 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dans la composition de ce nouveau Dtc^tonnalre d S^nùw^vM» français, nous avons eu en vue deux ch ses surtout : donner des défiDitions simples et claire; appuyer ces définitions par des exemples concluant par des témoignages irrécusables.

Les anciens Dictionnaires des Synonymes , presqi tous aussi remarquables par les profondes connaissano que par riugénieuse sagacité de leurs auteurs, ont, notre avis, outre leur grande étendue, plusieurs inco ▼énients qui empêchent de les mettre avec fruit enl les mains des enfants et des jeunes gens. D*abord , définitions reposent presque toujours sur des dlsflr lions métaphysiques, difficiles à saisir même pour esprit déjà formé, et dont, à coup sûr, de jeunes u\\ ligences ne peuvent sentir toute la valeur. Quelquef aussi les termes présentés comme synonymes ne s< pas définis ; c'est au lecteur qu'est laissé le soin d apercevoir et d*en formuler la différence après la lecti d'un certain nombre de phrases, qui, au moyen jeux d'esprit, de combinaisons étudiées, présent chacun des mots à son tour dans ses diverses acceptio

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Beanzée dira, par exemple : < n faut de Tadresso et du bonheur pour $*évader; de la présence d'esprit et de -la force pour f^échajpper; de l'agilité et de la vigueur pour i'enfuir, > On lira dans Girard : c Le sentiment va au coeur.... La vie la plus agréable est sans doute celle qui roule sur des sentiments vifs.... Le sentiment étend son ressort jusques aux mœurs ; il fait que nous sommes égafement touchés de Thonneur et de la vertu comme des autres avantages. » Ce ne sont pas là des définitions. L'excellent livre de M. Guizot ne peut pas être lùîméme pour les jeunes gens un guide bien sûr, parce que d*habitude il ne fait que présenter à ses lecteurs les distinctions établies par les différents auteurs d'ouvrages sur la synonymiCi et ne décide rien. A c6té d'une dé6nition de Beauzée se trouve une autre définition de Girard, puis une autre encore de Houbaudou de VEncyclopédie^ et Ton ne voit pas assez quel est celui des écrivains cités que l'auteur suppose être dans le vrai. Le livre de M. Guizot est une précieuse collection d'élé mentSy de matériaux, pour l'homme habitué à réfléchir et à se faire un jugement sur les choses par son propre et libre examen. Ajoutons encore que les définition? des anciens synonymistes pourraient tromper souvent. Deux siècles apportent dans une langue des changements notables; tel mot avait au xvir ou au xvrrr siècle un sens qu'il n'a plus aujourd'hui ou qu'il n'a pUis, du moins, d'une manière absolue, un sens qui a cessé d'être le principal ; or, ce qui est fort naturel, on ne peut trouvar dans Vaugelas, dans Bouhours, dans

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d'Âlembert, que des défînition» qui étaient justes de leur temps.

A vons-nouff pourtant besoin de dire que ces défauts, parement relatif, n'ôtentrien, absolument rien à la valeur des anciens Dictionnaires des Synonymes, et que^ loin d^avoir eu jamais la prétention de faire mieux, nous n'ayons même pas conçu un seul instant Tidée de faire aussi bien? A côté d'ouvrages qui se recommandent par la science et par de hautes qualités de style, nous apportons un petit livre bien modeste, dans le* quel nous ayons essayé de donner aux jeunes gensi gou8 une forme nette et facile, l'intelligence et le goût d'une étude qu'ils ne peuvent encore ûtire avec profit dans les ouvrages des grands maîtres. Nous avons écarté un certain nombre de synonymes philosophiques, dont les définitions trop abstraites n'auraient jamais été rendues par nous suffisamment claires pour ceux à qui nous nous adressons ^ nous en avons introduit d'autres, quelques-uns, en petit nombre, tirés de notre propre fonds , la plupart empruntés au livre si remarquable de Jdi. Lafaye, source féconde d'observations savantes 8t judicieuses, à laquelle nous aurions voulu pouvoir puiser sans réserve. Partout nous avons pris soin de rectifier les définitions anciennes en ce qu'elles ont d*ineiact aujourd'hui, et de ne présenter que des idées nettes, simples et parfaitement intelligibles.

M. Lafaye, qui s'est borné à traiter les synonymes grammaticaux, c'est-à-dire ceux qui diffèrent seulement par la terminaison, ou par l'emploi de l'une des

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