SAGESSE, PRUDENCE
La sagesse , éclairée et prévoyante , fait agir et parier à propos ; la prudence^ réservée et timide, empêche de parler tt d'agir mal à propos. Je confie tout à votre amitié et à totre sagesse (Voltaire). La prudence gouverne enfin son enOwwiasme (Voltaikb) Voir 1017.
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1017. SAGESSE, TERTC.
La sagesse suppose, dans Tesprit, des lumières naturelle! ou acquises; son objet est de diriger l'homme par les meilleures Toîes ; la vertu suppose dans le cœur , par tempérament ou par réflexion, du penchant pour le bien moral et de réloignement pour le mal; son objet est de soumettre les passions aux lois. La morale est la sagesse des siècles (Necker). la vrate sagesse des nations, e*est Vexpérienee^ (Bonaparte). Nos modestes aieux Parlaient moins de vertus ' et les cultivaient mieux (Gilbert). La modération est une vertu Inen plus affairev^e que n*est la souffrance (Montaigne). On ne peut être dupe de la vraie vertu (Yautbnargues). Non, non, la naissance n'est rien où la vertu n'est pas (Molière). Voir 1016
1018. SAIN, SALVBRE, SALVTAIIUB.
Ce qui est sain ne nuit point ; ce qui est saluhre fait du bien ; ce qui est salutaire sauve de quelque danger , de quelque mal. Tout ce qu*on hoitesthon, tout ce qu^on mange est sain (Boileau). Les lieux marécageux ne sont pas sains. Ces eaux minérales sont fort salubres. Le quinquina est fort salutaire contre la fièvre (Acad.).
1019. SALCT, SAIiVTATXOK) RÉVÉRENCE.
Le salut est uue démonstration extérieure de civilité, d'amitié, de respect; la salutation est un salut accompagné de marques très-apparentes de respect ou d'empressement ; ^ révérence est un salut très-respectueux dans lequel ob kcline le corps ou on ploie les genoux. 71 lut doit le salu^ tomme à son supérieur. Je Vax rencontré dans la rue et u n'a fait de grandes salutations. Grande, humble, profonde révérence (Acad.). Le prince a les révérences et les ministres l'autorité (hoBAuzT). Voir 1151.
{98 SANG -- SCRU
lOSO. UB SANG-FROID, DE SANG B ASSIS, DE SENS FROID, DE SENS RASSIS.
De sang-froid marque le calme que Ton conserre dans une occasion où il serait naturel de s'échauffer, de s'empor ter ; de sang rassis marque le calme qui succède à un vif emportement; de sens froid marque la tranquillité de Tâme dans un moment où il serait naturel d'éprouTer du trouble, de la crainte ; de sens rassis marqua le calme et Tordre qui succèdent à l'agitation et au désordre de l'esprit. Voir fin.
lOSl. SANGLANT, ENSANGLANTÉ.
Sanglant marque Faction de saigner, ou rappelle le sang récemment répandu ; ce qui est ensanglanté est souillé de sang. Pisistrate se blessa lui-même et se fit porter tout sanglant au milieu de la place puhliqus ^éNELON). La robe sanglante de César remit Home dans la servitude (Montesquieu). Des hras ensanglantés (Casikir Dbulvigne).
1028. savant homme, homme satant.
Le savant homme possède la science, a de grandes connaissances en tout genre; Vhomme savant a du savoir, il n*est savant que relativement à une science dans laquelle i] est versé. En général, quand Fadjectif précède le substantif, il qualifie d'une manière absolue ; quand il suit le substantif, il qualifie d'une manière relative.
10S3. SATOCREUX, SCCGCLENT.
Ce qui est savoureux a un goût exquis; ce qui est «ucculeni a un suc très-nounissant. Des fruits savoureux. Potage succulent (Agao.).
1024. SCaUPULECX, CONSCIENCIEUX.
L'homme scrupuleux remplit ses devoirs avec un esprit
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le BÛnutie, s'inquiète, se lounnente à propos de rien; l'homme consoiencietuf se contente de remplir ses devoirs avec une religieuse régularité. Les dmes scrupuleuses ne sont pas bien eonse'quentesy m dans ee qui les agite , nt dans ce qui les calme (DucLOS). Sur mon devoir je suis trop scrupuleux (La Fontaine), iï est consciencieux jusqu'au scrupule (AcAn.)*
102». séCHEB, DK5SÉCHBE.
• Sécher un corps, c'est en ôtcr l'humidité, faire qu'il ne soit plus mouillé ; le dessécher^ c'est le priver de son suc, de sa sére, c'est le dénaturer, le faire périr II part tout morfondu, Sèche du mieux qu^il peut son corps chargé de pluie (La Fontaine). Cette fleur languit, se dessèche, et sa heUe tête se penche, ne pouvant plus se soutenir (Fénblon).
1026. SECOCElRi AIDER, ASSISTER.
Secourir, c'est proprement courir au secours de quelqu'un qui est exposé à un danger imminent; aider, c'est joindre ses forces à celles d'un autre ; assister, c'est veiller sur la pauvreté, pourvoir aux besoins. Il va périr si vous ne le secourez (Acad.). En ce monde, il se faut Vun Vautte secourir (La Fontaine). Il faut s'aider Us um les autres (Bossust). J'aidai au Rhodien confus à se relever (FéNBi«ON). En quoi peut un pauvre reclus Vous assister (La Fontains)? Vous rayez assisté dans sa maladie (Acao.).
1037. SBCRÈTBBIB^Tt ES SECRET.
Secrètement signifie proprement de manière à n'être pas vu, de peur d'être vu, et qualifie l'intention; en secret signifie sans être vu , et qualifie le fait. Je suis bien aise de faire les choses secrètement, comme on m*a recommande (Molière). Voêt accusait Descartes d'être un athée, et même d'enseigner finement et secrètement l'athéisme (Malebranche) Vous êtes donc un causeur, et wms alleu redire c$
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qu*on vous dit en secret (Molière) P Qu on dise à Josàbei Que Mathan veut ici lui parler en secret (Racisb)
1028. SÉDITIBUX, TUEBULBNT, TCMULT17BUX,
TUMULTUÂIRB.
Ce qui est séditieux met la discorde entre les citoyens; ce qui est turbulent bouleverse Tordre ; ce qui est tumultueux met la fermentation dans les esprits et porte le désordre à son comble; ce qui est tumuUuaire a rapport au tumulte, se fait dans le tumulte ou ayec précipitation, sans ordre, contre les formes. Le peuple se laissait conduire par ces magistrats séditieux (Bossubt). Les esprits turbulents y trouvaient de nouveaux moyens de hrouUler et d'entreprendre (Bossuet). Lautorité du sénat était jugée nécessaire pour modérer les conseils publics , qui, sans ce tempéramentt eussent été trè^tumultueuz (Bossuet). Les Juifs n'avaient pas puissance ie vie et de mort; eux-mêmes se croyaient déchus du pouvoir de faire mourir juridiquement; sHls lapidèrent saint Etienne^ ce fut tumultuairement (Bossuet).
iOad. SÉDUIRB, SUBORNBR, CORROMPRE.
Séduire, c'est détourner du devoir, conduire au mal; suborner^ c'est gagner par des manœuvres sourdes, par des menées artificieuses, dans le but de rendre plus facile l'exécution de desseins coupables; corrompre, c'est gâter le cœur, changer les bons sentiments en mauvais , faire perdre l'amour du bien. Cest à la cour que, par un commerce fatal au salut des dmes, les uns se font un art de séduire, et les autres une gloire d'être séduits (Fléchier). Suborner des témoins pour les faire déposer contre la vérité (Agad.). Il fut tué par un des siens, dont il avait voulu corrompra ia femme (Bossuet).