‹ Petit dictionnaire des synonymes françaisChapitre 523 sur 581 · SOUDAIN · texte numérisé non relu

SOUDAIN

Ce qui est soudain arrive tôt, promptement, ne se fait pas attendre ; ce qui est subit n*a été ni prévu ni soupçonné, se forme secrètement et éclate tout à coup» en frappant d'étonnement ou de consternation. Rien de plus soudain que le mouvement de la lumière (Acad.), Turenne est emporté d'un coup soudain (Bossuet). Fuite soudaine (MoLiàBE). Mort soudaine (Racine). Faire éclater aux yeux du monde un soudain changement de vie (Moliârb}. Mort subite; pro* «pffft't^ subite (AcAD.). Crue subite des eai^ (La Fontaine). Révolution subite (Montesquieu). Peu s'en fallut que Philippe le Bel ne fàt accablé, ayant été surpris par un effor subit et impétueux des ennemis (Bossuet). La même nuanc s'observe entre les adverbes soudainement et subitem^t; soudain mai^ue encore plus de promptitude et de vivacité Oue soudainement. QueUe smUsance invisible excite et

SOUF — sauM 3U

ûpaite si BondhinemeuX les (empêtBi de l'air {Fé^ELOn)f On ferme et on ouvre son imagination comme un livre; on en tourne, pour ainsi dire, les feuillets; on passe sondainement d'un bout à Vautre (Fénelosi). C'est un mal qui m'a pris assex subîtemeut (Molièrs). Agatlie en es moment Vient de devenir folle, et tout subitement (Regkard). Quand on lui parle blanc , soudain il répond noir (Rsgnard).

1064, SOUFFEIE, EXDVEBft ^ SIJPPOETER.

Souffrir marque la patience; endurer, la fermeté, la constance; supporter^ la bonté, la douceur. La gloire n'est due qu'à un cœur qui sait souffrir la peine (FénsLON). Pour s$ consoler de tout ce que l'on souffre, il faut songer à tout ce que l'on ne souffre pas (Mademoiselle Clairon). Tous les maux qu'un esclave endure dans les fers (Corneille ). Il faut de ses amis endurer quelque chose (ICOLièRi). Il y a de la charité à supporter les infirmités de son prochain (âcad.}* Il vaut mieux employer son esprit à supporter ses infortunes qu'à les prévoir (La Rochefoucauld]. Ne pouvoir supporter tous les mauvais caractères dont le mûnde est plein, n'est pas un fort bon caractère (La BRciàRE). Voir

106t(. SOVMETTEB, SVBlITGVfiE, ÂSSCTiETTIE,

ÂSSEEVIE.

Soumettre marque une domination vague sur un être inmrieur ou plus faible; subjuguer, remploi de la force, de la contrante; assujettir, l'empire établi par le besoin ou par le devoir; asservir, la tyrannie, Toppression violente. C'est pour cela que nos pères, soumis auifrefots ou joug des Maures, nous ont laissé tant de complaintes (Chateaubriand). Tout homme chetrgé de commander aux autres, s'il n'est pas soumis à la loi, n'obéit qu'à ses passions (Madame de Starl). Cette nation si jalouse de sa H- 6cr«, et qui est encore Aère aiàourd'hui d'avoir subjugué

312 SOUP — STOI

Rome il y a treixe siècles (Voltairb). U opinion publique, tôt ou lard^ subjugue, renverse toute espèce de despotisme (DucLOS). Ce sont ces besoins et ces désirs qui attixent les hommes auprès de vous et qui vou^ les assujettis sent (Pascal). Il conçut le dessein d'asser?ir son pays (Bossuet). La loi divine, qui nous ordonne d'asservir nos passions , nous prête en même temps le secours dont nous avons besoin pour Us eombaUre (Massillon).

1066. SOUPÇONNEE, 8USPECTEB.

On soupçonne même sans motif; on a toujours quelque raison de suspecter. Soupçonner sans fondement, sans cause, sans raison. Je suspecte fort la fidélité de ce domestique (ACAD.].

Page 1